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mercredi 23 avril 2014

Violences policières à Tizi Ouzou : l’auteur de la vidéo placé sous contrôle judiciaire

Meziane Mezadad, auteur de la vidéo sur les violences policières à Tizi Ouzou, a été placé, ce mercredi 23 avril, sous contrôle judiciaire par le tribunal de Tizi Ouzou, a-t-on appris de sources concordantes. La justice lui reproche notamment d’avoir filmé et posté ces vidéos qui ont déclenché de vives réactions et une vague d’indignation dans le pays.
Abdelghani Hamel avait réagi à ces images en annonçant, lundi, l’ouverture d’une enquête. Une enquête qui se poursuit toujours à Tizi Ouzou.
Par ailleurs, quatorze manifestants parmi les cinquante arrêtés lors des affrontements avec la police lundi 21 avril à Tizi Ouzou ont également été placés sous contrôle judiciaire pour « atteinte à l’ordre public » ce mercredi par le tribunal de la ville.

TSA
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mardi 22 avril 2014

Les ventes de gaz algérien vers l’Italie s’effondrent dans un contexte de guerre des prix

La récession en Europe et le développement des énergies renouvelables commencent à avoir un sérieux impact sur les livraisons de gaz de l’Algérie vers l’Italie. Selon les dernières données du GME, le gestionnaire italien des marchés énergétiques, les exportations algériennes vers ce pays ont baissé de 66% à 557 millions de M3 en mars 2014.

Le GME, qui gère également le marché des énergies renouvelables en Italie, indique que les importations en provenance d’Algérie, à travers le point d’entrée Mazara d’El Valo du gazoduc Transmed, a enregistré la plus importante baisse, comparé aux reste des importations provenant des autres pays fournisseurs.
Les chiffres rendus publics cette semaine par le GME restent inquiétants pour l’Algérie, reliée à l’Italie par un gazoduc, dont la capacité de transit a été augmentée en 2012 à 33 milliards de M3, alors que les prélèvements dépassent à peine un demi-milliard de M3 le mois. Si ce volume de transitde gaz naturel est maintenu à ce rythme pour toute l’année 2014, le Transmed construit en 1983, risque d’acheminer la moitié seulement de ses capacités de transit de gaz.
La situation est d’autant plus aggravée par le fait que l’Algérie n’est pas parvenue,ces derniers mois,à placer ses quantités de gaz habituelles sur le marché italien, pourtant revues à la baisse après l’accord conclu entre Sonatrach et ENI en 2013. D’ailleurs, la baisse des livraisons algériennes de gaz se sont fait ressentir dans le portefeuille global des importations de l’Italie en gaz, qui ont chuté de 17% à 4,45 milliards de M3 en mars. L’organisme italien précise que ce recul important est dû à une baisse historique de la demande en Italie, qui s’est contractée d’un tiers à 1,27 milliard de M3 durant le mois passé.
Le marché Italien du gaz connait une sérieuse saturation, sous l’effet combiné de la récession économique et du développement des énergies renouvelables.
Russie et Libye en concurrents
Toutefois, cette saturation n’a pas pour autant empêché des pays comme la Russie, la Libye et certains producteurs d‘Europe du nord, d’augmenter leurs livraisons vers l’Italie. Une hausse qui s’est faite au détriment des exportations algériennes.En effet et inversement à l’Algérie, la Russie a réussi à augmenter ses exportations de gaz vers l’Italie de 5,8 % dans un contexte de crise économique, caractérisé par un resserrement de la demande et une abondance de l’offre.
Les livraisons de gaz russes ont progressé à 2,75 milliards de m3 en mars, représentant quatre fois les exportations algériennes vers le marché italien, le plus important débouché de gaz pour le pays.
L’Europe du nord commence elle aussi à se frayer un chemin sur le marché italien, dominé jusqu’ici par l’Algérie et la Russie. Les exportations de gaz vers ce pays qui étaient presque insignifiantes, ont doublé durant le mois dernier à 386millions de M3.
La Libye qui dispose aussi d’importantes ressources gazières, a été en mars au coude à coude avec l’Algérie avec des livraisons de 527 millions de M3. Ses exportations ont augmenté, selon les données de GME, de 20% durant le mois dernier
Guerre des prix
Le GME ne fournit pas d’explications sur les raisons ayant favorisé le foisonnement de fournisseurs sur son marché, mais des experts considèrent que le facteur prix a beaucoup joué dans la perte de parts pour le gaz algérien.
La Russie, qui a toujours affiché dans le cadre du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) son attachement à un prix juste de cette énergie, a refusé de collaborer sur l’échange d’informations sur les prix et les marchés gaziers, pourtant prévu par l’organisation, confie à Maghreb Emergent, une source au ministère de l’Energie et des Mines. « La Russie, tout comme le Qatar, sont en train de casser les prix pour grignoter des parts à l’Algérie c’est pour cette raison qu’ils refusent de jouer le jeu de la transparence en matière de prix, initié par le FPEG, » affirme la même source.
Marge de manœuvre étroite pour Sonatrach
La marge de manœuvre algérienne pour éviter le dévissement des prix du gaz reste difficile dans un contexte de crise, avait reconnu le patron de Sonatrach Abdelhamid Zerguine, dont le groupe avait été débouté en 2013 par l’arbitrage international dans son contentieux sur le prix du gaz l’opposant à l’italien Edison. Le groupe algérien se bat actuellement pour ne pas avoir à accorder de réductions de prix pour quelques contrats gaziers sur lesquels la clause de bouleversement ne s’applique pas.
Sonatrach qui a accepté en 2013 de réduire ses livraisons de gaz à l’Italie, a cependant refusé de baisser les prix à ENI, jugeant que la clause de bouleversement qui permet aux acheteurs de demander une baisse des prix en cas de changement des conditions économiques, ne pouvait s’appliquer sur le contrat avec le groupe italien.
Mais Sonatrach est-elle en mesure d’arrêter l’effet domino engendré par l’affaire Edison.Selon son PDG, « l’effet domino est déjà là » car il n’y avait pas qu’Edisson, qui a demandé une baisse des prix. L’ENI et Gaz Natural Fenosa pointent aussi le nez pour demander une baisse des prix.

