Page d’accueil

mercredi 15 septembre 2010

Pour l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme, 2009 a été une année sombre en Algérie


Liberté d’association mise à mal, interdiction des réunions pacifiques , presse bâillonnée, entraves aux libertés syndicales, actes d’intimidation judiciaire à l’encontre des défenseurs des droit d’une minorité religieuse et harcèlement à l’encontre de ceux qui dénoncent la corruption. En Algérie, l’année 2009 aura été particulièrement éprouvante pour les défenseurs des droits humains, selon un rapport annuel, publié lundi 13 septembre par l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme.

Le rapport de l’Observatoire met en évidence le contexte politique à l’origine d’une atteinte en cascade aux défenseurs des droits de l’homme. « Le 9 avril, le président Algérien Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, a été réélu pour un troisième mandant consécutif après l’adoption 12 novembre 2008 d’une réforme constitutionnelle supprimant la limitation de mandats. Cette élection s’est déroulée dans un climat de surveillance, rendant quasi impossible la contestation, voire l’ouverture, du scrutin », lit-on sur le rapport publié sur son site web. Le ton est déjà donné puisque « les autorités algériennes ont interdit à la veille de l’élection présidentielle la diffusion de trois publication françaises, l’Express, Marianne et le Journal de Dimanche, qui critiquaient ces élections », ajoute la même source. Le jour du scrutin, selon les rédacteurs du document, « deux journalistes marocain travaillant pour l’hebdomadaire marocain Assahrae El Oubouiya, MM. Hichem El Medraoui et Mahfoud Ait Salah, ont été arrêtés par les autorités algériennes alors qu’ils venaient couvrir les élections présidentielles en Algérie. » Relâchés, ils ont été de nouveau interpellés et leurs passeports confisqués. Il a fallut l’intervention de l’ambassade marocaine pour qu’ils eussent à quitter l’Algérie, note le même rapport.

Presse bâillonnée

Le rapport de l’Observatoire s’est appesanti sur la situation de la presse algérienne. « Bien que les journaux privés bénéficient d’un espace plus libre que l’ENTV, chaîne de télévision étatique et unique, les lois répressives sur la presse, la dépendance des journaux vis-à-vis des revenus de la publicité du secteur public et d’autre facteurs limitent leur liberté de critiquer le Gouvernement, l’armée et l’élite politique et économique », détaille le document de l’Observatoire. Dans ce contexte, exit donc, le débat sur la décennie noire, les autorités algériennes refusant ainsi « de faire un travail de mémoire et de justice sur les événements de ce conflit ». Autre signe de durcissement, relevé par le rapport, l’adoption par l’APN en juin 2009 d’une « loi sur les règles particulières de prévention et de lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication ». Pour l’observatoire, cette loi qui prévoit des dispositions générales « laissent craindre » et présagent de la surveillance et de la répression des activités des défenseurs de droits de l’homme.

Liberté d’association mise à mal

En 2009, les autorités algériennes ont continué d’empêcher les organisations de défenses des droits de l’Homme d’obtenir une reconnaissance légale, s’inquiètent les auteurs du rapport. C’est le cas des associations de familles de disparus, à l’exemple de SOS disparu (e)s et de l’Association Michâal des enfants de disparus de Jijel, qui n’ont toujours pas réussir à obtenir une existence légale « et ce faute d’avoir reçu le récépissé des autorités locales », explique le document de l’Observatoire de 567 pages, dont une centaine est consacrée à l’Afrique sub-saharienne.

