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vendredi 19 mars 2010

An 1 de l’Appel du 19 mars, vers un Front pour le Changement !


« Nous, Algériennes et Algériens, signataires du présent appel, avons décidé de prendre nos responsabilités devant notre Nation et devant l’Histoire, pour en appeler à la mobilisation permanente du peuple algérien contre le pouvoir politique illégitime en place et d’œuvrer à l’instauration d’un Etat de Droit tel que défini par la déclaration historique du premier novembre 1954. »

Ainsi commence l’appel lancé le 19 mars 2009 par un groupe d’intellectuel(le)s algérien(ne)s qui décidèrent de sortir de la léthargie dans laquelle se complaisait l’élite de notre pays. Faisant écho à la Déclaration du 1er novembre 1954, cet appel se voulait une rupture radicale avec le climat de résignation qui règne dans la société algérienne. Faisant une analyse claire et sans complaisance de la nature du pouvoir qui dirige le pays depuis l’indépendance – une succession de groupes et de clans, un même système illégitime et antipopulaire – le texte se veut un refus de la politique de compromission menée par la plupart des partis d’opposition et un appel à la mobilisation permanente des Algériennes et Algériens sincères pour mener une lutte contre le pouvoir illégitime par des « moyens exclusivement politiques pacifiques et démocratiques ».

Le texte de l’Appel constitue sans conteste une référence que chaque intervenant sur LQA devrait lire et méditer afin de progresser dans la voie du changement pacifique. Enonçant clairement les valeurs et principes démocratiques autour desquels toutes les véritables forces patriotiques sont appelées à se rassembler, il définit les moyens de lutte contre le pouvoir illégitime et fait des propositions concrètes de sortie de crise, dont le terme ultime serait l’élection d’une Assemblée Nationale Constituante, première étape dans l’édification d’une Algérie nouvelle, fraternelle et prospère, celle de l’Etat de droit.

Les adhérents à l’Appel ont foi en les capacités du peuple algérien à prendre sa destinée en main. Ils savent, cependant, qu’un long et patient travail d’éveil des consciences, de mobilisation et d’éducation doit être mené par les élites saines et éclairées pour parvenir au but tant désiré : la souveraineté du peuple, à travers l’Etat de droit. Chaque Algérienne, chaque Algérien se doit de vaincre la peur qui l’habite et le paralyse et l’égoïsme qui l’empêche de voir l’intérêt de la communauté avant le sien propre afin de se réapproprier ses droits inaliénables. La sensibilisation et la mobilisation aussi larges que possible de l’opinion publique nationale et internationale et la diffusion de « nos idées, de nos propositions et de nos revendications pour l’avènement de la Dignité et du changement dans notre pays » sont les moyens jugés les plus appropriés pour atteindre les objectifs visés.

En cette date anniversaire, et dans le but d’évaluer le chemin parcouru et donner une nouvelle impulsion à notre dynamique, il nous a paru important de faire un premier bilan de notre action.

Il est clair que sans un large rassemblement des forces patriotiques autour d’une plateforme d’action commune, dont l’Appel du 19 mars se veut la première pierre, aucune action militante efficace ayant pour but le changement radical et pacifique du système politique dans notre pays ne pourra être entreprise. Les 18 années vécues par notre pays dans un climat de violences politiques inouïes, ont profondément marqué la société et créé de larges fractures que le pouvoir en place, à travers sa police politique notamment, a contribué à susciter et à renforcer, obéissant en cela au vieil adage appliqué par tous les pouvoirs tyranniques : diviser pour régner. Dépasser les divisions pour aboutir à un large consensus autour d’un même objectif – la mise en place d’un Etat de droit – est une nécessité impérative, vitale même. C’est dans ce but que la coordination de l’Appel a jugé de la plus haute importance la mise en place d’un organe d’information sur Internet faisant également office de forum permanent où les patriotes désireux d’œuvrer pour le changement puissent s’informer et se rencontrer pour débattre et faire des propositions concrètes, en toute démocratie et dans un climat serein et fraternel.

