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vendredi 24 décembre 2010

Algérie : Les droits de l'Homme menacés


L'état d'urgence instauré depuis le début des années 1990 est source de toutes les dérives.


La situation des droits de l'Homme en Algérie suscite moult inquiétudes aux yeux de plusieurs organisations et sensibilités actives dans ce domaine, notamment la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH), une organisation qui ne peut être soupçonnée de complaisance à l'égard du pouvoir, à la différence de la soi-disant Commission nationale de protection et de promotion des droits de l'Homme (Cncppdh) et son président Ksantini, homme lige du pouvoir.
Par le truchement de son président, Me Mostefa Bouchachi, la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (Laddh) a, pointé du doigt le maintien de l'état d'urgence, depuis le début des années 1990, qui est source de toutes les dérives et entorses aux droits de l'homme en Algérie. Cette loi d'exception est toujours en vigueur au prétexte qu'elle est nécessaire pour la préservation de la sécurité et la lutte contre "les groupes terroristes".

Me Bouchachi a, dans ce contexte, appelé à "la levée de l'état d'urgence, afin de permettre aux Algériens de jouir de leurs droits notamment ceux d'association et de libre expression". Dans des déclarations parues récemment dans la presse, Me Bouchachi a estimé que " l'état d'urgence sert de prétexte au pouvoir pour limiter les libertés politiques, à travers le refus d'agrément aux partis et associations indépendants et l'interdiction des rassemblements publics et marches populaires".
Le président de la Laddh souligne, en outre, que " le pouvoir exerce, en permanence, des pressions sur les médias ", notant que ceux-ci ont "connu un grand recul par rapport aux premières années ayant suivi la proclamation du pluralisme dans le paysage médiatique". Il a, à ce sujet, dit craindre que "la situation ne se dégrade davantage durant les prochaines années". Même l'autorisation de lancer un journal obéit au "fait du prince" et " reste tributaire des jeux d' intérêts de personnes influentes et non d'une loi claire, comme cela est le cas dans les pays développés".

"Ce qui vaut pour le secteur des médias l'est aussi dans le domaine de la justice, devenue un instrument entre les mains du pouvoir, au mépris du principe d'indépendance ", a-t-il déploré , ajoutant que " les textes de loi, mis en place par le législateur dans le cadre de la pseudo-lutte contre la corruption, ont consacré la sélectivité dans les poursuites judiciaires".
Le phénomène de la corruption aggrave davantage la situation des droits de l'homme dans le pays, avaient par ailleurs souligné des conférenciers lors d'une conférence-débat, organisée récemment à Alger, par la LADDH, à l'occasion du 62e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme et de la Journée internationale de lutte contre la corruption. La corruption a une influence directe sur les droits des citoyens.

Une bonne partie des ressources du pays est détournée et cela pèse sur les sociétés qui ne bénéficient pas des revenus du pétrole. Ces milliards auraient pu servir à améliorer le quotidien des citoyens, a fait valoir à ce propos Mustapha Bouchachi. D'autres acteurs s'intéressant aux droits de l'homme en Algérie ne manquent pas de souligner régulièrement les "dysfonctionnements", "insuffisances" et "anomalies" enregistrés dans les domaines de politique, économique, judiciaire et médiatique, dans un pays en proie à moult problèmes sociaux, dont le chômage, le déficit de logements et l'émigration clandestine, laquelle atteint des proportions alarmantes au point de pousser des jeunes à risquer leur vie en mer dans l'espoir de gagner l'Europe à bord de bateaux de fortune. Les acteurs des droits de l'Homme se focalisent aussi sur la condition de la femme algérienne, qui fait encore les frais de mentalités rétrogrades et subit des formes de violence qui sont le plus souvent couvertes du voile du mutisme et de la règle de l'omerta.

C'est à peine si quelques partis et organisations d'avant-garde osent revendiquer l'augmentation de la représentativité des femmes aux conseils élus et leur protection contre la violence et les abus. La dégradation de la situation des droits de l'homme est telle que même la très accommodante Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'Homme (Cncppdh), a été obligée de reconnaitre que "le citoyen, ayant perdu confiance en ses institutions, recourt désormais à des personnes placées à différents niveaux (ndlr, de l'Etat) pour obtenir certains droits et avantages, au détriment de la législation en vigueur". "Ces personnes, cadres ou agents de l'Etat, privatisent la fonction exercée, aidées en cela par une reconduite sans fin dans leurs fonctions de sorte qu'elles disposent des différentes institutions et administrations dont elles ont la charge comme d'un bien personnel qui leur rapporte, à chaque acte ou décision, des avantages matériels", ajoute la Cncppdh.

Selon le rapport "pas moins de 60 % des jeunes scolarisés ont des perspectives incertaines, 73 % n'ont aucun cadre de vie, 58 % ne pratiquent aucune activité sportive, 90 % n'adhèrent à aucune association et 33 % rêvent de s'expatrier à l'étranger".
Concernant l'émigration clandestine, la Commission plaide pour la "dépénalisation" de l'acte de la "harga", jugeant "inconcevable" qu'un problème social reçoive, comme réponse unique, un traitement "répressif privatif de liberté".

Attentat anti-Boutflika

Un islamiste repenti a été condamné jeudi à la peine capitale et ses compagnons à la prison pour l'attentat-suicide du 6 septembre 2007 qui a raté sa cible, le président Abdelaziz Bouteflika, mais a tué 26 personnes et en a blessé 172 autres dans l'est de l'Algérie. L'explosion d'un kamikaze sur le passage du convoi avait raté le cortège du chef de l'Etat en visite à Batna, zone montagneuse de l'est du pays. Le corps déchiqueté d'un islamiste de l'ouest algérien avait été partiellement retrouvé.
Le condamné à mort, Walid Zeghina, 28 ans, est un repenti qui avait bénéficié du programme de réconciliation nationale en 2006, liberté et aide à la réinsertion en échange du dépôt d'armes et renonciation à la violence.
Considéré recruteur de mineurs au service d'une idéologie radicale, il a été reconnu coupable d'»homicide volontaire avec préméditation», «blessures volontaires», «possession et usage d'explosifs dans des lieux publics» et «participation à des organisations terroristes»

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