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samedi 7 mai 2011

Chaos et renaissance


L’avènement, au lendemain de l’indépendance, d’un régime autoproclamé de type militaire en provenance d’Oujda(Maroc) a entrainé progressivement l’Algérie dans le marasme et le chaos. Ayant émergé furtivement par l’entremise d’une agressivité au détriment d’une société ayant défié le colonialisme pour, finalement, lui asséner le coup fatal. Depuis 1962, les politiciens du chaos ressassent le même discours, affichent le même style de laideur, la même agressivité pour gouverner par la force et sans partage. Certains gouvernants quittent la scène plusieurs années pour réapparaître avec le même air et il se montre en face du peuple, sans la moindre pudeur « Si tu n’as pas honte fais ce que bon te semble ». Cette sentence nous fait deviner le résultat de celui qui persiste dans ses actes impropres, car en fin de compte, ce qui l’attend c’est le chaos et entrainant toute la société dans son sillage. L’Algérie, une nation prospère si son idéal n’avait pas été battu en brèche, au lendemain de l’indépendance, par un clan venu de l’extérieur et s’imposant par la force. C’est le groupement de base du chaos auquel est parvenue notre société aujourd’hui.

Le règne de l’incompétence

Le régime en place n’a pas favorisé l’émergence de la connaissance pour développer le comportement rationnel des algériens et leur permettre de construire les soubassements d’une société organisée et prospère défiant le mythe de la rente pétrolière. Tout ce qui se montre favorable à l’ordre, à la critique constructive est brimé, humilié et réduit à l’indigence. Seuls les hommes du pouvoir réfléchissent et sont capables de le faire. D’une autre façon c’est l’antithèse de la connaissance qui est encouragée, promue et félicitée. Cette situation chaotique repose sur la rente pétrolière (sans contrôle populaire) qui permet au régime de se maintenir et de récompenser ses fidèles et les clientèles de soutien. Seul le médiocre, et le laid est « politisable », c’est-à-dire admis dans la cour du régime en place. Même quand un pseudo-intellectuel tourne autour c’est pour servir de plume pour les analphabètes qui détiennent le pouvoir. Ce manque de cohérence ou de communication entre celui qui décide et celui qui pense entraîne la « folie » dans tous les projets qui sont lancés et dont certains restent à l’état chaotique, parce que déviés en cours de route par les malfrats (profiteurs du système chaotique) qui gravitent autour du régime et qui sont sa seule force d’être. Car selon une loi biologique, la ressemblance donne l’accroissement. « Quand les responsabilités sont confiées à des incompétents, attends-toi au chaos ». Le comble du chaos c’est que cette situation se perpétue, et ces mêmes incompétents, quand le chaos est décrié par quelques uns d’avertis, se mettent soit à montrer du doigt l’ennemi extérieur qui veut, disent-ils, semer le chaos, soit verser dans la rhétorique politicarde pour retourner le sens des évènements (suivre Ouyahia).

Le népotisme

Cette tendance chaotique se manifeste dans les tous les échelons du corps social et surtout à certains hautes fonctions de l’Etat. En dehors de ma région ou de mon clan tu meurs. Et si tu veux survivre contentes toi de ce que je veux bien te donner. On jette de cette façon le Peuple dans des situations chaotiques ou parfois aucune issue n’apparait à l’horizon. Les journaux nationaux ont rapporté l’information de 16 ministres issus d’une même région. Comment peut-on manquer de pudeur pour favoriser un tel chaos. De cette sorte les hautes fonctions sont du domaine de la « réserve familiale » et inscrites au patrimoine des dignitaires du chaos. Même un individu rare doté d’une grande intelligence capable de redonner espoir à ce pays, n’a aucune chance de passer. S’il lui arrive de passer, en sauveur de dernier ressort, comme le cas de Boudiaf, s’il n’accepte pas de se conformer à la règle du chaos il est éliminé sans état d’âme. Cette règle est généralisée dans tous les domaines de la vie sociale. Certains universitaires n’ont pu trouver de travail depuis des années pour faute de népotisme.

La fuite de responsabilité sociale

Elle se caractérise par l’absence de l’Etat dans la fourniture d’aide aux nécessiteux qui se trouvent dans une situation chaotique, car notre valeur suprême, la solidarité, a disparu la scène face à l’individualisme outrancier. On pensait que le colonialisme et la situation chaotique que vivait le peuple algérien pour survivre était révolue, mais, en fait, elle a empiré. En effet, depuis les réformes des années 90 dictées par le FMI, il n’y a plus de classe moyenne, les membres de la caste au pouvoir, grâce à leurs appuis et leur infiltration dans les rouages de l’Etat deviennent de plus en plus riches, avec une arrogance jamais égalée. Le pauvre, dans notre société est de plus en plus pauvre et aucune couverture sociale ni réseau de solidarité ne sont là pour le rassurer. Il doit accepter son sort de « damné de la terre » et le régime n’a aucune pitié pour lui, car toutes les tentatives d’aide sociale officielle sont déjouées par les malfrats qui ont trouvé leur lieu de naissance dans la société chaotique. L’éducation vers le sommet est réservée pour ceux qui ont en les moyens. Les logements sont inaccessibles désormais. Le peuple travailleur doit se contenter d’habitat précaire, s’il lui arrive à se frayer une place dans les villes qui étouffent. On lui promet d’éradiquer ces habitations. Comment un pays pauvre (en dehors des recettes pétrolières) et chaotique comme l’Algérie peut il éradiquer cet habitat précaire qui a pris une dimension incommensurable face à une démographie galopante et des réseaux chaotiques. Les canaux de logement sont réservés pour les clientèles et leurs « pourvoyeurs » en tchipa. En matière de santé le peuple est mal soigné quand il arrive à trouver l’endroit et les moyens de le faire. Les dignitaires du chaos eux se soignent, même à l’état d’agonie, dans les pays occidentaux, sans foi ni loi, croyant échapper aux mains de Dieu qui décide quand et du lieu. Les nouveaux riches accentuent leur arrogance, quand il n’est pas permis d’équiper tous les hôpitaux publics de moyens adéquats pour soigner dignement les algériens dans leur pays.