La naissance du Quotidien d’Algérie (LQA) a constitué de ce fait une étape essentielle dans la mise en œuvre du programme d’action de l’Appel. En quelques mois, une communauté d’Algériennes et d’Algériens, vivant au pays ou à l’étranger, unis par un même idéal, celui du changement pacifique pour une Algérie libre et démocratique, s’est constituée. Petit à petit, dépassant le langage de l’insulte et de l’exclusion que l’on retrouve malheureusement dans de nombreux forums similaires, faisant l’apprentissage concret de la démocratie véritable, celle de l’écoute de l’autre et de l’échange d’idées dans la sérénité et le respect mutuel, les intervenant(e)s sur LQA ont contribué par leurs articles et leurs nombreux commentaires d’un niveau élevé à constituer un vaste corpus d’idées représentatif de tous les courants et sensibilités qui traversent la société algérienne.

Parmi les sujets traités, les plus importants sont :

- Les voies et moyens du changement pacifique : En proclamant que « Nos moyens de lutte contre ce pouvoir illégitime seront exclusivement politiques, pacifiques et démocratiques. », l’Appel du 19 Mars 2009 s’est formellement inscrit dans une stratégie de non-violence, en tant que moyen de lutte pour un changement pacifique du système politique autoritaire, illégitime et corrompu en place dans notre pays, depuis son accession à l’Indépendance en 1962.

Un tel positionnement est la conséquence logique de l’idéal-même que nous poursuivons, à savoir, l’instauration en Algérie, d’Institutions politiques réellement et authentiquement démocratiques issues de la seule volonté souveraine du Peuple algérien, exprimée à travers le suffrage universel et entérinant formellement la séparation des pouvoirs, Législatif, Exécutif et Judiciaire.

Nous sommes fiers de faire le constat ici, qu’en à peine une année, la parole des citoyens algériens s’est largement affranchie et libérée de la peur et que de nombreuses initiatives citoyennes similaires aux nôtres ont vu le jour, amplifiant ainsi la contestation citoyenne partout à travers l’ensemble du territoire national, grâce à l’addition de nos moyens d’expression, si modestes soient-ils, en particulier grâce à ce merveilleux outil et support médiatique de l’expression, qu’est le réseau d’Internet.

Sur le front de la lutte des travailleurs pour la défense de leurs droits sociaux, tous secteurs confondus, mais en particulier dans le secteur public, comme par exemple dans la branche de l’Education nationale ou celle de la Santé, nous avons assisté ces derniers mois à des actions courageuses des syndicats autonomes dont le succès des grèves a réellement ébranlé l’arrogance des Administrations concernées et jeté le discrédit sur le syndicat organique et corrompu, aux ordres du pouvoir.

Ce sont autant de formes de lutte que nous soutenons pour affirmer sa pleine citoyenneté et arracher ses droits légitimes.

La contestation citoyenne d’un régime, moralement et matériellement corrompu, pour sa gestion catastrophique du pays, doit s’élargir aujourd’hui à d’autres secteurs et comme l’a précisé la majorité des intervenants, de manière pacifique.

De nombreux compatriotes ont insisté sur la désobéissance civile, comme moyen de résistance au pouvoir en place, dans une seconde étape.

L’institution militaire : a fait l’objet d’un large débat. Considérée comme la détentrice du véritable pouvoir depuis l’indépendance, elle constitue avec la police politique (DRS), la colonne vertébrale du système politique algérien. Il ressort de ces débats qu’aujourd’hui et après la douloureuse expérience des années passées, il devient urgent de réconcilier notre armée avec son peuple qui est l’essence même de son existence et que l’institution doit-être comme toutes les autres institutions de la République sous l’autorité politique légitime. Réparer la relation armée-citoyens passe d’abord par la croyance et la certitude de servir avant tout l’Algérie et son peuple. En aucun cas l’institution ne doit servir comme bouclier à une quelconque oligarchie ou clan, car la manière la plus sûre de préserver l’institution militaire est de lui éviter l’ingérence dans les luttes claniques ou politiciennes.

