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dimanche 8 août 2010

Le porte-parole des grévistes de la faim à Hassi R'mel au Temps d'Algérie : «Mardi, nous serons une cinquantaine devant le palais du gouvernement»


Ils étaient au nombre de 7 à observer une grève de la faim, campés devant le siège de la daïra de leur localité. Aujourd'hui, leur nombre s'élève à 38. Deux d'entre eux sont dans un état de santé critique.

Il s'agit de Messaoud Guesmia et de Nadji Bendjaballah, admis à l'hôpital de leur ville débordante de compagnies pétrolières.

Une commission leur a été dépêchée ce matin par les services de la wilaya de Laghouat pour essayer de les persuader de revenir à la raison, mais «les tentatives sont vouées à l'échec», nous déclare le porte-parole de ce groupe de jeunes contestataires soutenus par la totalité de la population locale, ce qui les pousse à intensifier leur action de protestation toujours pacifique.

«Mardi, nous serons une cinquantaine devant le palais du gouvernement», précise Chakib Harrat, qui ajoute : «On en a ras-le-bol des promesses verbales, nous voulons du concret.» Nos interlocuteurs maintiennent leur mouvement jusqu'à la satisfaction de toutes leurs revendications, dont l'accès à l'embauche, et conditionnent la fin de leur mouvement par une action des responsables.

Pour rappel, les jeunes grévistes dénoncent ce qu'ils ont qualifié d'«injustice et de régionalisme». En ce sens, Chakib explique : «Les demandeurs de travail natifs de la région demeurent confrontés à des mesures draconiennes, ce qui n'est pas le cas pour le reste des jeunes venus d'autres régions».

Soulignons qu'en dépit de leur colère dépassant les limites tolérées, les jeunes, agacés, préfèrent toujours contester pacifiquement leur mal-vivre sans pour autant penser à suivre la voie de certains qui ont eu recours aux pneus brûlés lors de simples coupures d'électricité survenues dans plusieurs coins du pays, rassurent-ils à l'unanimité. «Nous sommes des gens pacifiques et on le restera quoi qu'il arrive».

Par ailleurs, qualifier de régionalisme la venue de jeunes du nord du pays pour travailler dans le désert n'est-il pas lui-même du régionalisme ?

A notre question, le représentant de ces jeunes tient à préciser : «Hassi R'mel comme toute autre région du pays reste une propriété de tous les algériens sans aucune exception. Nous croyons savoir que la plus importante de nos revendications concerne aussi les gens du nord du pays.

Notre objectif principal est d'être traités au même titre que ces fortunés qui viennent d'ailleurs et qui bénéficient de nombre de facilités dont l'obtention des deux documents indispensables qui permettent d'avoir un emploi, en l'occurrence le certificat de résidence et le bulletin de travail délivré par l'ANEM, ce qui n'est à la portée que d'une minorité d'Algériens. Voilà ce qui nous dérange le plus.

On n'a rien à reprocher à nos frères des autres wilayas avec qui nous avons en partage les mêmes soucis. Notre action de contestation est contre le favoritisme qui profite à une minorité non qualifiée au détriment de la majorité écrasante des jeunes algériens, toutes régions confondues».

Et d'ajouter : «Le sud algérien pourra nourrir tout un continent. Ce que nous dénonçons fermement, nous l'avons affiché à maintes reprises, le clientélisme devenu la règle dans le secteur de l'emploi dans notre région, un phénomène que nous sommes déterminés à combattre quitte à mourir»,

tient à rappeler le porte-parole des grévistes de la faim lesquels réclament incessamment une commission ministérielle enquêtant sur ce qui se passe en termes d'embauche, non seulement à Hassi R'mel mais dans toutes les zones pétrolières du pays.

Karim Bahamma Le Temps d'Algérie

leBloggers

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