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samedi 27 février 2010

Alors que Meryem Mehdi continue de souffrir Les multinationales imposent leur diktat dans le sud algérien


Meryem Mehdi, cadre abusivement licenciée par la multinationale British Gas, poursuit sa grève de la faim de plus de 80 jours. L'entreprise se tait, les autorités laissent faire tandis que Meryem reste le symbole de la souffrance de milliers de travailleurs du Sud algérien.

Classée, comme elle s'en vante sur son site, dans le top 10 des entreprises où il fait bon travailler par le Financial Times, et dans les 100 meilleures par le Sunday Times, British Gas viole pourtant en toute impunité le droit du travail en Algérie. Licenciée sans préavis par British Gas en novembre 2009, Meryem Mehdi poursuit à Alger une grève de la faim depuis plus de 70 jours.

Temps infini durant lequel l'entreprise et les pouvoirs publics algériens se sont murés dans le silence. Seul mouvement : depuis quelques jours, des gendarmes tentent d'extraire de force la gréviste de son refuge, à la maison des syndicats d'Alger. Soutenue à chaque minute par le Comité des Femmes du SNAPAP, syndicat autonome de la fonction publique, Meryem Mehdi est le symbole de la désespérance des travailleurs algériens.

Coordinatrice d'administration et des opérations de British Gas à Hassi Messaoud, cadre respectée, Meryem, 42 ans, incarne les violations des droits fondamentaux au travail dont sont victimes des milliers de salariés. Région pétrolière sous haute surveillance de la wilaya de Ouargla, Hassi Messaoud, le poumon économique du pays, est une vaste zone de non-droit.

«Un autre Guantanamo», estime Yacine Zaïd, salarié harcelé quant à lui par le groupe de restauration collective britannique Compass pour avoir tenté de créer un syndicat autonome. Dans cette ville champignon où vivent officiellement 60 000 habitants, les entreprises sous-traitantes, notamment de sécurité, pratiquent les mêmes méthodes. Harcèlement, conditions de travail inhumaines, isolement, salaires de misère (un salarié cédé par les sous-traitants 90 000 dinars, soit environ 900 euros par mois, est payé 15 000 dinars, le salaire minimum): les témoignages sont pléthoriques.

En dépit des violations flagrantes de la loi algérienne, les autorités n'ont pris aucune mesure pour restaurer le droit du travail à Hassi Messaoud. Pour preuve, la Sonatrach, société des pétroles algériens, vient de confier la restauration de deux de ses sites au groupe Compass. La société civile algérienne s'est mobilisée pour soutenir Meryem et les travailleurs du Sud. La Ligue algérienne de défense des droits de l'homme, le Collectif des familles de disparus en Algérie, Sos Disparus, le Réseau Euro-Méditeranéen des droits de l'homme et le SNAPAP sont de la partie.

Khaled Haddag Le Temps d'AlgérieleBloggers

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