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jeudi 26 mai 2011

Far West à Laghouat : La famille d’un haut cadre de Sonatrach impliquée dans une vendetta


On se croirait dans le Far West. Une querelle anodine entre le fils d’un haut cadre de la compagnie pétrolière Sonatrach et un jeune de la commune de Hassi R’mel dans la wilaya de Laghouat (sud algérien), a tournée à la descente punitive. Le drame a été évité de justesse. La population locale n’oubliera pas de sitôt ce qui s’est passé dans la nuit de mardi 24 à mercredi 25 mai. Récit des événements.

Mardi 24 mai. Le fils de ce cadre entre dans une salle de jeux de la région et provoque un jeune en plein discussion avec ses amis. Rendus colériques par les agissements de l’enfant dudit cadre, ces jeunes se liguent et brisent le pare-brise de sa voiture.

Se sentant humilié, le fils de ce cadre quitte les lieux.

Pas pour longtemps. A la tête d’un renfort d’une quinzaine de personnes originaires de Bous-Smail (Tipaza, sur le littoral ouest d’Alger), il revient se faire justice lui-même. Avec ses potes.

Visiblement, le « gang » voulait se venger de l’affront qu’à subi leur chef.

« Ils ont été grassement payés. C’est ce qu’ils confié à la police après leurs arrestations », raconte à DNA un habilitant de la ville.

La nuit enveloppe la ville. A bord de deux fourgons et d’une voiture de type Renaul Clio, le groupe composé de 16 personnes, à leur tête le fils de cadre, organise des rondes dans la ville de Hassi R’mel. Une sorte de rodéo nocturne.

Quelques tours au centre-ville et ils tombent nez à nez sur un groupe de cinq jeunes natifs de la région qui discutaient tranquillement. « Ces jeunes n’avaient rien avoir avec l’altercation », ajoute notre interlocuteur.

S’en suivent des escarmouches entre les deux groupes. « Le responsable de la Sonatrach a également pris par à l’opération », raconte-t-on en ville.

En surnombre, les assaillants, visages cagoulés et munis d’armes blanches, « embarquent » trois jeunes à bord des deux fourgons. Direction le domicile du père.

Sur le chemin, l’une des personnes kidnappée réussit à prendre la poudre d’escampettes, en sautant de l’un des fourgons réquisitionnés.

Un autre déjoue la vigilance de ses ravisseurs, mais il a été blessé. « Il a reçu un coup de couteau. Ayant perdu connaissance, il est sorti ce matin de l’hôpital », confie cet habitant qui n’a pas souhaité garder l’anonymat.

Séquestrée à l’intérieur de la maison familiale, la troisième victime trompe la vigilance de ses kidnappeurs, occupés à surveiller une éventuelle présence policière, avant de s’enfuir.

Alertés, les services de sécurité, appuyés par des renforts dépêchés de la région de Laghouat, interviennent aux environs de 4 heures de matin, en bouclant le domicile.

Bilan : arrestation de 12 personnes et saisie des deux fourgons. « D’autres ont pris la fuite », selon les dires d’un habitant.

Parmi les personnes appréhendées figurent ce haut cadre de la Sonatrach, son épouse et ses enfants.

Jeudi matin, les prévenus ont été présentés devant le procureur général prés le tribunal de Laghouat.

Selon des habitants, citant une source policière, ils seraient poursuivis pour kidnapping, tentative de meurtre, détention d’armes blanches et atteinte à l’ordre public.

Les événements de la veille ont vite fait le tour de la ville. Scandalisés, les citoyens ont observé ce jeudi matin un sit-in pacifique devant la bâtisse du tribunal de Laghouat.

Accourus au tribunal, des victimes de l’agression de mardi soir et des témoins été empêché par la police d’y enter, confie notre témoin.

« Les citoyens exigent que les auteurs de ces enlèvements soient châtiés. Ils craignent que ce haut cadre à la Sonatrach puisse se soustraire aux griffes de la justice grâce à son influence. Ils veulent également qu’ils soient expulsés de la ville. Leur présence ici est indésirable», explique-t-il.


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