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mardi 28 décembre 2010

Laghouat : Ses champs pétrolifères, ses chômeurs tabassés et son wali potentat


Ce qui s’est passé ce mardi 28 décembre à Laghouat est aussi odieux que totalement inadmissible. Des chômeurs, célibataire et pères de famille, venus demander audience au siège de la wilaya, ont été passés à tabac par des policiers sur ordre du wali. Cet accueil musclé est d’autant plus intolérable qu’il survient au cours d’une journée normalement consacrée à l’audience des citoyens. C'est-à-dire une journée durant laquelle les citoyens peuvent exercer leur droit à exposer leurs doléances à leurs gouvernants.

L’attitude du wali de Laghouat à l’égard de ces citoyens est indigne de sa fonction de premier responsable du bien-être et de la sécurité des habitants qui vivent dans cette wilaya, pourtant réputée être l’une des plus riches d’Algérie. Cette wilaya qui abrite les plus importants champs pétrolifères du pays est riche à milliards en raison de la fiscalité qu’elle tire de toutes ces sociétés pétrolières y qui travaillent.

Cette attitude est indigne parce que le premier devoir de ce commis de l’Etat, renumeré avec l'argent du contribuable, est de recevoir ces sept citoyens, de leur offrir un café ou un thé avant de les écouter. A défaut de leur garantir un travail qui leur permettrait de nourrir leurs enfants, ce wali ordonne à la police de les évacuer séance tenante.Dans cette histoire, le wali s’est comporté comme une sorte de potentat local dont le calme et la sérénité ont été dérangés par l’intrusion de la plèbe venue inopportunément fouler son palais. La plèbe, quand elle ose réclamer ses droits, qui plus est dans la résidence du potentat, il faut la dégager. Avec le concours de la force publique.

Dans un pays de droit, ce wali devrait être convoqué par sa hiérarchie avant d’être révoqué. Dans un pays de droit, la justice se saisirait de la plainte de ces sept pauvres citoyens avant d’engager une procédure pour maltraitance, coups et blessures à l’encontre de ce wali.

Dans un Etat de droit et de justice sociale ; dans un pays qui a engrangé plus de 500 milliards de dollars de revenus pétroliers au cours des dix dernières années ; dans un pays où le président de la république affirme qu’il consacrera 285 milliards de dollars d’investissements publics au cours des cinq prochaines années ( il déjà consacré presque autant durant la dernière décennie ); donc dans un pays de droit et de justice sociale, des citoyens sont sensés être à l’abri du chômage et de la précarité. Ils sont sensés jouir de cette manne financière qui se déverse sur leur pays comme cela n’a jamais été le cas depuis l’indépendance de l’Algérie en juillet 1962.

Oui mais voila, nous sommes dans cette Algérie de 2010 où les citoyens sont ravalés au rang de serfs et où les dirigeants, grands et petits, se considèrent parfois, souvent peut-être, comme des colons. Nous sommes à Laghouat, une wilaya riche, mais pauvre de son dirigeant qui se comporte comme un seigneur. Nous sommes à Laghouat, une wilaya dont le premier responsable ose chasser des citoyens à coups de matraques.

DNA

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