Tout comme la question des « services » a été longuement évoquée. Il en ressort des discussions que ces services de renseignement ont toujours joué le rôle de police politique, infiltrant toutes les structures politiques, économiques, sociales et administratives. Sa dissolution et son remplacement par des services de renseignement efficients, comme dans tous les Etats de droit, au service de la stabilité du pays et de la sécurité des citoyens, dans le strict respect de ses attributions et missions définies par les lois de la République est une nécessité.

L’opposition : Peut-on parler d’opposition dans un pays où tout est verrouillé ? Des discussions ont eu lieu sur le site à ce propos et l’impression générale qui s’en dégage est que cette opposition telle qu’elle existe, soit se confond avec le pouvoir, lui est acquise et sert de façade démocratique, soit est totalement muselée, bien que de temps en temps des voix s’élèvent ça et là et sont laissées s’exprimer pour ancrer l’idée qu’il y a une réelle opposition dans le pays.

L’opposition véritable est celle qui infléchit les décisions du pouvoir et l’amène à reconsidérer, sous la pression, ses décisions. Elle constitue un réel contre-pouvoir qui s’exerce par le biais de la mobilisation populaire. Tous font le même constat hélas ! Aucune opposition ne peut se targuer de ces prouesses. Et pour reprendre un compatriote, la véritable opposition est à construire ou à reconstruire.

- Les langues et l’identité nationales : Se situant bien loin des clivages artificiels habituels, notre Appel revendique une identité raisonnée et solidement ancrée dans notre Histoire et notre culture, dans le respect de la diversité qui constitue une véritable richesse pour notre Nation.

Cette question a fait l’objet d’un large et chaud débat, avec parfois des excès. Le déni identitaire et l’instrumentalisation des fondements de notre Algérianité par le pouvoir illégitime ont, dans un premier temps, provoqué une réaction populaire légitime. Cette réaction a été à son tour instrumentalisée pour diviser les Algériens et créer des extrémismes violents. La majorité des intervenants se reconnait cependant dans son Algérianité pleine et indissociable, forgée par l’Histoire qui a résisté à la politique destructrice coloniale et qui résistera aux extrémismes minoritaires de tous bords.

Il en ressort que le renforcement de notre identité nationale, dans le cadre d’une lutte démocratique orientée vers le rétablissement de l’ordre citoyen, passe nécessairement par la conjugaison de toutes nos valeurs civilisationnelles, culturelles, religieuses, intellectuelles et politiques, avec notre sincère volonté d’instaurer un contrat social qui puise sa force dans la sagesse de l’union dans la différence et la diversité et un Etat qui fonde sa légitimité sur les choix authentiques du peuple. Pour mettre fin aux extrémismes au nom desquels se font ébranler jusque les fondements de la nation algérienne, le peuple algérien est tenu de récuser toutes les formes de crispation, notamment linguistiques et religieuses.

- La démocratie en rapport avec nos valeurs civilisationnelles : La question de la démocratie et des valeurs qui la fondent par rapport à notre héritage culturel et nos traditions a reçu un traitement étendu, sous forme d’articles et à travers de nombreux commentaires. L’Etat de droit, en tant que cadre d’expression de la souveraineté du peuple et garant des libertés individuelles, est considéré par tous les intervenants comme la seule alternative à même de sortir le pays du marasme qu’il connaît depuis plusieurs décennies. La compatibilité de la démocratie avec les valeurs islamiques a été clairement soulignée, de même que la nécessité de garantir les libertés d’opinion et de conscience. Les débats ont cependant montré que la laïcité reste un sujet controversé : entre les partisans d’une stricte séparation du champ politique et du champ religieux et ceux qui pensent que nos lois doivent être basées sur les principes islamiques, le débat a souvent été passionné et une plus grande clarification des thèses défendues par les uns et les autres est nécessaire afin de concilier les positions et élargir le consensus sur cette question.

