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samedi 21 mai 2011

Non, tout n’est pas perdu


Pour qui n’a pas connu l’Algérie et son peuple avant l’indépendance et quelques années après, notre situation présente – derniers de la classe dans tous les domaines, malgré la manne pétrolière, 1200 km de côtes, un vaste pays aux paysages variés, un climat doux et une population jeune – ne peut être que méritée, au vu de tous nos défauts. Nous en arrivons même à accepter notre sort sans rechigner, persuadés que nous sommes de notre incapacité à faire mieux.

Chaque fois qu’une analyse qui décortique les tares de notre système politique et de ceux qui l’ont conçu, qui ont la charge de le faire tourner et qui en tirent un profit incommensurable, au détriment de l’intérêt général, est publiée sur LQA, il nous est donné de lire un nombre important de commentaires et de questionnements qui mettent à l’index le peuple, qui se complait dans sa médiocrité et son statut de moins-que-rien (khodra fûq 3châ), les intellectuels, qui, non contents de ne produire aucune œuvre de l’esprit digne de ce nom, finissent par devenir des harkis du système, les politiciens qui, lorsqu’ils ne servent pas de paillasson aux militaires, brassent du vent, etc., etc. Bref, nous avons les dirigeants que nous méritons, comme l’ont si bien dit les Anciens.

Comment sortir de cette logique mortifère d’autodestruction? Où se trouve le point d’appui qui nous permettra de redresser la situation? Si le peuple est médiocre et couard, si les intellectuels sont stériles et domestiqués, si les politiciens ne sont que de vulgaires escrocs qui se vendent au plus offrant, qui donc nous libérera de l’emprise des voyous qui ont pris possession de notre pays? Faut-il croire que le peuple algérien, lancé dès 1830 dans un combat épuisant contre un adversaire de loin supérieur sur le plan matériel, n’a plus aujourd’hui aucune énergie en réserve pour construire un État digne de ce nom? Qu’il est plongé dans un profond sommeil peuplé de cauchemars, remettant aux calendes grecques la réalisation des idéaux pour lesquels il a tant lutté et sacrifié tant et tant de ses enfants dans un passé récent?

Faut-il croire que les voyous qui sont à la tête du pays ont réussi à acheter le silence complice de tout ceux qui sont en mesure de les inquiéter et qu’il ne reste en réserve de la révolution à venir qu’une masse informe guidée par le seul instinct de survie, courant sans fin derrière le pain, le lait, le sucre et l’huile? Faut-il se résoudre à admettre que toute remise en cause du système tyrannique ne pourra se faire qu’au prix de la destruction de l’Algérie, comme cela a failli être le cas durant les années 90 et comme cela est en train de se produire en Libye?

N’y-a-t-il donc aucun signe qui permette d’envisager l’avenir avec un peu plus d’optimisme et de sérénité? Pourtant, rien ne pourra effacer de la mémoire de ceux de ma génération les belles qualités qui étaient celles de notre peuple avant son avilissement par la politique de la trique et du mensonge. Pourtant le souvenir des justes qui ont voué leur vie au combat politique et la mobilisation du peuple et qui l’ont sacrifiée pour que vive l’Algérie indépendante et le peuple algérien libre et digne n’est pas totalement effacé, malgré les mensonges et la haine déversés par les ennemis de la justice, de la liberté et de la dignité d’hier et d’aujourd’hui. Pourtant, malgré la répression, le bâillonnement et l’exil, il y a encore et il y a toujours eu des hommes et des femmes qui n’ont cédé ni à la peur, ni au pouvoir d’attraction de la mangeoire, et qui sont restés debout, vaille que vaille.

Non, tout n’est pas perdu. Le pouvoir a le beau rôle, certes, avec son armée, sa police, sa gendarmerie et son DRS, armés jusqu’aux dents, le doigt sur la gâchette et le téléphone occupé en permanence à véhiculer les ordres donnés par les «cerveaux» de ce pouvoir à tous les larbins et espions de service qu’ils ont implantés dans le corps social. Il est fort et arrogant. Mais sa force n’est pas celle de ceux qui se savent à la hauteur de leurs responsabilités. Non. Sa force est celle de la brute qui terrorise le voisinage. C’est celle de l’individu à l’esprit démoniaque, toujours affairé à comploter dans l’ombre et à semer le trouble et la zizanie. Sa force n’a pas d’avenir, car celui qui règne sur un peuple de couards et de médiocres creuse sa propre tombe et il se trouvera toujours plus démoniaque et plus brutal que lui pour prendre sa place. Un pouvoir tyrannique ne peut générer qu’une minorité de voleurs et de corrompus qui vivent dans un luxe insultant au milieu d’un océan de misère. Il transforme des hommes et des femmes nés pour être libres et dignes en gueux. Mais les gueux finissent toujours par se réveiller un jour et monter à l’assaut des palais. L’Histoire ne ment pas.

Source: Adel H LQA

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