MaghrebEmergent
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lundi 21 avril 2014

Algérie : baisse de l’excédent commercial au 1er trimestre de 2014

L’Algérie a réalisé un excédent commercial de 2,6 milliards de dollars durant le 1er trimestre 2014 en baisse de 760 millions de dollars par rapport à la même période de 2013, ont indiqué ,ce lundi 21 avril, les Douanes algériennes.
Selon le Centre national de l’informatique et des statistiques des Douanes (Cnis), cité par l’APS,  l’Algérie a exporté pour 16,43 milliards de dollars durant le 1er trimestre 2014 contre 17,48 milliards de dollars à la même période en 2013, en baisse de 6,02%, due essentiellement à un recul de 6,8% des exportations des hydrocarbures.
Les importations algériennes ont également reculé de 2,03% pour totaliser 13,83 milliards de dollars contre près de 14,12 milliards de dollars durant la même période de comparaison, a précisé le Cnis.
En 2013, l’excédent commercial de l’Algérie a baissé de près de 50% à seulement 11 milliards de dollars, en raison de la baisse des exportations d’hydrocarbures (-8,28%) et la hausse des importations (8,9%).

Lilia Oufella TSA
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Violente répression d'une manifestation pacifique


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La marche commémorative du 20 avril sauvagement réprimée à Tizi-Ouzou

La marche pacifique à laquelle a appelé un collectif des anciens détenus d’Avril 80 et des anciens militants du MCB, et le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie, aujourd’hui 20 Avril 2014 à Tizi-Ouzou, a été sauvagement empêchée par les services de sécurité et les manifestants ont été brutalement matraqués.


L’empêchement de cette marche,  une première  la police empêche les citoyens de marcher à Tizi-Ouzou pour célébrer le printemps berbère depuis 34ans, a provoqué des émeutes et des affrontements entre les marcheurs et les services de police. Plusieurs citoyens ont été blessés et d’autres interpellés.


L’Observatoire des Droits de l’Homme de Tizi-Ouzou dénonce avec vigueur cette atteinte à la liberté d’expression et de manifester pacifiquement, des libertés garanties par la constitution algérienne et les textes internationaux ratifiés par l’Algérie.


L’Observatoire des Droits de l’Homme de Tizi-Ouzou appelle les autorités algériennes à protéger et à promouvoir les libertés collectives et individuelles au lieu de les transgresser et à respecter l’identité amazighe et la mémoire des martyrs de la revendication identitaire en Algérie.


 
 
L’ODH Tizi-Ouzou
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Mouvement associatif : Un redéploiement en perspective

Des organisations, des collectifs et des acteurs de la société civile organiseront une réunion samedi 26 avril, à la Maison des syndicats de Bab Ezzouar, pour l’ouverture d’un large débat, afin de poser les jalons d’une lutte pacifique.

«Vu le contexte politique et particulier, il est devenu inéluctable que les organisateurs et les militants s’unissent pour continuer à militer pacifiquement pour un Etat de droit», explique Kadour Chouicha, l’un des initiateurs de la réunion. Des contacts ont été établis pour inviter les militants à prendre part à cette rencontre. Une première réunion a eu lieu le 19 avril, à l’issue de laquelle les présents ont signé un texte. «Convaincus que seule la fédération des forces peut imposer la concrétisation d’un Etat de droit, nous proposons la constitution collective d’un espace de la société civile pour la convergence de la lutte démocratique, autonome et inclusive», peut-on lire.
Les organisations signataires sont le Snapap (aile Malaoui), Syndicats des enseignants solidaires (SESS), Syndicat autonome des travailleurs de la formation (Satef), Rassemblement action jeunesse (RAJ), SOS disparus, Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC), Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH-aile Dabouz), Conseil des lycées d’Algérie (CLA), Mouvement 10 avril 2014 et le Syndicat national autonome des étudiants (SNAE).
Ces derniers observent que «les pseudo-dialogues et les fausses réformes, ainsi que les simulacres d’élections ne peuvent produire le changement espéré par les Algériennes et les Algériens. La crise et l’impasse politique n’ont fait que s’accentuer. La société, organisée ou non, manifeste son refus de la reproduction du système à travers des luttes et des initiatives porteuses d’espoir pour l’avenir.».

Bsikri Mehdi Elwatan
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vendredi 18 avril 2014

En Algérie, les manifestations n'annoncent pas (forcément) le printemps


Marches, sit-in, grèves de la faim, protestations: le pays manifeste énormément. Mais en ordre dispersé et avec la crainte permanente de l'embrasement.

  
«Y en a marre! Y en a marre!» «Pouvoir Assassin!» «Non au 4e mandat!» Au cours des mois passés, pas une semaine sans que ces slogans ne soient entendus, pas une semaine sans que des membres d’un groupe, d’un parti, d’un syndicat, d’une association n’y manifestent leur colère contre le pouvoir en place.
Que ce soit place Audin, au cœur de la capitale, haut-lieu des manifestations algéroise. Que ce soit place de la Grande Poste, à quelques mètres de là, autre lieu mythique de la protestation. Que ce soit un samedi, avec des militants islamistes qui exigent plus de libertés. Que ce soit un dimanche, avec des étudiants et des jeunes diplômés qui veulent du travail et de meilleurs salaires. Ou que ce soit mercredi, avec des militants du mouvement citoyen Barakat contre le 4e mandat du président sortant AbdelAziz Bouteflika, qui devrait pourtant être réélu.
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Et encore, on ne parle que d’Alger où les manifestations sont interdites par la loi et des escadrons de policiers cadrent les rues. Ailleurs, dans le pays, tout le monde manifeste. Tout le temps. Les chômeurs, les policiers en retraite, les familles des disparus de la guerre civile, les kabyles, les ouvriers de la Sonatrach, le géant de l’hydrocarbure, les Chaouis, les demandeurs de logement sociaux, les artistes, les syndicalistes, et bien sûr les partis politiques de tout bord.