La disparition de la confiance

Le peuple réduit à une situation chaotique ne croit plus en ses gouvernants. La perte de confiance se manifeste dans tous les actes quotidiens. Tous les algériens se mettent à parler politique (traduisant leurs soucis quotidiens) et n’ont pas de représentants élus démocratiquement. Ils ont compris que le chemin du vote ne mène à rien de sérieux, et les gouvernants persistent dans leur « code génétique » hérité de l’ère coloniale pour pratiquer la fraude de masse à chaque rendez-vous électoral. La confiance s’est effritée au fil des années, et aujourd’hui elle est réduite à un taux zéro, sauf pour les zélateurs du régime chaotique. Combien de promesses faites à ce peuple et qui n’ont jamais été tenues. Quand le socle sur lequel est bâtie la confiance se brise, un peuple devient réfractaire et le régime chaotique n’a d’autres alternatives que d’accentuer le chaos par la répression. L’état sécuritaire dure depuis 20 ans et il ne vient pas à l’idée de le supprimer (sauf sur pression de l’Occident), parce que la confiance a disparu : le régime chaotique lui aussi ne fait pas confiance au peuple. « Celui qui nous trompe n’est pas des nôtres ». Le peuple sait qu’il a été trompé en 1962. Ces dirigeants venus d’ailleurs ont été dévoilés avec le temps, même si tous les symboles de la Révolution ont été utilisés pour cacher leur vraie identité. Comment peut on diriger un pays, lui imposer des lois unilatérales, quand on porte une double nationalité, et quand ses enfants sont à l’abri à l’Etranger. La différence entre un « harrag » et un fils d’un dignitaire du chaos, c’est que tous les deux ont fui le pays : le premier avec des moyens chaotiques (il n’avait pas d’autres choix) a tronqué la mal-vie pour rechercher une place dans un monde meilleur. Le second aidé par son proche évoluant dans les rouages du régime chaotique, a tronqué sa belle vie pour se cacher ailleurs en gaspillant l’argent mal acquis. Un jour de 1995 un haut cadre du Ministère des finances que j’ai croisé sur mon chemin me déclara froidement « je suis sur le point de partir au Canada ». J’ai rétorqué comment quelqu’un de ton âge (58 ans) peut-il envisager une telle alternative. Il me répond « j’envoie d’abord mon fils, ensuite je le rejoins. Et il ajoute « si on ouvre les frontières tout le peuple va s’en aller, et le suivront les chiens et les chats ». Je ne peux m’empêcher d’éclater de rire, chaque fois que je me remémore cette métaphore tragi-comique. Peut-être a-t-il vu juste. Il n’est pas utile, dans cette modeste contribution, de débattre des implications de ces écueils sur les autres catégories économico-sociales de notre société telle la misère économique, la déconfiture culturelle, les dérives de la justice, la corruption dans les rouages de l’Etat (rapporté par la presse) l’insécurité avec la montée du banditisme qui est le produit des inégalités, la misère matérielle et intellectuelle, el hogra, l’arrogance, l’intolérance, une enfance et des mères divorcées livrés à la rue sans protection, un manque de vision pour l’avenir du Peuple, une jeunesse sans repères, une vie d’enfer dans les grandes villes après l’invasion rurale forcée, etc. Quand acceptera-t-on de rendre l’âme à ce Peuple meurtri par 132 ans de colonialisme impitoyable. Une famille algérienne normalement constituée ne réclame rien d’autres que de vivre dignement et satisfaire les différents besoins fondamentaux : se vêtir, se nourrir, se loger et apprendre, par l’école, à vivre dans une société communautaire fondée sur la solidarité et la citoyenneté. Il est toujours temps pour redonner espoir à un peuple, il suffit de se repentir et le peuple pardonne. Alors il restera ensuite à instaurer de véritables mécanismes démocratiques pour que l’Algérie vive et se développe. Quand on bâtit sur du chaos tôt ou tard ce chaos vous rattrape parce qu’on ne peut récolter qu’une société chaotique. L’histoire qui se déroule sous nos yeux, démontre qu’il y a une limite à tout, les plus farouches des dictateurs ne peuvent tenir éternellement quand ils se croient au dessus de tout. On a vu la Tunisie, on a vu l’Egypte, quels vaillants Peuples. Les autres Peuples arabes sont sur la ligne du changement. Le Peuple algérien a mené sa révolution en octobre 1988 pour un changement démocratique véritable, en payant un lourd tribut. Sa revendication légitime : qu’on lui restitue ses acquis légitimes. Halte à la souffrance et à la guerre civile. Le pouvoir a balayé d’un seul trait l’avènement d’une ère démocratique, en noyant dans l’œuf les germes de la démocratie arrachée après un sursaut révolutionnaire, inconnu jusque là dans les pays arabes. Ces derniers vont prendre une longueur sur nous grâce à une jeunesse éclairée et avide de démocratie et de liberté. La Renaissance de la société algérienne en particulier, et celle de la société arabe en général est en marche. Le pouvoir s’entête encore dans son régime policier ridicule, mais sa disparition n’est qu’une question de temps.

Par: SADOUKI.K (LQA)

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