- Le rôle des intellectuels

Cette question a été de tous les débats sur LQA montrant ainsi que les intellectuels sont la pierre angulaire de l’évolution d’une société. Or, en Algérie, ils semblent avoir renoncé à leur rôle laissant leur peuple dans le désarroi. « Le monde est dangereux à vivre! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal (généralement c’est une infime minorité), mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire (et Dieu sait qu’ils sont nombreux) ».

La logique de cette citation du célèbre savant Albert Einstein convient fort bien pour expliquer les déboires de l’Algérie tant il est vrai que la culpabilité évidente du pouvoir n’exclut nullement la responsabilité de la société algérienne, principalement sa frange savante « intellectuelle » ou « intelligentsia » peu importe le terme, du moment qu’il renvoie à celles et ceux qui sont sensés être à la fois sa conscience et son vivier. Oui, le pouvoir algérien est corrompu, oppressif, illégitime, assassin, etc., etc. Cela fait des années que de nombreuses voix le dénoncent et des doigts accusateurs sont pointés dans sa direction. L’ont-ils fait fléchir d’un iota? Ont-ils changé quelque chose à la condition misérable de notre peuple? Pour toute réponse, nous avons la situation exécrable des citoyens et l’image insultante qu’offre notre pays au reste du monde. Voyons les choses en face et demandons-nous à quel point nous en sommes responsables, ne serait-ce que d’avoir laissé faire ce pouvoir, qui non seulement a dépouillé les Algériens de leurs richesses, leurs valeurs et leur fierté, mais a aussi mis en péril l’avenir du pays et des générations futures.

Aujourd’hui, rien qu’à lire la presse sur la perversion en tous genres, on voit que le seuil de l’intolérable a été atteint et nul n’a le droit de fermer les yeux et de se taire. Les initiateurs de L’Appel du 19 mars ont brisé ce silence suicidaire, il y a exactement un an. Et un des objectifs de cet Appel est de rejoindre les « intellectuels algériens » où qu’ils se trouvent afin de les inciter à l’action pour le changement démocratique. S’il y a un bilan à faire un an après l’Appel sur cette question, et bien qu’il soit positif, il n’est pas satisfaisant pour autant. Celles et ceux qui ont adopté l’Appel et travaillé à son enrichissement ou à le faire connaître aurait souhaité qu’un nombre plus important de nos « intellectuels » sortent de leur silence et s’impliquent dans l’action politique pour accélérer la fin du régime de la dévastation de l’Algérie.

Cela dit, en une année d’existence et en dépit des énormes obstacles que rencontre la coordination en Algérie, l’Appel du 19 mars a réuni de nombreux Algériens dont les échanges et les contributions ont enrichi les débats faisant de LQA une tribune des plus engagées pour le changement démocratique en Algérie. Vivement les prochaines étapes qui verront se matérialiser le rassemblement de toutes les forces agissantes dans notre pays pour donner vie au Front du changement National.

Sur tous les sujets qui précèdent, ainsi que sur de nombreux autres thèmes qui ne peuvent être évoqués, faute de place, nous pouvons affirmer qu’un progrès sensible a été réalisé dans le rapprochement des positions des uns et des autres, à travers des débats francs et sincères d’où la langue de bois était bannie et où les seules limites imposées étaient celles de la courtoisie et de la bienséance.

En plus du travail de sensibilisation et de mobilisation des forces patriotiques autour de l’objectif du changement, LQA a également fait un effort continu d’information sur la vie quotidienne du pays, qui s’est caractérisée, notamment, par :

L’intensification du mouvement populaire : grèves dans les secteurs économiques, de l’éducation et de la santé ; soulèvements des populations des quartiers défavorisés d’Alger et dans d’autres villes contre la hogra, le mépris et l’injustice.