Capitale de la manif

Marches. Sit-ins. Grèves de la faim. On manifeste. Et pas seulement en période électorale, mais toute l’année. Selon le journal El-Watan, on a relevé «plus de 6.500 protestations de rue et 1.500 grèves» en 2013. Presqu'autant qu’en 2012 et 2011, année record, effet probable des printemps arabes.
«Il y a un profond malaise social. Les gens ont compris que leur seul moyen d’arracher leurs droits, c’est de manifester, de bloquer des routes, de faire des sit-ins», explique Yacine Zaid, membre de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH). «C’est un pays où le pouvoir ne répond pas aux attentes des populations», souligne de son côté Ali Benflis, ex-Premier ministre et candidat à l’élection présidentielle.
«Le pouvoir voit dans ce genre de manifestations une main de l’étranger. Ça fait rire. Il n’y a aucune main de l’étranger. Il y a une non-prise en charge des problèmes des citoyens.»
Et de poursuivre:
«Les gens veulent un meilleur enseignement, ils protestent. Ils veulent une prise en charge de l’entretien des routes, ils manifestent. Ils ne sont pas raccordés à l’eau, ils protestent. Ils n’ont pas d’électricité ou de l’électricité très cher, ils manifestent. Ils votent pour leur maire ou pour leurs élus et trouvent que des urnes sortent d’autres noms qu’ils ont choisis, ils protestent. C’est l’addition de tout cela qui fait le ras-le-bol.»
Avec l’Afrique du Sud, l’Algérie est devenue la «capitale» de la manifestation sur le continent africain, voire au monde. Seulement, cette colère sociale ne s’exprime que sous forme d’actions éparses, menées en rangs dispersés, par de petits groupes isolés, sans concertation ni mobilisation générale. En cause, la capacité du pouvoir algérien à infiltrer, diviser et discréditer les mouvements protestataires, mais aussi une peur lancinante chez les Algériens, celle de voir les manifestations dégénérer et le pays sombrer dans le chaos, comme durant la guerre civile, dans les années 1990, avant l’ère Bouteflika.

La consigne: pas de débordements

«On ne veut pas d’un printemps arabe», «on a connu la décennie noire, vous savez», « rappelez-vous, 200.000 morts»: des phrases qui reviennent le plus dans la bouche des Algériens, y compris dans celle des manifestants et opposants au régime. Cette crainte de l’embrasement et des violences imprègne tous les esprits. Alimentée par le pouvoir qui se présente comme seule source de stabilité et qualifie les opposants de terroristes, avec des messages martelés sur toutes les ondes des télévisions proches du pouvoir.
«A chaque fois, c’est le même scénario, ils disent, c’est nous ou les islamistes, c’est nous ou le chaos», déplore Osmane, militant de Barakat à Bouira, en Kabylie. Alors dans la plupart des mouvements, la consigne est simple: pas de débordements, pas de violence. De la protestation pacifique. Pour préserver sa crédibilité, le mouvement Barakat prône par exemple «la révolution de la sagesse» selon les mots de sa porte-parole Amira Bouraoui, et cherche à tout prix à se démarquer des révolutions arabes.
Mais même s’ils le souhaitaient, la capacité des opposants à mobiliser les Algériens pour mener une protestation pacifique mais massive reste incertaine. Car si, en Algérie, on proteste beaucoup, on reste entre soi, chacun dans son coin. Pour le moment, la plupart des actions ne regroupe qu’une poignée de gens, quelques milliers tout au plus. Même les grands partis d’opposition peinent parfois à mobiliser, tandis que les manifestations de Barakat, pourtant médiatisées, restent minoritaires.
La semaine dernière à Bouira, ils n’étaient ainsi qu’une trentaine à manifester. «Le nombre n’a aucune importance», affirme Mohamed, militant de Barakat à Bouira. «Le premier but, c’est de casser le mur de la peur, cette peur du régime, des policiers, de la DRS», dit-il, avant de citer un proverbe algérien:
«Il vaut mieux être une poignée d’abeilles qu’un couffin de mouches.»

Une opposition très divisée

Selon les syndicats autonomes, longtemps à l’avant-garde de la «protesta», cette poignée d’abeilles grossit de jour en jour, mais la mobilisation reste lente et la bataille difficile pour regagner la confiance de la société civile. Le milieu syndical et associatif algérien demeure profondément divisé. Pire, il fait penser à un jeu de devinettes, où il faut apprendre à distinguer les groupes liés au pouvoir des autres mouvements, estampillés comme indépendants: il a y ainsi deux SNAPAP (syndicats autonomes), trois LADDH (Ligue des droits de l’homme), deux CNDDC (Comité de défense des chômeurs) et ainsi de suite...
«Le pouvoir a réussi à cloner les mouvements à coups de bakchichs et de campagnes de diffamation, explique Yacine Zaid de la LADDH. On a aussi une part de responsabilité. Il n’y a plus de repères pour la société civile. Il faut arrêter de créer de nouveaux mouvements et laisser nos divisions de côté.»
Pour Idir Tazerout, journaliste et membre de Barakat, il faut faire un «travail de proximité pour approcher» tous ces mouvements de protestation, disséminés à travers le pays. «Il y aura une convergence de tous ces “non”», promet de son côté Amira Bouraoui.
En attendant, le scénario a beau rappeler celui des pays voisins –système politico-militaire verrouillé, mécontentement social latent et un président âgé qui brigue un énième mandat, le printemps algérien ne semble pas pour demain, par peur d'un bain de sang.
Jeudi, Ali Benflis a dénoncé «un complot» et «une opération de fraude à grande échelle» lors du scrutin, et promis de demander justice. Mais son équipe hésite à faire descendre ses militants dans la rue et tenter d'allumer la mèche d’une manifestation générale pour défendre ces voix qu’il dit volées. Sarah, militante d’Ali Benflis, s'écrie:
«Nous, les jeunes, on est pour sortir dans la rue parce que là c’en est trop. On veut manifester, dans le but de renverser le pouvoir... Qu’ils partent. Qu’ils partent!»
Avant de tempérer:
«Mais on va attendre les directives, on  va attendre.»
Comme elle, des millions d’Algériens ont choisi pour l’heure de patienter. Seulement au fil du temps, une partie des jeunes du pays risque d’en avoir assez d’attendre. A fortiori si Abdelaziz Bouteflika reste encore au pouvoir pendant longtemps...

Karine G. Barzegar Slate
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jeudi 17 avril 2014

Nos journalistes attaqués à Khenchela alors qu'ils enquêtaient sur la fraude

Deux journalistes et un photographe d'El Watan, en reportage à Khenchela jeudi, ont été pris en chasse par des individus, insultés et menacés de mort.
Meziane Abane, journaliste, Samy Metlili, journaliste, et Camille Millerand, photographe stagiaire, ont été pourchassés par des jeunes dans un véhicule, qui leur criaient « vous voulez détruire le pays, il faut les tuer !», en tamponnant la voiture des journalistes et en leur jetant des pierres. Avant de trouver refuge au commissariat du centre-ville où ils sont en train d'être auditionnés, alors que leurs poursuiveurs les avaient suivis jusqu'à la porte du commissariat. « Nos agresseurs paraissaient très sûrs d'eux », témoigne Abane Meziane. « L'agression s'est produite après qu'on ait quitté la permanence de Benflis où on nous a remis des rapports sur plusieurs cas de fraude, explique notre journaliste. Et avant on était chez le chef de cabinet de la wilaya qui était très gêné par nos questions sur les informations sur les fraudes dans la région, notamment des bourrages d'urnes et les expulsions des représentants de Benflis des bureaux de vote. Une voiture nous a suivi à la sortie de la wilaya, puis, en quittant la permanence de Benflis pour nous diriger à celle de Bouteflika, l'agression a commencé ».

