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mercredi 9 mars 2011

Laghouat : La Police bastonne des mères de famille pour avoir osé demander à rencontrer le wali !

A Lagouhat, Fadhila Benbrahim, mère de deux enfants, a vécu un 8 mars particulier qu'elle n'oubliera jamais. Mardi matin, elle a été durement brutalisée par les forces de sécurité qui ont réprimé un rassemblement de chômeurs et de mères de familles lesquels n'avaient qu'une seule demande : rencontrer le wali. Plusieurs blessés ont été déplorés et une femme se trouve admise dans le services des urgences, souligne à elwatan.com des sources locales.

Laghouat, cette ville située à peine à 80 km de la prospère Hassi R'mel vit ces derniers jours au rythme de la contestation et des rassemblements. Chômage, pauvreté, manque de logements, les problèmes sont nombreux tant cette région accuse un déficit de développement.

Mais ce mardi 8 mars, Fadhila, une mère de famille divorcée qui habite dans un logement précaire, espèrait que le wali de Laghouat allait lui accorder une grâce. "Je suis parti avec dix autres femmes qui souffrent tout comme moi de la promiscuité et de la précairté de leur habitation. On nous a promis à la Daïra qu'on allait bientôt bénéficier d'un logement social. Mais dans la liste publiée récemment, mon nom ne figurait pas aux côtés des autres bénéficiaires. J'étais sous le choc", confie, sur un ton désespéré, au téléphone cette dame meurtrie dans l'âme.

Cette meurtrissure va encore s'aggraver lorsqu'elle sera bastonnée par les policiers mobilisés en nombre ce mardi matin pour empêcher les citoyens de s'approcher de la wilaya. "Ils n'ont pas épargné les femmes. Et pourtant, nous n'avons rien fait de mal. J'ai reçu plusieurs coups sur l'épaule et le dos. Comment peut-on traiter une femme et une mère de cette manière ? Je ne voulais que rencontrer le wali et lui, il nous envoie des policiers pour nous tabasser", confie encore avec émotion Fadhila.

"C'est comme ça qu'on traite les femmes en Algérie. Des qu'on demande notre droit, on nous frappe. Ai-je comis un crime en voulant rencontrer le wali. J'étais privée injustement de mon droit de bénéficier d'un logement social. A la Daïra, on m'a bien expliqué que mon dossier est valable", affirme Fadhila sur un ton larmoyant.

A Laghouat, les femmes comme Fadhila sont loin d'être minoritaires. Bien au contraire, elles sont de plus en plus nombreuses à participer aux rassemblements organisés régulièremnt devant le siège de la Wilaya. Corruption au bueau de main d'oeuvre, détournements de logements sociaux, népotisme et main mise sur plusieurs secteurs de la part des responsables de la wilaya, les citoyens de Laghouat tiennent à dénoncer de nombreux fléaux.

Pour cela, des jeunes chômeurs et des familles ont décidé de tenir chaque jour un rassemblement. N'en déplaise aux forces de sécurité, ces citoyens ont décidé de ne plus laisser faire l'injustice...

Signalons enfin que nous avons tenté de joindre les responsables de la wilaya de Laghouat pour obtenir leur réaction sur les violences commises à l'encontre des citoyens. Malheureusement, aucun responsable n'a souhaité répondre à nos sollicitations.

Abderrahmane Semmar Elwatan

leBloggers

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