Interdiction des réunions pacifiques…

L’organisation des réunions sur les questions de droits de l’Homme est souvent l’objet d’entraves de la part des autorités algériennes, constate l’Observatoire pour qui ces interdictions violent « l’article 19 de la constitution qui garantie de liberté de réunion pacifique. » A ce titre, le rapport cite l’interdiction le 16 juillet 2009, par le gouvernement de la tenue d’un colloque portant sur « la mémoire des victimes pour la reconstruction d’une société », organisé dans la maison des syndicats Alger par une coalition d’associations victimes de « l’Etat et du terrorisme » et la Fédération Euro-miditéranenne contre les disparitions forcés (FEMED). Plus loin, on évoque aussi l’interdiction par le biais « d’une décision non motivée daté du 25 mai 2009 » d’un séminaire de formation pour les journalistes, organisé par la Ligue algérienne de défende des Droits de l’Homme, devant se tenir à Zéralda, à l’Ouest d’Alger. Cette même organisation avait, selon les conclusions dudit document, « reçu une notification écrite, lui interdisant de tenir une « rencontre nationale sur l’abolition de la peine de mort », prévue le 10 octobre. La réunion a eu finalement lieu, mais au siège de la LADDH, dans un espace très réduit.

Harcèlement judiciaire à l’encontre des journalistes

La liberté syndicale a continué de ne pas être assurée en 2009, les personnes qui tentent de mettre en place un syndicat étant soumises à de fortes pressions, note encore l’Observatoire. Le rapport relate dans le détaille les déboires du syndicaliste algérien Yacine Zaid, parti en croisade contre une multinationale, filiale du Groupe Compass. Licencié en 2007, ce syndicaliste a subi un harcèlement judiciaire sans précèdent « pour avoir créé une section syndicale pour défendre les intérêts des employés au sein de l’entreprise. » A lui seul, il traine 7 plaintes. Par ailleurs, plusieurs rassemblements pacifiques organisés par des syndicats autonomes ont été dispersés « parfois de façon brutale et les manifestants ont fait l’objet de poursuites judiciaires », rappelle l’Observatoire dans son document.

Actes d’intimidation à l’encontre des défenseurs des droits d’une minorité religieuse

Le rapport évoque aussi les tracasseries subies par Kamel Eddine Fekhar, militant de la LADDH. Ce dernier, en tentant de défendre les intérêts de sa communauté, les Mozabites, a subi un harcèlement judicaire. Il a été arrêté le 15 juin 2009, par des agents des services de sécurité de Ghardaïa et accusé à tort de « destruction de bien public et incendie volontaire sur fourgon de police », suite aux incidents qui ont secoué la ville de Berriane. Libéré 24 heurs plus tard, il a été place sous contrôle judiciaire. Selon l’observatoire, son arrestation serait dûe à « ses activités puisque il est l’un des initiateurs de l’appel à l’officialisation du rite Ibadite en Algérie."

Harcèlement à l’encontre des défenseurs qui dénoncent la corruption.

Durant la même année, plusieurs défenseurs ont été poursuivis en justice par les autorités pour avoir dénoncé les pratiques de la corruption, selon les conclusions de l’Observatoire, crée par la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme. Ainsi Hafnaoui Ghoul, responsable de la LADDH à Djelfa et journaliste au quotidien arabophone El Wassat, a été agressé à son domicile, la nuit du 6 au 7 janvier 2009. Pour l’Observatoire, cette « agression serait liée à ses activités de dénonciation de la corruption dans sa région ». En déposant une plainte contre X, aucune enquête n’a été ouverte, soutient le rapport, en précisant toutefois que ce militant a été condamné à deux mois de prison avec sursis et une lourde amende le 27 octobre par le tribunal de Djelfa dans des affaires l’opposant à « des entités du pouvoir local ». L’Observatoire cite, en outre, la condamnation de Hassan Bouras, militant de la LADDH et journaliste, pour diffamation à 3 mois de prison ferme assortie d’une amende de d’environ 5 000 euros, pour avoir divulgué dans un article publié sur la presse les actes de corruption de certains députés. D’autres journalistes, notamment des correspondants locaux, ont vécu des mésaventures identiques et ce pour avoir dénoncé des pentes locales.

DNA

leBloggers

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire