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dimanche 12 décembre 2010

Habib Kheddache à propos du respect des droits de l’Homme en Algérie « Le problème réside dans l'application et non dans textes »


L’ex-président de la section algérienne d’Amnesty International, Me, Habib Kheddache, a estimé dans une conférence débat, tenue hier, au siège d’Amnesty Algérie, que la question du respect des droits de l’Homme en Algérie, réside dans l’aspect pratique.

« Sur la plan théorique on peut dire qu’Algérie est classée parmi les pays qui ont ratifiés la majorité des conventions internationales relatives aux droits de l’Homme, mais cela ne laisse pas dire que la situation est la même en terme de l’application et de suivi », a-t-il fait remarquer.

L’Algérie d’après le conférencier, a ratifié plus 40 conventions internationales relatives au respect et à la promotion des droits. Cela n’inclut pas d’après lui des conventions régionales et bilatérales, que l’Etat algérien a signé et à ratifiées. Il a cité dans ce cadre le pacte relatif au droits civils et politiques et celui relatif au droits économique, socioculturels, ainsi que la convention sur l’élimination de toute discrimination à l’égard des femmes.

« Avec ce nombre de conventions signées, l’Algérie se classe en haut de tableau après beaucoup de pays occidentaux dont les Etats-Unis, et ce, en matière d’engagement international de respecter les droits de l’Homme », a-t-il affirmé. Avant d’ajouter « des pressions internes et externes ont pesé sur les décisions de l’Algérie de ratifier ce nombre important de conventions ».

Néanmoins, l’orateur a fait remarquer que certaines conventions ratifiées par l’Algérie ne sont pas publiées dans le journal official pour des raisons inconnues, selon ses dires. « Les conventions internationales ratifiées par l’Algérie rencontrent des problèmes qui entravent leur applications, en raison de la non publication de ces dernières dans le journal official, ce qui prive les citoyens et les juges de se y référer», a t il expliqué.

S’agissant de la volonté des Etats à honorer leurs engagements internationaux, le conférencier déplore le fait que les gouvernements notamment ceux du tiers-monde donnent plus d’importance aux conventions économiques et autres que celles liées aux droits de l’Homme.

A propos des droits de la femme, l’ex-président d’Amnesty Algérie qualifie les amendements apportées aux code la famille et à celui de nationalité d’insuffisants, et ne éliminent toutes les discriminations à l’égard des femmes. A titre illustratif il a cité l’âge du mariage et le divorce ainsi l’héritage, qui n’assurent pas une égalité entre les deux sexes.

Abordant les libertés syndicales en Algérie, le conférencier a émis des critiques sur l’attitude des pouvoirs publics à l’égard des syndicats autonomes. « Bien que notre pays a ratifie toutes les conventions liées aux libertés syndicales, on constate avec regret ces dernières années, une régression caractérisée essentiellement par des intimidations et des poursuites judiciaires contre les syndicalistes », a-t-il dit.

Répondant une question sur la peine de mort, l’orateur s’est montré optimiste pour son abolition dans les prochaines années. Selon lui, la tendance internationale actuelle est favorable pour supprimer ce châtiment dans le code pénal algérien. A cela d’après lui toujours s’ajoute la volonté des pouvoirs publics exprimée par le président de la commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’Homme. « Je pense la recommandation faite par le président de CNCPPDH au président de la République d’abolir la peine de mort verra le jour dans les prochaines années », a-t-il annoncé.

Enfin, il a recommandé aux autorités algériennes de publier dans le journal official toutes conventions ratifiées par l’Algérie et de permettre également aux ONG de défense des droits de l’Homme de visiter le pays et de mener un travail de recherche.


Younès Saadi AlgrieNews

leBloggers

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