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samedi 16 janvier 2010

Algérie : British Gas ne doit pas laisser Meryem Mehdi mourir


Comme nous avons souvent vu, les entreprises traitent différemment leurs employés quand elles "jouent à domicile" que quand elles jouent ailleurs.

En Algérie, une employée de British Gas de 42 ans meurt dans l'indifférence relative. En grève de la faim depuis le 9 décembre 2009, sa vie est sérieusement en danger, s'il n'est pas déjà trop tard.

Meryem Mehdi a été embauchée en mai 2007 par le groupe BG (British Gas) comme administratrice et coordonnatrice d'opérations à Hassi Messaoud. Reconnue dans son travail, elle dit avoir été une victime de discrimination, ne recevant pas l'égalité des augmentations de salaires de ses collègues masculins. Une femme célibataire discète dans un environnement "fait pour les hommes", c'est à peine étonnant qu'elle parle aussi de harcèlement moral. Finalement, en novembre 2009, elle est licenciée par BG après avoir refusé une proposition "impossible à accepter" modifiant son régime de travail vers une semaine de 5 jours sur 7.

Certains diraient que conserver son emploi dans une compagnie reconnue comme British Gas, c'est déjà un privilège. Ils diraient "hystérique" de faire une grève de la faim pour si peu !

Mais il faut comprendre que Hassi Messaoud est une forteresse construite dans le Sahara comme base d'opérations pour les compagnies pétrolières, environ 850 kilomètres au sud d'Alger. Un endroit qui pourrait être défendu par des militaires. Impossible de visiter sans permissions spéciales et sans subir des contrôles aux postes de sécurité à chaque fois que vous passeze le périmètre. Il n'y a pratiquement aucun confort d'une ville normale. Les conditions de vie sont celles du désert, autour de 50°s dans la journée et de 0° la nuit. C'est pourquoi ces régimes de travail spéciaux existent. Personne ne voudrait vivre dans cet endroit de manière permanente. La plupart des ouvriers laissent leurs familles dans les climats plus cléments et les rejoignent au cours des périodes de repos. Il serait impossible d'envisager de visiter sa famille pour un week-end, et encore moins, chaque week-end. Les autobus sont lents et les véhicules tout terrain, pour ceux qui ont les moyens, trop inconfortables.

Ensuite, il y a la question légale. Selon le syndicat qui a pris sa défense, le SNAPAP, l'article 4 de son contrat stipule que son "régime de travail est de quatre semaines suivies de quatre semaines de repos. Cependant, Meryem Mehdi peut être transférée à d'autres sites pour des raisons professionnelles mais toujours sous le même régime dit 4x4". En changeant ceci, British Gas a rompu son contrat, pas Meryem Mehdi. Par conséquent, en vertu de la loi algérienne, BG n'avait aucun motif légal de la licencier.

Si une grève de la faim peut sembler toujours un recours extrême, SNAPAP rappelle le cas d'une autre employée licenciée par British Gas à Alger. Son cas a été défendu devant la Justice qui a ordonné sa réintégration dans l'entreprise. British Gas refuse toujours d'appliquer le jugement. Meryem Mehdi n'attendait pas beaucoup du système judiciaire de son pays et a décidé de s'engager dans une grève de la faim non seulement pour attirer l'attention de ses concitoyens sur sa situation mais également sur la leur.

En dépit de la réaction des médias et des manifestations quasi-quotidiennes devant leurs bureaux, devant le ministère de travail algérien et devant l'ambassade britannique, British Gas a refusé tout dialogue avec le comité de soutien à Meryem Mehdi ou avec le SNAPAP.

En Algérie, le syndicat officiel, l'UGTA, est connue pour sa corruption et sa complicité avec le pouvoir. Certains diraient qu'il ne représente pas les travailleurs. Les syndicats indépendants récemment formés tels que le SNAPAP tentent de défendre les droits individuels des salariés, mais s'ils sont reconnus dans le secteur public, leur reconnaissance est entravée dans le secteur privé. C'est pourquoi Meryem Mehdi n'a trouvé personne pour l'aider à se défendre lorsqu'elle était employée à BG. C'est également la raison pour laquelle les journaux parlent d'elle comme un "martyre" car elle est disposée à perdre sa vie pour faire avancer cette situation.

Les médias parlent de "hogra", signifiant le mépris, le dédain, l'offense… Le mot a été utilisé la première fois pour décrire l'attitude coloniale française envers les Algériens "de souche" avant leur guerre de la libération.

En termes de responsabilité sociale, British Gas a dépassé les bornes ! Si la compagnie ne revient pas sur sa position, si elle laisse Meryem Mehdi mourir, l'implication serait qu'elle essaie délibérément de provoquer les sentiments des nationalistes et des extrémistes religieux afin de maintenir et développer ses affaires via des liens douteux avec le pouvoir.

S'il y a des syndicalistes de British Gas lisant ceci, merci de reprendre ce cas.

Verssion anglaise

Andy Funnell


leBloggers

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