Adlène Meddi Elwatan2014
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Algeria's New Era



Algeria's long-ruling president is cruising to victory in the polls. But the outside world shouldn't be fooled: The authorities are losing control.



n April 17, 2014, Algerians will head to the polls to vote for their president. Regardless of the actual desires of the electorate, the Algerian military regime that stands behind the 77-year-old incumbent, Abdelaziz Bouteflika, is pushing him towards a fourth term. Counting on his physical inability to rule on his own, they are hoping to keep control over his succession and any subsequent regime change.
The election outcome will not, however, disguise the fact that this ruling configuration is already deep in a transitional crisis. Since the military seized power in a coup in 1992, it has been unable to create legitimate power-sharing mechanisms. Until now, it has mainly relied on tools aimed at maintaining the status quo. The army and the intelligence services have granted wide-ranging powers to the presidency but have in fact continued to govern by proxy. They have granted amnesties to insurgent Islamists with the intent of avoiding a broader reckoning with the traumas of the past. And they have continued to use the redistribution of natural resource rents to corrupt society.
While this strategy probably helped the regime to survive, it now stands in the way of a much-needed renewal. The leadership's focus on retaining power has produced countless problems.
Growing street protests and rising inner-regime conflicts are compelling Algeria's rulers to redistribute power yet again in order to stay in place.
Growing street protests and rising inner-regime conflicts are compelling Algeria's rulers to redistribute power yet again in order to stay in place. The sense of crisis is compounded by an imminent generational shift. Bouteflika is too sick to finish his potential fourth mandate. Gaid Salah, the army chief-of-staff, and Tewfik Mediene, the head of the intelligence services, the Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS), are 78 and 74, respectively. Whether the transition to come is conducted under the guidance of the army or negotiated with demonstrators, the image of stability Algerian rulers have tried to convey to the international community for so many years can no longer be regarded as a given.
The first big problem that the regime must address is what will replace the all-powerful presidential office. In 1999, the army and the DRS top generals agreed to appoint Bouteflika to the presidency. Thanks to the exploitation of his civilian credentials, they built a governing system that prevented challenges to their questionable legitimacy after the coup d'état they had staged seven years earlier in the wake of a national election that had been won by Islamists. Acting in the name of "peace, reconciliation, and stability," Bouteflika marginalized the parliament, ruled by presidential decree, co-opted the opposition, and revised the constitution to eliminate term limits.
Current elections show that this monopolistic system of presidential governance has made the emergence of a successor impossible. Despite their DRS support, pro-government parties have proved unable to offer an alternative candidate.
The army could, perhaps, choose once again to fill the presidency with a figure who appears, like Bouteflika once did, to stand above the political fray. The leading candidate for such a scenario is Ali Benflis, a former prime minister who has now emerged as Bouteflika's current challenger. But Benflis won't find it easy to give the illusion of new, reformist governance. Bouteflika has multiplied the number of regime clienteles within the bureaucracy, post-civil war businesses, and state-orchestrated "civil society" groups, while simultaneously depriving them of any real political obligations. As a result, these groups focus on the capture of public funds, and show little inclination to make contributions to the renewal of the system.
Moreover, the president's three terms, not to mention the potential fourth, have tarnished the international reputation of Algeria's elections, which is crucial to maintaining the façade of democracy.
Another problem is the unresolved legacy of Algeria's civil war, which officially ended in 1999. Although the regime ultimately succeeded in crushing the Islamist insurgency, the failure to implement a full-fledged truth and reconciliation process has had negative effects on security management. In the early 2000s, the president enacted amnesty policies for former Islamist insurgents while failing to implement any broader transitional justice policies; to the contrary, he explicitly guaranteed the impunity of the security forces. He has also continued the 1990s strategy of the DRS aiming at suppressing any peaceful demonstrations in the name of stability and the fight against terrorism. This alliance between Bouteflika and the DRS is beginning, however, to show signs of strain. Over the past few years, distrust has deepened and competition grown within the security apparatus, leading to major breakdowns, such as a failed suicide attack on Bouteflika in 2007, the assassination of the police chief Ali Tounsi in 2010, the January 2013 terrorist attacks in the town of Tiguentourine, and the leaking of DRS documents on corruption cases involving Bouteflika's entourage.
These cases have escaped the regime's control and are now subject to international investigation. In an effort to regain the upper hand, the president's office recently announced that it had commenced restructuring of the DRS under the supervision of a "neutral and professionalized" army.
It is hard to believe government claims, however, that allowing the army to mediate the conflict between Bouteflika and the DRS will solve the problems arising from the intervention of the security forces in the country's political life.
It is hard to believe government claims, however, that allowing the army to mediate the conflict between Bouteflika and the DRS will solve the problems arising from the intervention of the security forces in the country's political life. Nor will this address the rising crime rate -- a direct consequence of the regime's voluntary weakening of judicial institutions. Smuggling is proliferating, as are kidnappings and deadly tribal clashes like in the southern city of Ghardaia. The security services seem powerless.
The regime's redistribution of rents from the sale of oil and natural gas has enabled it to enlarge its social base. This strategy has led, however, to ever-greater demands for redistribution than can now be met by the government. The lack of transparent rules for the allocation of resources has favored the emergence of corrupt importers and bureaucratic networks that are now competing with the government itself for public funds and the control of informal economies. The government's irrational policies on the awarding of jobs, houses, or subsidies without any attempts to control inflation or speculation are also undermining the regime's legitimacy (which has traditionally derived to a large extent from its status as the arbiter of rents). The government's position is likely to deteriorate further in the years to come, given that oil and gas revenues are set to decline.
The lack of an Arab Spring-style uprising against Bouteflika does not mean that contestation has disappeared. Disillusioned Algerians reject the binary opposition of revolution or pseudo-democracy. They are increasingly resorting to demonstrations, riots, sit-ins, protest marches, uprisings, strikes, hunger strikes, and even immolations; in so doing they are aiming less to overthrow the regime than to create leverage for negotiations. In such ways, they pressure the government to live up to its responsibility to provide public goods, such as local development, health, housing, employment, or safety. The thousands of protests taking place in Algeria each year should be understood as an effort to renegotiate citizenship from the margins and to enforce indirect accountability on unreliable representatives.
Among the most prominent figures of this contestation are non-legalized independent workers' unions. Their strikes can paralyze the country, also undermining the state's argument that it has benefited society by creating massive public sector employment at low wages. The unemployed, as well as a growing number of citizens' groups, have organized numerous demonstrations to draw attention to patterns of injustice as well as to criticize the government's claim that its control is based on the maintenance of stability and the fight against terrorism. The Barakat ("Enough!") Movement is now organizing public demonstrations against both a fourth Bouteflika mandate and the intelligence service's omnipresent role. (The photo above shows Barakat protesters rallying in downtown Algiers on March 27.)
Boycott campaigns (some even organized by Islamist and leftist parties formerly co-opted by the regime) and public demonstrations are intensifying. The opposition is limiting its criticism to Bouteflika, but the majority of the Algerians who plan to abstain from the coming election do not believe that an alternate president will be enough to satisfy their demands.
To calm down protesters and boycotters, the current post-Bouteflika scenario imagined by the regime may consider the option of a controlled transition period outside of electoral mechanisms. In the most likely scenario, Bouteflika could become incapacitated, withdrawing in favor of a challenger who will rule the country in his stead. This adjunct role could go to an army-backed candidate or to a supposedly apolitical new generation of army officers. Whichever group or leader assumes this function may also lead a new transition council that includes parties opposed to a fourth mandate. This approach will give the illusion that both Bouteflika and the head of the DRS (which has rooted in the press it controls the idea that it won't intervene in elections this time) have been marginalized and that the political and social conflicts inherited from the civil war have been resolved. Needless to say, that will not be the case unless there is a clear agreement on the delineation of military and civilian powers, an independent transitional justice process that addresses the numerous outrages experienced by Algerians over the years, and an end to populist economic governance.
The most urgent need now is to allow Algerians to reconnect with each other on the basis of a new transitional pact monitored by neutral and transparent institutions. The United States and the European Union justify their support to Bouteflika and the military by arguing that there is no organized alternative to the current system to ensure stability. They should understand that such an alternative will only be built through an institutionalized process of transparent negotiations and consultation. This needs to be done now, before the current consensus on the need for a nonviolent transition among protesters, opposition parties, and security forces collapses.