Dans un quotidien fait de paupérisation, de chômage, d’exclusion et de provocations, et à défaut de faire partie du lot des harragas, des milliers de jeunes et de moins jeunes se révoltent et se construisent une identité par « le pneu brûlé », un schéma que nous retrouvons y compris chez les étudiants et qui est devenu par la force des choses le seul moyen par lequel s’exprime ce peuple, toutes régions confondues, et toutes catégories confondues, et ce, face à un pouvoir qui détient tous les moyens d’expression et qui reste extra national dans ses visions et ses démarches et anti national dans sa nature. Qu’il s’agisse d’attributions de logements arbitraires, de coupures d’eau intolérables, d’absence de transport, de résultats de concours truqués ou de toute autre situation d’injustice flagrante subie par une population qui n’a rien pour se défendre, les émeutes restent le seul moyen d’expression de ceux qui n’ont ni syndicat ni représentant ni président pour les écouter encore moins les défendre. Le pouvoir est absent de la vie citoyenne, il ne s’exprime que pour réprimer et n’apparaît fortement que via ses troupes anti-émeutes.

Nous remarquons d’ailleurs que souvent lorsque tout un quartier se soulève, comme ce fût le cas à Diar Echems, tout le monde fédère et participe au soulèvement et à l’émeute, dans un mouvement vécu comme une révolte et un début de libération, même les femmes s’associent. C’est une première qui démontre bien que nous sommes en présence d’un véritable mouvement social.

L’aggravation de la crise et de la lutte des clans au sommet de l’Etat et l’apparition au grand jour de graves affaires de corruption et de malversations ayant touché tous les secteurs d’activité, en particulier – fait d’une grande gravité pour la survie du pays – Sonatrach.

La dénonciation des atteintes aux droits de l’Homme en général et à ceux des travailleuses et travailleurs en particulier a également constitué un axe majeur dans l’effort mené par la coordination de l’Appel. Citons en particulier :

- La lutte du Dr Fekhar : Militant des droits de l’homme de terrain, il sera la cible d’une vaste répression depuis l’année 2004. Emprisonné durant cinq mois après son arrestation le 1er novembre 2004, il fera l’objet de plusieurs procès iniques de la part d’une justice instrumentalisée. Il sera à nouveau arrêté le 15 juin 2009 et gardé à vue au commissariat central de Ghardaïa où il observera immédiatement une grève de la faim. Une odieuse cabale juridico-policière sera montée contre lui. Un vaste élan populaire entrainera sa libération. Il fera l’objet d’un nouveau procès en appel en décembre 2009 où il sera acquitté ainsi que ses compagnons, après que le collectif d’avocats aura démontré et démonté la grossière machination dont ils avaient fait l’objet. Un représentant de la coordination de l’Appel du 19 mars était présent au procès pour soutenir les victimes de l’arbitraire et la population de Ghardaïa, mobilisée pour cette cause juste. C’est sans conteste une grande victoire et la démonstration de la capacité de la mobilisation populaire à faire reculer les forces de l’oppression.

- L’affaire du jeune Mohamed Baba Nadjar de Ghardaïa, condamné à mort puis à perpétuité pour l’assassinat d’un citoyen de la ville, crime qu’il nie de toutes ses forces : Un comité de soutien international a été mis en place pour sensibiliser l’opinion publique sur le cas de cet innocent qui croupit en prison pour un crime qu’il n’a pas commis. Les signataires de l’Appel font partie de ce comité de soutien et le coordinateur a assisté à ses deux procès (Ghardaïa 3 janvier 2009 et Médéa 27 mai 2009).

- L’action du frère Yacine Zaïd : employé de la société Eurest, filiale de la multinationale Compass de Hassi Messaoud, il sera licencié pour avoir créé une section syndicale au sein de cette société en 2006 pour défendre les intérêts des travailleurs. Il sera non seulement licencié mais poursuivi en justice pour « diffamation ». En réalité il avait porté sur le web son cas et où il avait dénoncé les conditions de travail et d’hébergement des travailleurs de cette société. Il en est à près de 30 comparutions au niveau des tribunaux de Laghouat et de Hassi Messaoud. Ce courageux jeune syndicaliste a eu le mérite de lever le voile sur les conditions désastreuses des travailleurs du Sud. Les syndicats autonomes algériens et de nombreux syndicats étrangers lui ont apporté leur soutien.

