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samedi 7 mai 2011

« Il est du DRS » ou les chuchoteurs du régime.


Par: Radjef Saïd

« Vous réfléchissez bien, donc vous ne pouvez être qu’un agent des services chargé de nous infiltrer et de démolir notre parti. » « Attention, ce gars ne m’inspire pas confiance ; c’est un élément des services »…Les victimes broyés par la rumeur et l’intox, généralement des universitaires, se comptent désormais par bataillons. Tout le monde chuchote dans ce pays ou la vérité peine à sortir la tête de l’eau.

Qui sont donc ces chuchoteurs qui n’osent pas dire les choses ouvertement de façon convenable ? Ces chuchoteurs qui sont dans le secret des dieux ? Qui sont donc ces gens qui sèment la suspicion, la psychose et la peur partout où ils passent ; ces gens qui fabriquent des coupables comme on fabrique des objets à faire amuser les enfants ? Qui sont ces gens qui ont fait franchir à la société un autre pas dans le monde de la violence et du terrorisme intellectuel que les terroristes eux-mêmes n’ont pas osé franchir ? Qui sont donc ces gens qui estiment que le talent, la libre pensée, la hauteur morale, l’aptitude intellectuelle et la dignité humaine sont des marques de trahison et d’appartenance à des structures obscures et criminelles ? Des victimes. Des gens malheureux sans identité sociale qui traînent derrière eux un passé douloureux. Un passé ou se sont tissé au fil du temps toutes les intrigues, toutes les lâchetés et toutes les angoisses, les plus insoupçonnées, celles qui rendent l’homme vulnérable et insignifiant. Un passé qui ne date pas de la « bleuite », mais qui remonte aux premières heures du mouvement nationaliste lorsque Messali a fait du populisme son dada. Un passé que les universitaires, les historiens, les sociologues, les anthropologues et les psychanalystes refusent d’explorer par peur de réactions brusques d’un système qui a affecté chacun d’entre nous dans son périmètre restreint et intime et qui refuse à ce jour de se faire expurger de ses vieux démons, de ses mensonges, de sa schizophrénie et de son dédoublement de personnalité.

Si le timbre « DRS » semble souvent utilisé comme soupape de secours pour clore un débat ou étiqueter à tort quelqu’un dont on veut se débarrasser à tout prix, c’est aussi une échappatoire pour celui qui au fond ne veut rien savoir sur la nature réelle du DRS, sur ses crimes et sa mainmise sur tous les espaces de vie de la société.

Peur, fuite en avant,cupidité, vanité, ignorance, mythe, croyance populaire la plus éloignée possible de toute analyse politique et sociologique réelle, c’est paradoxalement parce que peu de gens connaissent le DRS qu’il leur est si facile de se taxer les uns les autres d’ « agent » comme pour se donner bonne conscience par rapport à un système monstrueux qui subordonne de façon patente toute la société, et pas seulement ses « indic » officiels, les hauts cadres, ministres compris et députés qu’il tient par les fiches d’habilitation ou les intermédiaires dans les affaires de mœurs, de corruption et d’enrichissement.

Depuis le temps que nos journalistes et nos hommes politiques parlent du pouvoir, à ce jour personne n’a osé faire une présentation ne serait ce que succincte de l’appareil DRS et de l’étendue réelle de son pouvoir.
C’est la meilleure preuve que tous le craignent et donc connaissent sa véritable nature et sa capacité de nuisance.

Préférant se perdre dans les narrations et les polémiques autour du pouvoir ou des idéologies qui au fond ne se concurrencent et ne s’affrontent que pour courtiser les bons offices de ce même pouvoir qui ne prends d’ailleurs plus la peine de recruter au sens propre du terme, tellement on se bouscule à ses portillons et on lui porte secours en s’acharnant à neutraliser toutes les dynamiques politiques, et ce, par de fausses attaques anti-DRS.

Le système ratisse large mais ne s’éloigne jamais de sa souche mère, c’est pourquoi toute velléité émanant de la jeunesse où survivent les graines de vérité est tuée dans l’œuf. Le MALG ne se succède qu’à lui-même et nos militants les plus sincères savent que trop peu de personnalités sont réellement affranchies.
Ce lest que traîne toute une génération liée à l’OS et au 1er Novembre agit comme un aimant magnétique sur toute forme d’émancipation politique effective de la société.

Poussés dans leurs derniers retranchements, ils finissent tous par se protéger mutuellement tels de vieux copains dont les parcours, en apparence sont différents mais qui ont en commun une sorte de secret, un abominable crime commis contre ce peuple et cette nation dès 1958.

Etre du DRS est au fond une notion beaucoup plus complexe qu’une simple carte d’affiliation ou des accointances perverses et intéressées, c’est presque le péché originel de cette nation.

La presse et les partis politiques illustrent clairement l’effet « bleuite » mais vicié, où en effet le doute fatal s’était installé entre les membres du FLN du fait d’une haute manipulation des services secrets Français afin de déstabiliser l’appareil et surtout se débarrasser des meilleurs et des plus gênants (les instruits par exemple) par la voix « royale » d’une trahison montée de toute pièce, et le plus souvent par les véritables traîtres collaborateurs érigés en juges et bourreaux.

Cet effet est vicié dans le sens où les doutes et les accusations mutuelles entre militants ou journalistes ne sont nullement en général le fait d’une manipulation du DRS, cela supposerait d’ailleurs que le journalisme et l’opposition chez nous sont autonomes au sens noble du terme.

Les journaux ont dès le départ été avisés des règles du jeu et les patrons qui ont refusé d’obéir à la censure et aux éditoriaux dictés ont très vite été éliminés, il suffisait d’actionner la machine financière des droits de presse ou alors carrément, passer à la liquidation physique (pour cela, les groupes terroristes d’officines ne manquaient pas).

Donc, lorsque des journalistes ou des militants font semblant de s’accuser d’appartenance au DRS, c’est tout simplement un rappel à l’ordre pour que ceux qui ont mangé dans les mains des dits services (ou de cette fameuse et redoutable sécurité militaire), logé dans leurs hôtels, voyagé dans leurs délégations, n’oublient pas les lignes rouges, toute idéologie tolérée confondue.

Si les journalistes et l’opposition voulaient réellement dénoncer le DRS, il y a longtemps que beaucoup de choses auraient avancé, à cela, on a clairement choisi de faire semblant d’orchestrer une guéguerre contre, tantôt les barbus, tantôt les laïques, tantôt les droits de l’hommistes quand ce n´est pas vers le voisin marocain ou une région du pays.

Tous ceux qui soutiennent l’administration Algérienne en appliquant aveuglément des directives, en acceptant le jeu de l’ascension sociale par les nominations par décrets, en dirigeant des journaux autorisés, en s’agitant pour ne pas dire en barbotant dans des partis accrédités ou figés, savent qu’ils sont les maillons d’une longue chaîne tenue par le DRS, et même s’ils n’ont jamais été directement approchés, ils se reconnaissent et s’identifient parfaitement comme des éléments zélés, domestiqués et soumis au système.


Source: LQA

leBloggers

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