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samedi 28 mai 2011

Algérie : Persécution de M. Slimani, militant des droits humains


M. Slimani a été arrêté le 7 janvier 2011 à Laghouat alors que la ville connaissait d'importantes manifestations. Lorsque les gendarmes ont découvert sur lui sa carte d'adhérent de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH), il a été battu et placé en détention. Accusé « d’attroupement non armé » et « d’agression avec violence sur les agents de la force publique », il attend son procès. Il est passible d’une lourde peine de prison.

Alkarama s'est adressée le 25 mai 2011 à la Rapporteuse Spéciale sur la situation des Défenseurs des Droits de l’Homme, lui demandant d'intervenir auprès des autorités algériennes pour qu'elles mettent un terme aux persécutions dont M. Omar Farouk Slimani fait l’objet en sa qualité de défenseur des droits de l’homme

M. Omar Farouk SLIMANI, âgé de 26 ans, réside à Laghouat. Il est étudiant et vice-président du bureau de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) dans la même ville. Particulièrement actif dans sa région, il est connu pour son rôle de sensibilisation des jeunes sur la nécessité de revendiquer le respect de leurs droits fondamentaux d’une manière pacifique. Il se savait donc être exposé à tout moment à des représailles de la part des autorités.

Le 07 janvier 2011, alors que la ville connaissait d’importantes manifestations de jeunes protestant contre la corruption du pouvoir et l’absence de libertés civiles et politiques, il a été arrêté par la gendarmerie nationale (Al Dark Al Watani) sur la voie publique, loin du centre ville dans lequel se déroulaient les marches de protestation.

Au cours de cette arrestation, aucun mandat de justice ne lui a été présenté et il a immédiatement été soumis à une fouille corporelle humiliante.

Lorsque sa carte d’adhésion à la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme a été découverte, il a été battu et conduit au siège de la brigade locale de la Gendarmerie nationale où il a de nouveau été violemment giflé et placé dans une cellule de détention pendant deux jours.

Il a été interrogé sur ses opinions politiques, ses activités de défenseur des droits de l’homme ainsi que sur le fonctionnement de la ligue locale de défense des droits de l’homme dont il assure la vice-présidence.

Alors qu’il pensait être libéré sans autre condition, il a été présenté devant le Procureur de la république local qui lui a notifié l’accusation « d’attroupement non armé » et « d’agression avec violence sur les agents de la force publique ». Il est passible de ce fait d’une peine de 5 années d’emprisonnement.

Il a été déféré devant le tribunal correctionnel de Laghouat le 24 mai 2011 en même temps qu’une vingtaine de jeunes manifestants arrêtés au cours des marches de protestation, alors même que le Président de la république avait annoncé publiquement l’absence de poursuites pénales contre toutes les personnes arrêtées lors des émeutes qui ont secoué le pays à cette époque. L’audience a finalement été renvoyée au 07 juin prochain.

Les poursuites engagées contre M. Slimani font suite à celles dont est toujours victime un autre membre de la LADDH dans la ville voisine d’Al-Bayadh, M. Hassan BOURAS, journaliste et militant des droits de l’homme. (Voir communiqué).

Alkarama est préoccupée par cette campagne de persécutions contre des activistes des droits de l’homme en Algérie et des représailles et autres intimidations récurrentes dont ils sont victimes.

ALKARAMAleBloggers

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