- La grève de la faim de notre courageuse sœur Meriem Mehdi : cette compatriote de 42 ans, originaire de Béjaïa et exerçant au sein de la multinationale British Gas de Hassi Messaoud comme coordinatrice d’administration et des opérations, avait été arbitrairement licenciée par cette dernière le 08 novembre 2009. Ayant épuisé toutes les procédures et devant le silence d’une administration censée défendre ses droits, elle optera pour une grève de la faim illimitée, pour porter sur la place publique son problème. Elle sera soutenue par de nombreux syndicats autonomes en Algérie et par des syndicats étrangers, tout comme par des journalistes et des militants des droits de l’homme. Là aussi, des membres de la coordination de l’Appel lui rendront visite régulièrement pour lui apporter leur soutien. Après plus de deux mois de grève de la faim et de nombreux problèmes de santé, elle finira par arracher ses droits. Son combat avait permis de dévoiler l’exploitation des travailleurs par certaines multinationales qui occupent notre Eldorado saharien.

- L’affaire du vaccin contre la grippe porcine : Cette affaire, qui dénonce à priori des organismes internationaux tels que l’OMS et les commissions de pharmacovigilances (formés de scientifiques reconnus), en mettant en évidence les conflits d’intérêts flagrants de scientifiques entretenus et payés par l’industrie pharmaceutique, nous interpelle d’abord et une fois de plus sur la nature du pouvoir illégitime corrompu et incompétent en Algérie, un pouvoir qui a continué à gérer un problème de santé publique par la logique des containers, allant jusqu’à révoquer les responsables qui ont refusé de signer des certificats de mise en circulation du vaccin, un pouvoir en quête de légitimité qui est prêt à être le meilleur défenseur de toute la mafia internationale du médicament et tout ce qui peut générer le profit, l’argent facile et la fuite des capitaux en devises, un pouvoir qui contrôle la parole et la pensée y compris de son élite pseudo scientifique qui aurait pu, pour une fois, s’exprimer ne serait-ce que sur l’aspect technique de la question.

- Le rappel de la responsabilité du pouvoir et des groupes armés dans les assassinats, les massacres, les cas de torture et de disparition, durant les années de sang et de larmes, ainsi que l’instrumentalisation du « terrorisme » d’une façon générale. Dans les débats, il a été maintes fois rappelé l’attachement au devoir de vérité et de justice sans concession. Tout comme il a été affirmé le souhait de voir l’Etat de Droit de l’Algérie de demain mettre en œuvre en toute sérénité et loin de tout esprit de vengeance les mécanismes nécessaires pour faire éclater la vérité et mettre fin à l’impunité.

Les intervenants sur LQA ont aussi dénoncé la dite « charte de réconciliation nationale ». Cette loi est considérée par beaucoup comme un sacrilège, ayant servi de monnaie de change pour la pérennité d’un système qui s’est engagé à protéger et à couvrir les auteurs de crimes contre l’humanité.

Parmi les actions concrètes menées par le collectif de l’Appel du 19 mars, il faut également citer deux initiatives d’une grande portée politique :

- L’appel lancé par le Dr S.E. Sidhoum pour la constitution, en Algérie et à l’étranger, de comités qui auraient pour mission de réunir des données et des informations sur les fortunes constituées par les barons du régime grâce au pillage de l’économie nationale et d’envisager des actions judiciaires appropriées. Lire davantage

- La lettre ouverte adressée au chef de l’Etat par notre frère Abdelkader Dehbi. Lire davantage

La communauté qui s’est constituée autour de la coordination et de son organe d’information, LQA doit aujourd’hui passer à une étape supérieure dans l’action en :

- exprimant et assumant clairement et consciemment son adhésion à l’Appel du 19 mars, ses principes, ses moyens d’action et ses buts. Leur enrichissement n’étant pas exclu. Des compatriotes ont émis le vœu de se constituer en comités de réflexion et d’action en Algérie et en exil. De nombreux étudiants se sont portés volontaires. Certains comités ont déjà vu le jour. Ils se proposent de sensibiliser et d’organiser les citoyens autour des idées de l’Appel, constituant le relais de la coordination avec la base populaire.