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Présidentielle en Algérie : Yacine Zaïd, l'homme qui fait trembler les multinationales

JOUR J. Parti de rien, le syndicaliste a réussi à fédérer la contestation des travailleurs algériens, outrés par le traitement infligé par les géants du pétrole.

Ses traits tirés et ses yeux creusés laissent sans peine imaginer les âpres luttes qu'il a menées. Pourtant, à 42 ans, Yacine Zaïd n'a que sept années de syndicalisme derrière lui. "J'étais travailleur permanent et ne manquais de rien", se souvient cet ancien responsable de la sécurité d'une multinationale occidentale à Hassi Messaoud, dans le sud de l'Algérie, qui regroupe l'essentiel des hydrocarbures du pays (40 % du PIB algérien). Majoritairement exploités par les entreprises étrangères, ces champs pétrolifères n'emploient que 3 % d'employés algériens, selon le FMI.
Mais Yacine Zaïd déchante rapidement en découvrant l'envers du décor. "Le mépris des expatriés est énorme envers les travailleurs algériens", insiste-t-il. "Traitement des salariés, logements..., on assiste sur place à une sorte d'esclavagisme moderne. D'autant plus que les Occidentaux savent pertinemment que des milliers de chômeurs n'attendent que de prendre ta place." Décidé malgré tout à rompre le silence, l'employé de sécurité rejoint l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA), seul syndicat autorisé par le pouvoir.
Pouvoir des généraux
Mais le syndicaliste comprend vite l'imposture que représente cet organe officiel de l'État. Derrière chaque multinationale du Sud se cachent de "gros bonnets", autrement dit des généraux de l'armée, qui assurent la sous-traitance des multinationales. Yacine Zaïd n'en démord pas et participe à la création de la Snatea, un syndicat autonome de travailleurs dans son entreprise. En parallèle, il dénonce les pratiques de sa société sur un blog qu'il ouvre en 2007.
Grave erreur. Conscient du caractère explosif de ses accusations, l'employeur suspend immédiatement Yacine Zaïd, qu'il poursuit, officiellement, pour avoir menacé un responsable, ce qu'il nie farouchement. Il sera finalement condamné à payer... 100 euros d'amende, ainsi qu'à de la prison avec sursis. Qu'importe, Yacine Zaïd n'entend pas en rester là. "À l'époque, personne n'osait parler des conditions de travail dans le Sud", se souvient-il aujourd'hui. Le militant interpelle la presse et toutes les organisations des droits de l'homme. Seules la CFDT française (branche hôtel et tourisme) et la Snapap algérienne (Syndicat national autonome du personnel de l'administration publique) répondent à l'appel.
Porte-parole malgré lui
À l'occasion du 1er mai 2009, Rachid Malaoui, président de la Snapap, lui offre une tribune inespérée pour évoquer son histoire. À son écoute, le public est stupéfait. "Les gens avaient l'impression d'entendre parler d'un autre pays", se rappelle-t-il. "Personne n'en croyait ses yeux." Malgré lui, le syndicaliste devient porte-parole des travailleurs réprimés du Sud, dont le nombre croît de façon exponentielle. À chaque fois qu'un employé rencontre des difficultés avec son employeur occidental, c'est Yacine Zaïd que l'on appelle. Entre-temps, l'homme a été promu chef du bureau de la Ligue des droits de l'homme à Laghouat (Sud), sa ville d'origine.
"À l'époque, les travailleurs pensaient que les sociétés occidentales étaient soumises aux lois algériennes, et qu'il était donc illégal de créer un syndicat", souligne-t-il. Informés sur leurs vrais droits, nombre de travailleurs emboîtent le pas au syndicaliste. Fin 2009, Meriem Mahdi, une employée-cadre de la société britannique British Gaz, entame une grève de la faim après avoir fait part de pratiques de harcèlement dans son entreprise. "Je me suis rendu compte que beaucoup de camarades, qui avaient créé leur syndicat autonome, étaient dans une situation bien pire que la mienne", affirme-t-il. "Pourtant, à l'intérieur de l'Algérie, les correspondants de presse n'avaient de cesse de décrire les travailleurs mécontents comme des régionalistes et des voyous."
Journaliste-citoyen
Ainsi, son véritable coup de maître, Yacine Zaïd le réalise caméra au poing. Fort de ses contacts sur le terrain et de l'important réseau médiatique qu'il a su tisser, Yacine Zaïd part filmer la détresse quotidienne des travailleurs du Sud, qui ne fait qu'augmenter. Si le taux officiel de chômage est aujourd'hui de 9 %, les véritables chiffres tourneraient autour de 30 %. "De nombreuses émeutes éclatent quotidiennement dans le Sud, car les emplois créés par les multinationales ne profitent pas aux Algériens", souligne le politologue Rachid Tlemçani. "Cette situation désespérante les conduit à tenter l'émigration clandestine, ou l'immolation, qui est un phénomène courant en Algérie."
Sur YouTube, chacune des vidéos diffusées par le journaliste-citoyen choque et crée le buzz. La presse algérienne s'en empare enfin. "On a simplement donné la possibilité aux médias d'entendre la voix de ces travailleurs", explique-t-il aujourd'hui. Surtout que la contestation s'étend. Sit-in, grèves de la faim ou manifestations, les mouvements du Sud s'organisent et atteignent même Alger. "Pour eux, il est juste anormal que les habitants d'une région aussi riche soient ainsi marginalisés."
Victoire judiciaire
Désormais représentant pour la région Afrique du Nord-Moyen-Orient de l'Union internationale des travailleurs alimentaires (UITA), Yacine Zaïd dépose une plainte à l'OCDE contre son ancien employeur et obtient gain de cause : des indemnisations, ainsi que la promesse par l'entreprise d'autoriser la création sur son site algérien d'un syndicat indépendant. Pas de quoi cependant rassasier notre militant.
En février 2011, en plein Printemps arabe, il oeuvre à la création du Comité national de défense des droits des chômeurs (CNDDC). "On a aidé à structurer ces mouvements, mais les vrais héros, ce sont ces jeunes chômeurs qui ont réalisé un travail extraordinaire à eux tout seuls." Mais le succès grandissant du mouvement lui vaut une campagne de dénigrement de la part du pouvoir algérien.
Recruteur du Mossad
Yacine Zaïd se voit bientôt accusé d'être le recruteur en chef du Mossad (services secrets israéliens) dans le sud du pays, puis d'"agression de policier". Une fiche signalétique est bientôt émise à son nom. "J'ai finalement écopé de six mois de prison avec sursis pour un délit que je n'ai pas commis", souligne-t-il. "Or, soit la justice aurait dû m'innocenter par manque de preuves, soit me condamner à cinq ans de prison."
Son incarcération de huit jours dans le centre pénitentiaire de Ouargla (Sud) se révèle pour lui "extraordinaire". "Tous les détenus savaient que je travaillais pour les droits de l'homme, ainsi ils sont venus à ma rencontre pour témoigner des tortures qu'ils ont subies. Je n'avais jamais entendu de telles atrocités." Aujourd'hui partisan du boycott du scrutin présidentiel du 17 avril, Yacine Zaïd ne mâche pas ses mots en ironisant sur la "candidature de la momie qui n'a pas parlé depuis deux ans", autrement dit Abdelaziz Bouteflika.
S'il ne se fait aucune illusion quant à l'issue de l'élection, il estime toutefois que la candidature du président sortant est à même de concentrer le mécontentement social sur une base davantage politique. Le dernier chantier de Yacine Zaïd ? Fédérer tous les mouvements de la société civile pour le changement. "Il faut à tout prix nous organiser pour éviter que la contestation ne dégénère", insiste-t-il, avant de prévenir : "Le pays est en ébullition".

 De notre envoyé spécial à Alger,

 

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mercredi 16 avril 2014

Élections présidentielles en Algérie : le difficile changement d’un régime autoritaire

