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lundi 1 février 2010

Sit-in demain devant le ministère de l'Energie Meriem Mehdi «est mourante»


Aujourd'hui, Meriem Mehdi entame son 54e jour de grève de la faim.

L’action de Mme Mehdi continue d’être «prise à la légère par son employeur British Gas». «Une réaction qui renseigne sur le caractère inhumain de cette firme internationale» se désole une militante, membre de la Commission de soutien aux travailleurs algériens. Lors d’un point de presse animé hier à la Maison des libertés à Alger, les membres de cette Commission affirment que «Meriem Mehdi est mourante». «Elle a arrêté de prendre ses médicaments, depuis trois jours, les médecins n’arrivent pas à la convaincre de cesser son action pourtant son état de santé est précaire» révèle des militants. La gréviste de la faim ne veut pas faire marche arrière, d’autant que «la British Gas a signifié, il y a trois jours, son refus de réintégrer Meriem dans son poste de travail» ont souligné les conférenciers. Ultime tentative de faire avancer les choses et tenter de sauver la vie de Meriem, des membres de la Commission observeront demain un sit-in devant le ministère de l’Energie et des Mines. Les promesses du ministre du Travail Tayeb Louh de régler le problème n’ont pas été tenues. Et pour preuve, le dossier ne connaît aucun avancement et «le département chargé de rendre justice à Meriem Mehdi semble oublier que l’on est en bataille contre le temps» s’indigne Yacine Zaid, membre de la commission. Pour la énième fois, il met les autorités publiques devant leurs responsabilités. Il assure que «si les responsables croient pousser Mme Mehdi au renoncement ou à la mort pour éviter de créer un précèdent, ils se trompent», ajoutant «de plus en plus de travailleurs au sud du pays sont sensibles au combat de la gréviste et comptent ne pas plier devant le diktat de leurs employeurs». Des sociétés étrangères continuent d’humilier, insulter et déshonorer des citoyens, souvent pères de famille algériens, des centaines d’entre eux ont été licenciés abusivement, ceux qui sont toujours en poste évoluent dans des conditions inhumaines, raconte M. Zaid. Et pour cause, ces firmes étrangères, au mépris de la loi algérienne, s’opposent et ne reconnaissent pas les sections syndicales créées dans le but de défendre les intérêts des travailleurs. Les hautes autorités du pays font semblant d’ignorer ces pratiques, «dans le but d’éviter tout risque de mouvement de protestation notamment au Sud» estime un conférencier. Les multinationales profitent également de la permissivité de la législation algérienne pour congédier impunément les travailleurs. «Ils savent bien que les procédures sont longues, une affaire de licenciement abusif prend jusqu’à 5 années quand elle est portée devant la justice» regrettent les animateurs de la conférence de presse. C’est pourquoi Meriem Mehdi ne «veut pas aller en justice» et c’est la raison pour laquelle «des travailleurs algériens préfèrent se taire quand ils sont victimes d’injustice de la part de firmes étrangères», dont la devise n’est autre que «gagner plus». Même les inspecteurs du travail «ne sont pas épargnés par les responsables des sociétés étrangères» révèlent des membres de la commission de soutien aux travailleurs algériens qui indiquent avoir informé Tayeb Louh de ces agissements, lors d’une réunion tenue il y a quelques semaines. Cependant, la priorité actuellement est Meriem Mehdi qui risque de perdre la vie à tout moment dans l’indifférence la plus totale des autorités publiques.


Par Aomar F. Le jour d'Algérie

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