- s’organisant, afin d’élargir le champ d’action et faire la jonction avec les autres forces vives qui œuvrent pour le changement pacifique et en intensifiant l’effort de communication en direction du peuple Algérien. Pour cela elle doit œuvrer :

* A la réalisation du compromis ou accord politique historique, véritable charte éthique acceptée et respectée par tous. Pour cela des contacts ont été entrepris avec toutes les volontés engagées pour discuter de ce projet.
* Au rassemblement de toutes ces volontés sincères au sein d’un Front du Changement National, un Front dont le but unique est le changement du système politique et l’instauration d’un Etat de Droit.

Conclusion :

Notre objectif est clair : sortir du système mis en place par ceux qui ont pris le pouvoir en 62 et qui ont dénié au peuple le droit de s’exprimer et de prendre sa destinée en main. Libérer le pays de la domination de cette oligarchie militaro-financière – qui a su s’adapter à toutes les situations depuis 62 – et redonner la parole au peuple dans toute sa diversité. Surtout ne pas refaire les mêmes erreurs.

Après 47 ans de gâchis national qui a abouti à une faillite sanglante, le peuple algérien aspire à un véritable changement et une rupture radicale avec les méthodes du passé. Un changement pour instaurer un Etat de Droit dans une Algérie de Justice, de liberté et de démocratie. Une Algérie ancrée dans ses valeurs civilisationnelles, qui reconnaitra tous ses enfants, sans exclusion aucune. Une Algérie qui permettra à l’intelligence de s’épanouir, au travailleur de prospérer et qui protégera les plus faibles en leur assurant le minimum vital. Une Algérie où chacun s’y sentira digne et fier, et travaillera avec ardeur pour améliorer sa situation et, par delà, celle de sa patrie.

Que toutes les volontés sincères, ici en Algérie et dans notre chère diaspora, s’organisent. Que nos élites se réveillent et œuvrent à ce compromis ou accord politique historique et se rassemblent au sein du Front du Changement National en vue de la pleine réalisation des vœux de la Nation !

Que la jonction entre les élites résolues et engagées et le peuple, avec à sa tête les couches les mieux organisées et les plus conscientes (syndicats autonomes et étudiants), se réalise pour faire aboutir cette dynamique populaire pacifique du changement.

Engageons-nous résolument et avec confiance :

- A restaurer l’espoir de chacun, en particulier la jeunesse, à reconstruire un Etat démocratique dans lequel tous les Algériens se sentent réellement des citoyens à part entière, dans leur propre pays ; afin que le pouvoir soit de nouveau l’émanation du peuple, dans un climat social de libre adhésion à la volonté populaire et de réelle égalité devant la loi.

- A rompre avec l’éternel retour des traumatismes des situations d’exceptions en s’extirpant de l’esprit de l’état d’urgence décidé par l’administration coloniale en avril 1955, et qui fait office de dogme politique jusqu’à nos jours. A la logique de continuité et d’extension de la dynamique coloniale doit succéder la volonté de valoriser le potentiel de nos ressources tant sur le plan individuel que collectif.

- A faire renaître en chaque Algérienne et Algérien le sentiment d’appartenance à une communauté fraternelle, solidaire et indivisible, où chaque citoyen(ne) œuvre librement pour le bien commun.

- A promouvoir un état d’esprit libéré du défaitisme et à combattre fermement toutes les dérives qui sont imposées à la jeunesse, en l’accompagnant et en la canalisant afin de lui permettre de choisir ses propres voies.

Conjuguons nos efforts pour mettre fin à la dérive de notre Algérie et faisons en sorte que cette dynamique du changement démocratique soit la préoccupation de toutes et de tous.

Tout commence aujourd’hui….pour l’Algérie de demain.

Coordination de l’Appel du 19 mars 2009

Alger le 19 mars 2010 LQAleBloggers

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