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jeudi 7 avril 2011

Le parquet de Milan ouvre une enquête sur les faramineux contrats de Saipem avec Sonatrach


Le parquet de Milan, Italie, a ouvert une enquête pour corruption présumée autour des activités de la compagnie pétrolière italienne Saipem en Algérie. Les procureurs Fabio De Pasquale et Sergio Spadaro, du parquet de Milan, ont décidé de lancer des investigations sur les activités de Saipem après examen des comptes de cette en entreprise qui appartient à la maison ENI. En Algérie, Saipem a obtenu de faramineux contrats avec Sonatrach à l’époque où le secteur de l’Energie était dirigé par Chakib Khelil.

Ces investigations entrent dans le cadre d’une enquête sur les activités internationale de Saipem qui a obtenu de nombreux contrats en Afrique, notamment au Nigeria et en Algérie. L’information concernant l’ouverture de cette enquête a été confirmée par des milieux judiciaires à Milan, indiquait jeudi 31 mars l’agence Reuters.

Saipem ainsi que cinq de ses dirigeants seront jugés à partir du 5 avril prochain pour le versement présumé de pots-de-vin afin d'obtenir des contrats au Nigeria.

Le parquet de Milan avait enquêté depuis l'été 2009 sur la part italienne des pots-de-vin qui auraient été versés entre 1995 et 2004 par le consortium international TSKJ, dont faisait partie Snamprogetti ( filiale de Saipem), pour obtenir des contrats au Nigeria.

Ce consortium, dont faisaient également partie la firme américaine Kellogg Brown & Root (KBR), le français Technip et le japonais JGC, avait remporté plus de 6 milliards de dollars de contrats afin de construire une usine de gaz liquéfié à Bonny Island, dans le delta du Niger.

Selon la justice américaine, TSKJ a versé environ 182 millions de dollars aux responsables nigérians pour obtenir ces contrats.

Tout à porte à croire que les investigations du parquet de Milan concernant le volet nigérian des activités de Saipem ont fini par ouvrir d’autres pistes qui mènent vers l’Algérie.

La compagnie italienne Saipem est déjà au cœur d’un scandale de corruption en Algérie lié à ses activités avec le groupe pétrolier Sonatrach dont plusieurs cadres font l’objet de poursuites judiciaires pour corruption et malversations présumées.

Le scandale de corruption au sein de la compagnie pétrolière algérienne a éclaté le 12 janvier 2010 lorsque son PDG, Mohamed Meziane, ses deux fils, l’ancien directeur du CPA (Crédit populaire d’Algérie) ainsi que plusieurs hauts cadre de Sonatrach ont été mis en examen et écroués pour corruption et malversations présumées.

Leur mise examen ainsi que leur incarcération font suite aux investigations lancées dés l’automne 2009 par la brigade financière du DRS (Département de la recherche et de la sécurité) concernant certains marchés conclus entre Sonatrach et certaines firmes étrangères.

Ceux-ci sont au nombre de trois. Le contrat de 142 millions de dollars pour la télésurveillance, le marché déroché par l’entreprise pétrolière italienne, Saipem, pour la réalisation d’un système de transport par canalisation de gaz naturel (GK3) pour un montant de 580 millions de dollars et enfin la rénovation du 10éme étage du siège à Ghermoul (Alger), marché obtenu par CCIC (Consolidated Contractors International Compagny).

Depuis le milieu des années 2000, Saipem est devenu un client très privilégié de Sonatrach au point où la multiplication des contrats accordés par cette dernière ont fini intriguer.

En 2008, cette filiale du groupe italien ENI avait obtenu des contrats d’un montant de plus de 6,5 milliards de dollars avec Sonatrach.

C’est qu’entre 2006 et 2009, le chiffre d’affaires de Saipem en Algérie se situait entre 15 et 20 milliards de dollars. Le groupe italien a ainsi obtenu certains contrats dans des conditions douteuses, comme celui de la construction du gazoduc GK lequel fait actuellement l’objet d’une instruction judiciaire au tribunal de Sidi M’Hamed.

La relation privilégiée de Saipem avec Sonatrach aurait été rendue possible grâce à l’entregent des deux enfants de l’ex- PDG, Mohamed Méziane. En contrepartie de certains privilèges et de commissions substantielles, ces derniers auraient facilité l’acquisition par Saipem de nombreux contrats avec la compagnie algérienne.

Avec la bénédiction de l’ancien ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, débarqué du gouvernement en mai 2010 après dix ans passées à la tête de ce secteur.leBloggers

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