Le jeudi 17 avril, les Algériens seront convoqués à une élection jouée d’avance. La Fraude électorale, traditionnelle en Algérie, a déjà commencé puisque, comme l’indique Algérie Express, des ordres ont été donnés aux ambassades où les élections ont déjà eu lieu de gonfler le taux de participation.
Cette élection revêt un caractère particulier. Parmi les candidats – surnommés par les Algériens les « lièvres » puisqu’ils ne servent qu’à courir pour donner l’illusion d’une compétition électorale démocratique et transparente – se trouve le prochain vainqueur : Abdelaziz Bouteflika. L’actuel chef de l’État brigue un quatrième mandat sans avoir fait campagne. Ce sont ses ministres et son entourage politique qui sont allés à la rencontre de la population qu’ils ont invectivée et menacée.
Victime d’un AVC il y a une année, Bouteflika est dans un état de santé des plus fragiles et sa convalescence est toujours en cours. Depuis le début de la campagne électorale, la télévision tâchant de rassurer quant aux capacités physiques et mentales du président, l’a montré péniblement debout une seule fois. Si sa gestuelle semble plus assurée au point d’éviter aux médias des montages ridicules montrant la même scène plusieurs fois, on peut douter quant à la véritable portée de sa voix. Quand on entend la force de son souffle (sur la vidéo à partir de la 30ème seconde) qui indique l’effort surhumain que doit effectuer Bouteflika à chaque phrase prononcée, on est en droit de se demander s’il n’est pas porteur d’un micro-cravate qui rendrait ce qu’il dit en mesure d’être capté par les caméras.
En tout cas, ces images répétées d’un président en mesure de recevoir les représentants étrangers sont là pour prouver que Bouteflika l’emportera et certainement dès le premier tour. Jamais le régime algérien, même les rares opposants réels de Bouteflika au sein de l’armée, n’aurait pris le risque d’humilier son poulain désormais âgé de 77 ans.
Retour de la contestation politique
La campagne électorale est bien sûr un leurre. Un non-événement que seuls les médias ont transformé en « événement historique ». Comme la plupart des médias africains, la presse algérienne peine à écrire la véritable histoire du pays. Elle se targue alors dans une imitation primaire de la presse du pays colonisateur dont elle reprend les sujets qu’elle plaque à l’Algérie.
La candidature de Bouteflika a suscité des réactions différentes que les médias et les réseaux sociaux amplifient le plus souvent. Se présentant comme un mouvement citoyen, « Barakat » (ça suffit !) a été créé le 22 février à Alger avec pour objectif de s’opposer au quatrième mandat de Bouteflika. Si ce mouvement a eu un effet essentiellement médiatique, d’autres citoyens, notamment des étudiants, se sont organisés pour monter à leur tour au créneau. A ce jour, les mouvements les plus mobilisateurs ont été constatés en Kabylie et dans l’Aurès, terre chaouie insultée par Abdelmalek Sellal, le directeur de campagne du favori du scrutin. L’Algérie renoue donc au moins en partie avec la contestation politique après un sommeil qui a duré plus de dix ans. Cela s’ajoutant à une série de scandales financiers ayant été interprétés comme le paroxysme de la guerre des clans (les pro-Bouteflika contre le pro-Toufik, dirigeant du DRS, le service du renseignement) a amené les médias et les observateurs algériens et étrangers à voir poindre l’effondrement du régime algérien.
Une telle fin est-elle envisageable ? Le régime algérien est-il vraiment essoufflé ? Les Algériens ont-ils les moyens de précipiter pacifiquement sa chute ? Tout prouve que le régime algérien n’arrive pas à sa fin et qu’il ne disparaîtra jamais de manière pacifique. Il est en effet difficile d’imaginer un instant des hommes accusés d’avoir détourné des centaines de milliards de dollars, et parfois d’avoir participé activement aux crimes commis contre la population dans les années 90, céder le pouvoir sans garanties. Il est tout aussi difficile d’imaginer la nouvelle génération des militaires, qui a attendu plusieurs décennies que son aînée disparaisse pour prendre sa part du gâteau, reculer par amour du peuple. Enfin, le peuple algérien n’est toujours pas en mesure de faire pression sur ses dirigeants. La multiplication des manifestations a une portée limitée car régionale.
Cinquante ans après l’indépendance, dans l’esprit de la population, la nation algérienne est toujours un mythe qui n’a rien de concret en dehors de son territoire dont les frontières ont été dessinées par la France coloniale. Aucune subjectivité ne s’investit dans cet ensemble territorial aussi vaste qu’hétéroclite – ce qui permettrait de parler de « nation ». L’Algérie n’existe réellement que dans le football quand l’équipe « nationale » gagne. Pour preuve, le Printemps noir de 2001 en Kabylie n’a pas mobilisé en dehors de cette région. Aujourd’hui, la population mozabite de Ghardaïa est victime de violences qui ont fait plusieurs morts, sans que l’État ne daigne mettre un terme à cette situation. Des événements aussi gravissimes auraient fait sortir n’importe quel peuple dans la rue pour exiger le rétablissement de la paix. Mais en Algérie, silence-radio : chaque région ne se sent concernée que par les malheurs qui la frappent directement.
