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lundi 22 février 2010

Algérie : les multinationales violent le droit du travail en toute impunité


Meryem Medhi, cadre abusivement licenciée par la multinationale British Gas, poursuit une grève de la faim de plus de 70 jours. L’entreprise se tait, les autorités laissent faire. Mais Meryem est le symbole de la souffrance de milliers de travailleurs du Sud algérien.

Classée, comme elle s’en vante sur son site, dans le top 10 des entreprises où il fait bon travailler par le Financial Times, et dans les 100 meilleures par le Sunday Times, British Gas viole pourtant en toute impunité le droit du travail en Algérie. Licenciée sans préavis par British Gas en novembre 2009, Meryem Mehdi poursuit à Alger une grève de la faim depuis plus de 70 jours. Temps infini où l’entreprise et les pouvoirs publics algériens se murent dans le silence. Seul mouvement : depuis quelques jours, des gendarmes tentent d’extraire de force la gréviste de son refuge, la maison des syndicats d’Alger. Soutenue à chaque minute par le Comité des Femmes du SNAPAP, syndicat autonome de la fonction publique, Meryem Medhi est le symbole de la désespérance des travailleurs algériens.

Zone de non droit. Coordinatrice d’administration et des opérations de British Gas à Hassi Messaoud, cadre respectée de 42 ans, Meryem incarne les violations des droits fondamentaux au travail dont sont victimes des milliers de salariés. Région pétrolière sous haute surveillance de la wilaya de Ouargla, le poumon économique du pays est une vaste zone de non droit. « Un autre Guantanamo », estime Yacine Zaid, salarié harcelé quant à lui par le groupe de restauration collective britannique Compass pour avoir tenter de créer un syndicat autonome (http://yacine-zaid.mylivepage.com/, http://www.youtube.com/watch?v=FFX6jwCmuZs). Dans cette ville champignon où vivent « officiellement » 60.000 habitants, les entreprises sous-traitantes, notamment de sécurité, pratiquent les mêmes méthodes. Harcèlement, conditions de travail inhumaines, isolement, salaires de misère (un salarié « vendu 90.000 dinars », soit environ 900 euros par mois, est payé 15.000 dinars, le salaire minimum): les témoignages sont pléthoriques.

Autorités complices. En dépit des violations flagrantes de la loi algérienne, les autorités n’ont pris aucune mesure pour restaurer le droit du travail à Hassi Messaoud. Pour preuve, la Sonatrach, société des pétroles algériens, vient de confier la restauration de deux de ses sites au groupe Compass. La société civile algérienne s’est mobilisée pour soutenir Meryem et les travailleurs du Sud: la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme , le Collectif des familles de disparus en Algérie, Sos Disparus, le Réseau Euro-méditerranéen des droits de l’Homme et le SNAPAP.

Soutenons-les en diffusant ses informations et brisons l’omerta entretenue par les entreprises et les autorités. Le groupe de soutien Facebook de Meryem Medhi, Le groupe de soutien Facebook de Yacine Zaid.

Par FIDH le lundi 22 février 2010, 12:05 leBloggers

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