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mercredi 9 mars 2011

Un sit-in de chômeurs brutalement dispersé à Laghouat : «Ici, sans bakchich, tu n’as rien !»

Au moins 300 jeunes chômeurs et des candidats au logement social ont observé dans la matinée de mardi 8 mars un sit-in de protestation devant le siège de la wilaya de Laghouat, à 600 kms au sud d’Alger, a appris DNA auprès de Mohamed Kelakhi, membre de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) dans cette ville. La route principale menant vers le centre-ville est également coupée à la circulation. Quatre femmes ont été blessées suite à l’intervention de la police.


Aussitôt alertés, les forces antiémeutes se sont dépêchées sur les lieux. Les manifestants ont été brutalement dispersés. La police a eu recours aux bombes lacrymogènes, selon plusieurs témoins. « Ils ont chargé les manifestants. Quatre femmes ont été blessées. L’une d’entre elles a été évacuée par les pompiers vers l’hôpital », précise M. Kelakhi.

Le commissaire principal et le vice-président de l’ APW ont tenté de négocier avec les manifestants, en vain semble-t-il. « Les jeunes ont refusé de parlementer avec eux. Ils exigent la présence du Wali (préfet), celui-là même qui n’a pas cessé de tenir des promesses mensongères», souligne ce membre de la LADDH.

Les manifestants ne veulent pas lâcher prise et continuent à occuper les lieux, malgré l’intervention musclée des forces anti-émeute.

A l’instar d’autres villes du pays, le climat social est très tendu dans cette région, l’une des riches d'Algérie. Les protestataires qui réclament des postes d’emplois et du logement, accusent également des responsables locaux de verser corruption, de clientélisme et de népotisme.

« C’est un véritable réseau de corruption qui s’est tissé dans la willaya. Les droits élémentaires de la population sont bafoués. Des jeunes chômeurs et des diplômes de l’université sont exclus. Or, logiquement, nos devons être prioritaires. En lieu de cela, ils ramènent des travailleurs des autres régions du pays. Nous vivons une politique d’exclusion préméditée », s’indigne Mohamed, un habitant de Laghouat.

Et de s’interroger : « Nous nous demandons si les jeunes de cette région sont des criminels ou des terroristes pour subir autant d’injustice.»

Salim, un jeune chômeur, fustige la réaction brutale des forces de l’ordre. « Nous avons posé nos problèmes de manière pacifique. Mais, voila que la police a eu recours aux bombes lacrymogènes et à la trique. C’est un état de non droit », s’écrie-t-il.

Selon lui, des responsables locaux, à l’origine de tous les maux, ont légalisé la corruption. « Tu ne peux rien obtenir sans verser du bakchich », se désole-t-il.

Abdelkader, lui, dénonce vigoureusement les opérations de distribution de logement. « Alors que des logements sont inoccupés, des gens habitent dans des garages insalubres. Des personnes qui ne sont même pas originaire de Laghouat ont bénéficié de manière illégale de logements. C’est injuste », fustige-t-il.

Les protestataires revendiquent par ailleurs le départ du chef de protocole du wali et le directeur du service de l’habitat et de l’urbanisme, accusés de constituer « une niche » où prospèrenr corruption et prévarication.

En décembre 2010, des chômeurs avaient été passés à tabac devant le bureau du wali de Laghouat alors qu'ils étaient venus demander audience au premier responsable de la wilaya. Sept personnes avaient été blessés lors de cette intervention de la police.


DNA

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