Programmer la folie du peuple
Cette mythification de la nation est savamment orchestrée et entretenue par les décideurs qui arrêtent l’histoire du pays à son indépendance. De même, les Algériens ne se connaissent pas entre eux. L’État, qui s’est toujours débrouillé pour programmer la folie du peuple(1), rend la circulation d’un lieu du pays à un autre difficile, voire impossible. Ainsi y a-t-il des endroits où un automobiliste doit patienter 3 à 5 heures pour rouler 50 à 100 km. La cause : une succession de barrages militaires dont la seule fin est de « stresser » la population.
L’idée d’une manifestation nationale, facile à concevoir au Maroc, en Tunisie et même en Libye, est encore impossible en Algérie. À ce jour, les contestataires du 4ème mandat n’arrivent pas à s’organiser dans un même ensemble. « Barakat », « Mouvement protestataire des étudiants démocrates », « Collectif des artistes », « Rafdh (Refus) », « le Front du boycott », le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD)…, on s’époumone et manifeste toujours en rangs dispersés guidés par la méfiance ou la haine de l’autre… Tant que les Algériens ne se mobilisent pas dans l’ensemble du territoire pour parler d’une seule voix et pour porter le même message, les décideurs algériens ne craindront rien et la population n’obtiendra aucun changement en dehors de celui qui lui sera volontairement consenti.
Le régime algérien a d’autres raisons de se sentir en sécurité. D’abord, Bouteflika et son régime tiennent leur force du soutien que leur apportent les puissances étrangères comme les États-Unis, le Qatar et surtout la France. Tant que ces États soutiennent un candidat, l’avis de la population algérienne restera sans importance. Les décideurs algériens ne vivent que par et pour ces puissances qui reçoivent volontiers leurs fortunes qu’elles protègent en toute conscience.
Par ailleurs, les opposants au régime algérien font de lui leur interlocuteur privilégié, ce qui ne peut que le rassurer. Les « anti-quatrième mandat », tout en se disant contre le pouvoir en place, attendent leur salut de ses propres institutions. Le mouvement « Barakat » a sollicité le Conseil Constitutionnel pour le rejet de la candidature de Bouteflika. Aujourd’hui, le même mouvement promet de poursuivre en justice certains acteurs de la campagne de l’actuel chef de l’État. Des intellectuels, comme Houari Ladi, et des hommes politiques comme l’ancien président et général à la retraite Liamine Zeroual, l’ancien premier ministre Mouloud Hamrouche ou encore l’ex-cadre du Front des Forces Socialistes (FFS) Djamel Zenatti, sont allés jusqu’à prier les militaires d’intervenir pour sauver l’Algérie du chaos. Or, tout le monde sait que le Conseil Constitutionnel, qui a à sa tête un proche de Bouteflika, et la justice sont complètement aux ordres des décideurs de l’armée, ceux-là même qui ont porté Bouteflika à la présidence en 1999 et qui l’y maintiennent encore aujourd’hui. Ces appels n’ont ainsi qu’un seul effet qui est loin de faire changer de camp à la peur : donner une légitimité à un régime autoritaire et à des institutions qui n’en ont jamais eue aux yeux de la population.
Quant aux voix qui appellent à voter pour Ali Benflis, le seul adversaire sérieux de Bouteflika font mine d’ignorer que l’ancien premier ministre de Bouteflika est aussi un homme du système – comme tous les autres candidats – qui n’a en rien dérogé aux habitudes de son « milieu » en terme de violences ou de fraude électorale.
Néanmoins, il faut reconnaître que l’Algérie assiste à un ordre inédit dans son histoire. Pour la première fois depuis l’indépendance, la population, particulièrement les jeunes, ont empêché des candidats ou des représentants de Bouteflika de mener campagne. Abdelmalek Sellal a été chassé de Bejaïa et empêché de se rendre à Batna. Les ministres Amar Ghoul et Amara Benyounès ont été chahutés à Bouira, le meeting de Saadani, chef de file du FLN, a été annulé à Chlef, les ministres Amar Tou et Rachid Harraoubia ont été chassés de Khenchela par une population qui a ordonné : « Dégage ! », Louisa Hanoune, présidente de Parti des Travailleurs (PT), candidate à l’élection bien qu’elle soit une proche de Bouteflika, a vu quant à elle ses meetings systématiquement perturbés. Ces événements montrent que les discours du régime qui accuse la main étrangère d’être à l’origine de tous les maux du pays ou ses opposants d’être des ennemis de la religion musulmane et d’une prétendue « unicité » de la nation ne fonctionnent plus.
Changer de système ou changer de mode de fonctionnement du système ?
