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samedi 9 janvier 2010

Les nouveaux Borgeaud et les nouvelles « Trappes du Sud »


Aujourd’hui, 07 janvier 2010 : 29e jour de grève de la faim de Mme Meriem Mehdi.

En cette matinée du jeudi 7 Janvier, le Dr Salah-Eddine Sidhoum et moi-même, venons de rendre visite à Madame Meriem Mehdi à la Maison des Syndicats dans le quartier de la Glacière El-Harrach, prés d’Alger. Elle vient d’entrer dans son 29ème jour de grève de la faim, après qu’elle eût été priée de quitter l’Hôpital Mustapha, au motif fallacieux qu’elle pouvait encourir une infection… Le motif réel et manifeste étant la fuite des responsabilités devant les risques d’une probable détérioration irréversible de la santé de Madame Meriem Mehdi dont le visage est à moitié ravagé par un herpès qui l’a défigurée.

29 jours de grève ! Et pas une seule réaction, ni de la part de ce qu’on appelle improprement, « les autorités » officielles, ni de la part de la multinationale British Gas, qui n’est pas seule d’ailleurs à violer la Législation Algérienne du Travail. Je citerais comme autre exemple l’attitude d’arrogance et de mépris inacceptable, d’une certaine multinationale (Compass) à Hassi Messaoud, qui s’est payé le luxe – en s’enorgueillissant de la chose – de chasser des Inspecteurs du Travail qui s’étaient présentés à sa Direction, à la requête d’un employé algérien (Zaïd Yacine), lésé dans ses droits de travailleur.

Quelle qu’en sera l’issue – une issue que nous espérons heureuse – la lutte courageuse de Madame Meriem aura eu le mérite de rappeler à l’opinion publique, que les attitudes d’arrogance et de mépris envers notre peuple dont font preuve quotidiennement chez nous, les multinationales tout comme les ambassades étrangères d’ailleurs, vient tout simplement du fait que les unes comme les autres, sont parfaitement informées sur la nature félonne et totalement corrompue d’un pouvoir algérien et des rouages de son administration. Un pouvoir illégitime et gravement complexé par ses propres crimes contre ses propres populations. J’imagine difficilement en effet, un « ministricule » (comme eût dit le regretté Robert Escarpit) ou un baronnet stupide quelconque du pouvoir en place, appeler tel ambassadeur occidental ou tel P.d.g. de telle Compagnie étrangère en frappant sur la table. Çà, on sait faire entre maghrébins, entre arabes, entre africains. Pas quand on a affaire à un blanc (puisqu’il nous faut revenir à la glose du colonisé).

Honte aussi, à ce délinquant en liberté qui a pillé les Caisses des Travailleurs dans les magouilles du scandale de Khalifa Bank et qui ose continuer d’usurper les fonctions de « Secrétaire Général de l’UGTA » et honte aussi à ses complices d’une Direction syndicale aux ordres, cooptée et corrompue qui ont trahi leur mission syndicale de protection des droits des travailleurs.

Faut-il désormais rebaptiser de « Nouvelles Trappes » – en souvenir du tristement célèbre domaine agricole colonial dit de Borgeaud – tous ces périmètres pétroliers de non droit ? Des périmètres que les multinationales concessionnaires considèrent aujourd’hui comme de véritables propriétés privées où elles dictent leur propre loi.

Y aurait-il des clauses secrètes d’Extra-Territorialité qui auraient été concédées à ces multinationales sans que le Peuple Algérien en soit informé ?

Chaque citoyen algérien digne de ce nom doit se sentir aujourd’hui, personnellement concerné par cette affaire.

Par Abdelkader DEHBIleBloggers

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