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dimanche 16 août 2009

Fier d’avoir eu le courage de les affronter


Le syndicalisme en Algérie n’a pas franchi le stade de l’amateurisme. Mis à part un nombre très réduit de syndicats autonomes qui tentent désespéramment à défendre les droits des travailleurs, la scène syndicaliste algérienne ne compte que des statuettes muettes, qui ne jouent finalement aucun rôle.
L’impuissance de certains syndicats, la corruption et le laxisme d’autre laissent la masse ouvrière algérienne sous la merci des patrons. Sans la précieuse aide de certaines organisations étrangères tel que Labourstart, beaucoup d’injustices auraient passé sous silence.
Sans l’aide de son réseau d’information syndicale, mon problème avec la multinationale Compass Groupe n’aurait jamais été aussi bien médiatisé à l’échelle internationale. C’est grâce à son service d’actualité en ligne que ma voix s’est faite entendre par différentes organisations syndicales à l’étranger. Sa compagne d’action syndicale, outil de pression sur le groupe en question m’a été, en outre, d’un grand apport.
Labourstart est le trait d’union des plus efficaces dans le monde syndicaliste. Son service d’actualité est juste suffisant pour s’informer, s’exprimer et soutenir d’autres causes.Le concept de créer un espace susceptible de réunir en son sein les syndicats su monde entier est à saluer.
A tort celui qui pense que le 21ème siècle est celui des droits et des libertés. La mondialisation, le libéralisme sauvage et la corruption font reculer même les acquis les plus évidents des droits de la classe ouvrière. Prôner le retour au socialisme, comme le font certains économistes notamment après le déclenchement de la crise financière suivie de la crise économique en cette première décennie des années 2000, s’avère presque insensée. Toutefois, l’antidote à tous ces maux qui rongent les droits des travailleurs dans les quatre coins de la planète ne peut être autre qu’un mouvement syndicaliste bien fort, et surtout agissant à l’échelle mondiale.
Puisqu’on est à l’aire de la mondialisation, et pour suivre le court, il serait plus indispensable de mondialiser aussi le mouvement syndical. Quel est donc le rôle qu’est en mesure de jouer des syndicats locaux ou nationaux au sein d’une économie planétaire ? Ce, explique clairement l’importance de développer des organisations comme Labourstart, capables d’agir sur un plan international.
Mon cas est un argument éloquent sur la nécessité de développer de telles organisations. Je travaillais dans une multinationale implanté dans plus de 80 pays de part le monde. Comment aurais-je pu transmettre mon message à la société mère implanté au Royaume-Unis ou à d’autres syndicats étrangers sans l’aide du service d’information internationale qu’est celui de Labourstart ? Sans ce concept d’action syndicaliste sans frontières rien n’aurait été fait.
Pour résumer mon problème avec Compass dont je parle depuis le début du texte, je porte à votre connaissance que j’étais employé en tant que responsable de sécurité au sein de ce groupe. J’ai été licencié suite à une action pour créer une section syndicale au sein de ce même groupe. Il est à signaler à ce propos que l’existence du mouvement syndicaliste est nulle au Sud de l’Algérie, où est justement Compass groupe et des dizaines d’autres multinationales. Des milliers de travailleurs se retrouvent ainsi isolés au fin fond du désert, travaillant dans des conditions inhumaines pour le moins qu’on puisse dire. Après près de deux décennies depuis l’ouverture du marché algérien aux investisseurs étrangers, aucune loi régissant les conditions de travail très particulières dans le Sud algériens n’a été promulguée. Toutes les tentatives de créer des syndicats ont été malheureusement avortées. Seule la section syndicale de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) dont j’ai procédé à mettre en place a abouti. Effrayés de tous les changements que peut apporter un mouvement syndicaliste de cette zone pétrolière des plus importantes de l’Algérie, monopolisée cependant par les multinationales, les patrons de Compass m’ont déclaré la guerre. Le licenciement abusif, les poursuites en justice d’élevant à 6, les pressions de différents genres que j’ai subi et que je continue à subir n’ont pas réussi à me faire fléchir. Je suis fier d’avoir eu le courage de les affronter.

Participez à la campagne LabourStart, envoyez un message à Compass Group

Par Yassine ZaidleBloggers

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