Loin de signifier la fin du régime, ces différents événements marquent la fin d’un mode de fonctionnement du pouvoir algérien qui va sans doute préparer sa propre mue. Cela donnera l’illusion de la mise en place de la transition à laquelle appellent tous les opposants au 4ème mandat. Cette progression s’impose car l’État ne peut plus fonctionner avec les responsables qu’il se donne aujourd’hui. Rares doivent être les pays dans le monde à compter un gouvernement fait d’hommes et de femmes aussi incompétents et aussi véreux que ceux que compte le gouvernement algérien depuis l’arrivée de Bouteflika. Celui-ci s’est en effet assuré un cercle de fidèles vassaux à qui tout est permis. Son ancien ministre de l’Énergie, donc responsable du secteur des hydrocarbures, accusé d’avoir perçu des pots de vin d’un montant de 127 millions de dollars, a dû fuir pour se réfugier aux États-Unis. Amar Ghoul, ministre des transports, porteur de ce qu’il appelle le « projet du siècle » qui consiste en la création d’une autoroute de 1200 km reliant l’est à l’ouest du pays, est aussi accusé d’avoir perçu des pots de vin pour l’attribution des parts d’un projet exagérément lent et abusivement coûteux. Autre responsable dont l’incompétence est accablante, Amara Benyounès, ministre du Développement industriel, a aussi été accusé de corruption. Au FLN, parti dont le président est président d’honneur, Amar Saidani, chef de file du FLN, posséderait deux appartements en France où il aurait un compte d’un montant de 300 millions d’euros. La corruption touche tous les ministères, toutes les institutions du pays à quelque niveau que ce soit.
Après le 17 avril, il faudra nécessairement faire le bilan des trois mandatures précédentes de Bouteflika. Un bilan catastrophique qui pourrait mettre l’Algérie à genoux. A l’exception de la SONATRACH, il n’y a guère plus aucune société publique qui soit économiquement viable. Tout est maintenu sous perfusion pour éviter les fermetures successives. Cette réalité-là devra un jour où l’autre être connue du peuple dont le plus grand employeur reste l’État. Concernant la situation sécuritaire liée à la « Décennie noire », Bouteflika refuse d’ouvrir le dossier des disparus mais a amnistié les terroristes qu’il dit « repentis ». Une injustice a été commise envers toutes leurs victimes qui voient leurs bourreaux avoir accès à tous les biens et à tout type de passe-droits – un émir du GIA est même dans le directoire de campagne de Bouteflika – pendant que la pauvreté et le mépris croissent partout ailleurs. La situation des hôpitaux n’a jamais été aussi inquiétante, le système éducatif est totalement brisé et l’ignorance est établie en système. Sans exagération, si Abdelaziz Bouteflika a réussi une chose, c’est bien celle de faire de l’Algérie un vrai pays « tiers-mondiste ».
Les réactions des jeunes, bien que dispersées, n’est pas sans rappeler le début du « Printemps tunisien ». Des portraits du dirigeant déchirés et brûlés dans la rue, des slogans dont le message est que « le peuple veut la chute du régime », des représentants politiques chassés, tout indique que l’esprit pacifique qui tient à cœur aux opposants du régime pourrait laisser place à une réaction plus violente face à un pouvoir qui ne maîtrise que le langage des matraques et des kalachnikovs. Durant cette campagne électorale, les partisans de Bouteflika ont tué un jeune homme à Tipaza et n’ont pas hésité à menacer de s’occuper de leurs opposants après le scrutin. Symboliquement, le lynchage des pro-régimes par les anti-régimes et vise-versa a déjà commencé sur les réseaux sociaux où des photos, des noms et des adresses de personnes déterminées sont chaque jour soumis à la vindicte des internautes. Déjà, deux médias sont privés de la manne publicitaire distribuée par l’Agence nationale d’édition et de publicité (ANEP). Ils se voient sanctionnés pour avoir reçu les membres du mouvement « Barakat ! ».
Pour affronter la situation difficile qui pourrait prévaloir après le 17 avril, le régime pourrait soit faire le choix de précipiter une révolution qu’il ne pourra jamais arrêter ou changer de mode de fonctionnement en se séparant des dirigeants qui cristallisent la colère du peuple pour nommer des responsables compétents. Ces derniers seraient forcément issus de nouveaux espaces que celui du FLN qui n’arrive plus à pourvoir L’État en cadres dignes de ce nom. C’est là que se jouera la perpétuité du régime algérien.

(1) L’acharnement du régime algérien à programmer la folie du peuple passe aussi par la voie des medias. Ainsi, avant que Bouteflika ne se déclare officiellement candidat, les relais du pouvoir n’ont cessé de manipuler les journalistes en leur transmettant des informations contradictoires et chaque jour changeantes sur les desseins du chef de l’Etat et sur ses rivaux potentiels. La peur au ventre, le lecteur voyait ses références entrer dans une instabilité chronique et il lui devenait impossible de se projeter dans l’avenir.

A propos de l'auteur

Ali Chibani, auteur du recueil poétique L'Expiation des innocents, est docteur en littérature comparée avec une thèse soutenue à la Sorbonne et intitulée Temps clos et ruptures spatiales dans les œuvres de l'écrivain francophone Tahar Djaout et du chanteur-poète kabyle Lounis Aït Menguellet. Il collabore au mensuel Le Monde diplomatique, aux sites web SlateAfrique.fr et Tv5 Monde, ainsi qu'à la revue Cultures Sud. Il a également co-fondé le blog littéraire La Plume Francophone.
 
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