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mardi 10 août 2010

Une grève de la faim pour gagner son pain



De jeunes chômeurs ont entamé depuis le 3 août une grève de la faim à Hassi R’mel, dans le Sahara algérien. Ils dénoncent une politique de favoritisme dans l’accès à l’emploi.

C’est devant le siège de la commune de Hassi R’mel, dans la Wilaya de Laghouat que les protestations ont lieu depuis presqu'une semaine. Située en plein cœur du Sahara algérien, cette commune abrite le plus important gisement de gaz naturel de tout le continent africain. Pourtant, c’est contre la précarité de leur situation économique que les manifestants protestent. Entamé par une poignée de jeunes, le mouvement a pris de l’ampleur et a gagné le soutien de la population.


"Les travailleurs des autres régions bénéficient de pistons"

Youcef Boumidouna est le porte-parole du mouvement des grévistes.

Nous avons entamé notre grève de la faim le 3 août. La principale raison de notre mobilisation est le chômage. Hassi R’mel est riche en gaz naturel et pourtant nous ne sommes pas embauchés. Ce que nous dénonçons à travers cette grève et ce sit-in, c’est une politique de favoritisme : des travailleurs venus des autres régions du pays sont embauchés alors que nous vivons dans des conditions précaires.

Nous sommes tous des Algériens, nous n’alimentons aucune rancœur envers ces employés. Nous voulons juste que les promesses émises par le Président Bouteflika soient réalisées, à savoir donner la priorité de l’embauche aux jeunes travailleurs de la région. D’autant plus que les travailleurs venus d’ailleurs ne sont pas plus compétents que nous. Ils ont juste de meilleures "relations" qui leur permettent d’accéder aux faveurs des employeurs. En clair, c’est une affaire de "piston".

Nous sommes passés d’une dizaine de grévistes il y a quelques jours à trente-six aujourd’hui. Il faut dire que toute la population de Hassi R’mel s’est solidarisée avec nous. Ils ont même menacé de venir s’installer avec femmes et enfants devant le siège de la commune jusqu’à ce qu’on ait recouvert tous nos droits.

Ce passage à l’acte vient parachever tout un processus de vaines requêtes auprès des responsables locaux. Le Président de la commune tout comme le gouverneur sont actuellement en congés. Le maire nous a dit qu’il ne pouvait rien faire pour nous. Quant aux élus de notre localité, ils ne cessent de répéter que leur pouvoir est limité.

Le niveau d’éducation des grévistes varie, mais il y en a parmi nous qui sont diplômés de l’université et qui n’arrivent pourtant pas à trouver du travail. Ce que nous réclamons ce sont d’abord des postes de travail fixes. Nous appelons ensuite à ce que les autorités règlent le problème du logement, et enfin à constituer un comité indépendant pour enquêter sur la manière avec laquelle les embauches se font.

Nous espérons que les responsables sortiront bientôt de leur surdité, car la situation devient grave. Hier, cinq de nos camarades ont été hospitalisés et aujourd’hui un autre a été transporté d’urgence, son état est jugé inquiétant. Il aura fallu la médiatisation et la mobilisation de la population pour que les autorités se décident enfin à discuter avec nous : Nous avons une réunion avec quelques responsables dans les heures qui viennent.



leBloggers

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