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lundi 9 août 2010

Favoritisme et absence de transparence dans l’affectation de l’emploi à Hassi-R’Mel Les chômeurs grévistes de la faim exigent une commission d’enquête


Les grévistes de la faim de Hassi-R’Mel entament leur septième jour. Ils étaient sept au début du déclenchement de leur grève de la faim, ils seront rejoint, aujourd’hui, par une trentaine d’autres jeunes chômeurs. Demain, mardi, ce mouvement pacifique sera renforcé par une centaine d’autres jeunes se trouvant dans la même situation. « En tout, nous serons 120 à 140 jeunes chômeurs grévistes de la faim à revendiquer une affectation d’emploi devant le siège de la daïra de Hassi-R’Mel », nous a déclaré hier au téléphone Chakib Harrat, porte-parole des protestataires. Affaibli par six jours de jeûne, le porte-voix des frondeurs souligne la détermination des grévistes de la faim à poursuivre leur mouvement de révolte « jusqu’à nouvel ordre ». Révoltés, ils le sont les désespérados de Hassi-R’Mel qui dénoncent le silence des autorités qui selon lui, « ne font rien pour débloquer la situation ». « À ce jour nous n’avons reçu aucune visite des élus locaux, ni même celle des députés ou sénateurs », a-t-il déploré, avançant que « les animateurs de la grève les ont avertis de l’imminence du déclenchement de la grève de la faim ». Il semble que les autorités de la ville ont d’autres chats à fouetter en ce moment pour pouvoir prêter une oreille attentive à ces jeunes damnés de la terre qui ne revendiquent que le droit inscrit dans la Constitution d’avoir du travail. « Nous sommes seuls », se lamente Chakib Harrat qui avoue qu’« une commission bidon, sans aucune prérogative a été envoyée par la wilaya de Laghouat ». Dénonçant la discrimination, le manque de transparence et bien d’autres maux dans l’affectation des postes d’emploi à Hassi-R’mel, le porte-parole des grévistes de la faim exige la venue dans cette ville gazière du pays, « d’une commission d’enquête ministérielle pour faire toute la lumière sur les dépassements commis par l’Anem (Agence nationale de l’emploi) ». Selon lui, seule une commission de cette nature est apte à faire ce travail.
«A ce stade, nous refusons le dialogue avec le wali de Laghouat » a-t-il souligné en n’excluant pas « la radicalisation » du mouvement de fronde, au dixième jour du déclenchement de la protesta. « Nous envisageons le déplacement de notre mouvement pour tenir un sit-in devant les portes du Palais du gouvernement à Alger, si les choses restent en l’état », a-t-il menacé. Il reste que la situation sanitaire des grévistes de la faim commence à se détériorer. « L’état de santé de certains est mauvais », a-t-il assuré, avançant que « deux grévistes dont l’état est jugé critique, ont été évacué à l’hôpital de la ville par nos propres moyens pour recevoir les premiers soins » Des soins qui ont pris du temps pour les recevoir en raison, dit-il « d’une seule bouteille d’oxygène opérationnelle à l’hôpital de Hassi-R’mel » .
Quatre autres grévistes de la faim présentent des signes d’extrême faiblesse, selon lui, et il craint qu’ils n’aillent rejoindre leurs collègue d’ici peu. Le mépris affiché par les autorités de la ville à l’égard du mouvement a fait réagir la société civile qui lui a exprimé son soutien et sa solidarité.
Il est prévu par cette catégorie de la population des actions de protestation pour contraindre les pouvoirs publics à être à son écoute.
Ainsi, ce qui était à l’origine un simple mouvement de protestation pacifique pourrait déborder dans les prochains jours en raison du refus des autorités d’entamer un dialogue avec les jeunes chômeurs. Après, les autorités auront le beau rôle d’accuser les jeunes chômeurs de tous les péchés du monde.

Par S.B. Midi Libre
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