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samedi 31 juillet 2010

Les politiques économiques suivies se sont avérées inopérantes : Le chômage de longue durée s’installe


Si l’on devait établir un portrait social du chômeur algérien, il aurait la vingtaine, célibataire, cherchant un emploi depuis plus d’un an, ayant déjà exercé des petits métiers et habitant les grandes villes. C’est du moins ce qui ressort de l’enquête sur l’emploi réalisée par l’Office national des statistiques (ONS) au dernier semestre 2009. Près de deux chômeurs sur trois ont déclaré chercher un emploi depuis un an ou plus (66,2% d’hommes et 59,8% de femmes). Cela renvoie, selon l’organisme des statistiques, à la persistance du « chômage structurel ». La période stressante de la recherche d’emploi varie selon l’âge et le niveau d’instruction.



La durée du chômage, pour ceux ayant la vingtaine, varie de 7 à 12 mois. Les 20-24 ans attendent entre 25 et 36 mois. Les chômeurs sans instruction aucune, retrouvent un emploi au bout de six mois. Les personnes sans emploi, ayant le niveau moyen, restent parfois jusqu’à 49 mois et plus sans emploi.

Les licenciés plus touchés par le phénomène

Il est à relever que le chômage des hommes touche particulièrement les universitaires (11,5%) et ceux qui ont atteint le cycle moyen (10,5%). Le chômage frapperait ainsi beaucoup plus les 16-19 ans alors que près de 20% des 20-24 ans et 16% des 25-29 ans sont en quête d’un emploi. Il existe ainsi, selon les chiffres de l’ONS, 793 000 chômeurs dans les villes et 278 000 dans les campagnes. Pour ce qui est des démarches entreprises par les demandeurs d’emploi, il semblerait que 72% des chômeurs, en milieu urbain, comptent sur les relations personnelles et plus de 63% ont contacté les entreprises. Les 20-29 ans s’adressent généralement aux bureaux de main-d’œuvre. Chez les femmes, souligne l’ONS, le taux de chômage augmente au fur et à mesure que s’élève le niveau d’instruction, passant de 5,7% chez celles qui n’ont jamais été scolarisées pour atteindre 16% chez celles ayant un niveau moyen ou secondaire et 28% des universitaires. La part des chômeurs ayant déjà occupé un poste d’emploi est constituée en majorité des 25 et 29 ans habitant en milieu rural. Les personnes ayant perdu leur emploi occupaient, pour la majorité, des postes non permanents, 1,7% étaient à la tête d’une entreprise et 8% avaient le statut de salariés permanents. Les secteurs d’activité des personnes licenciés sont le reflet de la politique économique algérienne. Les plus touchés par les pertes d’emploi sont les personnels de services directs aux particuliers, commerçants et vendeurs (21,5%), les professions élémentaires (21,8%) ainsi que les métiers qualifiés de l’industrie et de l’artisanat (16,5%).

782 000 chômeurs « découragés »

L’enquête de l’ONS révèle ainsi que 6,3% des chômeurs ont perdu un emploi dans le secteur de l’agriculture, 15,9% (dont 12 000 employés du secteur public) ont été licenciés de l’industrie, 21,2% se sont retrouvés chômeurs après avoir œuvré dans le bâtiment et les travaux publics et 56,6%, dont une part non négligeable de 79% du secteur public, ont été renvoyés de la filière du commerce et des services. Les employeurs et les indépendants qui se retrouvent aujourd’hui au chômage ont exercé, pour la plupart, dans le commerce et les services. Les raisons principales de la perte d’emploi, ces cinq dernières années, sont liés à la fin du contrat (30,2%), aux départs volontaires ou démissions (16,2%) ainsi qu’aux licenciements individuels ou collectifs (10,6%). L’écrasante majorité des chômeurs algériens semble motivée et prête à travailler quelles que soient les contraintes : 85% d’entre eux se disent prêts à retrousser les manches y compris pour un travail inférieur à leurs aptitudes professionnelles, 69% accepteraient un travail mal rémunéré et 71,6% consentiraient à aller dans une autre wilaya.

L’infime partie des personnes « découragées » est constituée de jeunes entre 16 et 34 ans ayant le niveau moyen et résidant en ville. Pas moins de 782 000 personnes, en âge d’activité économique (16-59 ans), ont déclaré ne pas avoir effectué des démarches pour chercher un emploi car elles estiment ne pas avoir une formation adéquate ou une expérience professionnelle et 530 000 personnes évoquent comme raison de non-recherche effective de travail le fait de ne pas avoir réussi à trouver par le passé. Ainsi, 1 312 000 personnes en âge d’activité économique (382 000 hommes et 930 000 femmes) qui se situent dans ce que les chercheurs de l’ONS appellent le « halo du chômage ». « Cette catégorie de population, révèle l’enquête, retirée du marché de travail, est caractérisée par sa jeunesse : 48,2% n’ont pas atteint 25 ans et 84% sont âgés de moins de 35 ans. »



Par Amel B. ELWATAN

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