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jeudi 4 février 2010

Les multinationales font leur loi en Algérie, l'Etat abandonne Meriem Mehdi


« Nous n’avons pas de prise sur les multinationales. Les multinationales sont libre de faire ce qu’elles veulent » déclaration des plus graves de l’inspecteur général de l’énergie et des mines, cet après-midi au siège du ministère. C’est la déclaration qu’il fera aux membres de la SNAPAP, du CNSTA, du CNES, CLA ; dont M. Yacine Zaïd et d’autres membres de syndicats, tous venu soutenir la cause de Meriem Mehdi en un sit-in devant le ministère. Rappelons les faits, Mme Meriem Mehdi a entamé une grève de la faim après avoir été licenciée abusivement et de manière arbitraire le 8 novembre 2009 par British Gas une multinationale installée à Hassi Messaoud. Avant de recourir à cette ultime arme, Mme Mehdi avait engagé les procédures légales auprès de l’inspection du travail. Toutes ces procédures semblent être ignorées par le premier responsable du secteur du « travail » et surtout du ministère de l’énergie et des mines qui déclare cet après-midi aux syndicalistes « ne pas être au courant du cas Meriem Mehdi »!

M. Yacine Zaïd est le premier à rendre public l’« esclavage moderne » qui se déroule dans le sud algérien. Responsable de sécurité à Eurest Algérie, une branche du groupe de restauration collective britannique Compass. Il décide de former un syndicat. Son initiative n’est pas sans conséquences. Suspendu de son poste, il subit une violente campagne de harcèlement. Yacine Zaïd : « Il s'agit surtout de demander aux pouvoirs publics d'assurer la défense des travailleurs algériens travaillant «sous le joug de l'apartheid» dont les représentants -les multinationales- ne font que transgresser les lois du travail. Les membres du comité exigent enfin de tout faire pour sauver la militante Meriem Mehdi qui, rappelons-le, entame probablement le stade le plus critique de son action. » En effet Meriem Mehdi en est aujourd’hui à son 55ème jour de grève de la faim.
Pour ces travailleurs algériens, le combat est avant tout le refus d’une nouvelle forme de colonialisme. Des sociétés étrangères continuent d’humilier, insulter et déshonorer des citoyens, des centaines d’entre eux ont été licenciés abusivement, ceux qui sont toujours en poste évoluent dans des conditions inhumaines, raconte M. Zaïd. Et pour cause, ces firmes étrangères, au mépris de la loi algérienne, s’opposent et ne reconnaissent pas les sections syndicales créées dans le but de défendre les intérêts des travailleurs. Les hautes autorités du pays font semblant d’ignorer ces pratiques, dans le but d’éviter tout risque de mouvement de protestation notamment au Sud.

Meriem Mehdi est mourante. « Elle a arrêté de prendre ses médicaments, depuis trois jours, les médecins n’arrivent pas à la convaincre de cesser son action pourtant son état de santé est précaire» révèlent des militants. La gréviste de la faim ne veut pas faire marche arrière, d’autant que la British Gas a signifié, il y a trois jours, son refus de réintégrer Meriem Mehdi à son poste de travail.
« Nous tenons pour responsables de ce drame qui se profile à l’horizon, la direction de British Gas emmurée dans un silence criminel face aux souffrances de notre compatriote qui, sous d’autres cieux, auraient provoqué un tollé général. Nous dénonçons le silence complice des autorités nationales devant ce cas d’injustice flagrante et face au non respect de la législation algérienne du travail par ces multinationales agissant pratiquement en territoire conquis. Nous en appelons à l’opinion publique nationale et internationale afin de se mobiliser pour sauver la vie de notre compatriote en danger de mort » déclarent les membres de syndicats et militants soutenant Mme Meriem Mehdi.
L’Etat abandonne donc ainsi les travailleurs du sud sous le joug des multinationales, ne laissant même pas s’organiser ces travailleurs en syndicats autonomes pour se défendre. « L’état ne veut pas de syndicats autonomes dans l’économie. Dans l’enseignement ils s’en foutent, leurs enfants ne sont pas scolarisés ici de toute façon ! » s’indigne un militant.


Dihiya Ibn Saïd EL JOURNANE

leBloggers

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