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lundi 22 septembre 2014

Scandale à Tébessa : le député, l’argent sale des trafiquants d’armes et le FLN



C’est un scandale qui fait couler beaucoup d’encre. À Tébessa, ville située à l’extrême est du pays, à plus de 500 Km d’Alger, des militants de lutte contre la corruption sont montés au créneau pour dénoncer un député de la wilaya élu sur les listes du Front de libération nationale (FLN) lors des élections législatives de mai 2012.
Un député qui s’apprête à utiliser de l’argent sale pour acheter un siège au comité central du FLN. Le collectif citoyen la Marche nationale de la jeunesse libre pour la dénonciation des cas de corruption à Tébessa accuse le député Djemaï Mohamed de faire pression sur des élus et des responsables politiques de différentes formations (FLN, RND, MSP et TAJ) et de traiter, en plus, avec des trafiquants et des contrebandiers pour leur soustraire la modique somme de 14 milliards de centimes. La somme collectée devrait lui servir à acheter un siège au comité central du FLN (secrétariat national du parti historique). Selon nos interlocuteurs membres de ce collectif  citoyen, c’est à l’occasion du prochain congrès du FLN que le député originaire de Tébessa envisage de verser ces pots-de-vin pour s’offrir une nouvelle fonction honorifique, dont le prix s’élèverait à pas moins de 50 milliards de centime, indiquent encore nos sources.
Des pots-de-vin qui proviennent de l’argent sale des trafiquants d’armes qui pullulent au niveau de la région frontalière de la wilaya de Tébessa.  Dans une longue lettre adressée à la Présidence de la République, les membres de ce collectif qui milite clandestinement à Tébessa ont révélé également tous les noms des anciens et actuels sénateurs, députés, narcotrafiquants et contrebandiers qui auraient payé des sommes allant de 200 millions à 2 milliards de centimes pour corrompre des responsables locaux ou truquer les urnes lors des élections législatives.
Selon le même document, dont nous détenons une copie, l’actuel député FLN de cette wilaya prélèverait une dîme sur chacun de ses services rendus. « Mohamed Djemaï impose cet impôt à tout individu qu’il avait aidé à occuper un poste de responsabilité », affirment les militants de la lutte contre la corruption. Pour illustrer leur propos, ils citent, à titre d’exemple, « la nomination » d’une certaine M.Z. à la tête  du bureau communal de TAJ (parti politique d’Amar Ghoul, actuel ministre des transports) ainsi que plusieurs autres cadres du MSP et du RND qui travaillent tous sous les commandes de ce cacique du FLN. Mohamed Djemaï serait même un baron de la contrebande qui sévit au niveau de la frontière algéro-tunisienne, accusent ses détracteurs. Le collectif affirme aussi que le « député corrompu » se prévaut de liens qu’il aurait entretenus avec de « hauts responsables du FLN et des puissants personnages de l’État » pour asseoir son influence à Tébessa. Ainsi, il aurait avoué à ses proches qu’un festin à l’honneur de ces personnalités d’ « en haut » lui coûte 800 millions de centimes ». «Il leur  aurait même juré être en contact direct avec le frère cadet et conseiller du président, Saïd Bouteflika », dénonce un membre de la Marche nationale de la jeunesse libre pour la dénonciation des cas de corruption à Tébessa.
Contacté à ce sujet, le chargé de la communication au FLN, Saïd Bouhadja, affirme que la direction du parti  n’a jamais été saisie à propos de ces accusations qui sont considérées par cet interlocuteur comme nulles et non avenues.  « Ces accusations ne sont pas fondées. Nous n’avons pas été saisis, la justice non plus. Encore moins le SG ou le président de l’APN », se défend-t-il.
Contacté à son tour, un activiste membre du collectif à l’origine de ces révélations fracassantes, dénonce, sous le sceau de l’anonymat, les pressions et les menaces que lui et ses compagnons subissent depuis qu’ils ont osé porter sur la place publique ces informations sensibles. Quant aux autorités civiles et sécuritaires locales, nos interlocuteurs militants en faveur de la lutte contre la corruption estiment qu’elles «protègent ces puissants criminels ». Ils en veulent pour preuve « le kidnapping de leur camarade Messaoud Zoghlami le 7 mai dernier, et sa séquestration pendant 6h, voire jusqu’à 10h». Contacté par nos soins,  Messaoud Zoghlami a confirmé cette information. Il explique qu’ « on a refusé d’enregistrer ma plainte contre X au niveau du commissariat (la 1re) de la ville de Tébessa, malgré les efforts de certains agents honnêtes qui m’ont affiché leur soutien ». Ainsi, les activistes de Tébessa lancent un véritable SOS à l’adresse des pouvoirs publics, des organisations de défense des droits de l’Homme et de tous les militants de la démocratie afin de les soutenir et de leur assurer une protection. Ils se disent « prêts à témoigner devant la justice si on nous assure notre sécurité et celle de nos familles ».
Soulignons enfin que nous avons tenté à maintes reprises de joindre le député Djemaîï Mohamed. Ce dernier était injoignable durant toute la journée d’hier.

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mercredi 17 septembre 2014

4 Mandats et un enterrement

Une décennie noire  et deux décennies sans couleurs et sans vie, qui dit mieux ? Trente ans à compter les cadavres ensuite les conneries, à comptabiliser les morts ensuite les pots de vin, a enterrer les morts et faire revivre nos ratés. Dix ans à mourir au nom d’un dieu auquel on a voulu tout coller et  vingt autres années à errer entre un trois quart et un frère en entier. Finalement c’est quoi la différence ? On a fait la guerre pour avoir la paix, pour finir avec une paix qui ressemble à une guerre perdue, on a troqué la république contre une monarchie et les armes contre le tramway, les frères de religion pour le frère du président et les faux barrages pour un précipice soigneusement creusé.
 Trente ans ! Pardi ! Une jeunesse, des souvenirs et l’orgasme d’une vie, mais ce n’est pas l’âge de ceux qui les ont vécu, on a l’âge de sa misère et les rides de ses vielles envies, la sagesse de ses ratés et le discours des bouches cousues, on a grandi sans passer par l’âge, sans demander aux années. L’échec est la, c’est un état d’âme et la résignation une couleur de yeux, le pays une chimère et la liberté une chanson tordue, L’Algérie est désormais beaucoup plus une maladie qu’un pays, on ne la soigne pas, on crie son dégout et on la fuit, on traine la citoyenneté comme un cadavre pourri et pour l’avenir on cherche dans les placards les anciens poupées. Et puis quoi encore ? Trois décennies de gabegie et une quatrième surement pour les contempler, une cinquième pour en parler et une dernière pour arrêter !
 Trente ans ! Nom d’un frère, d’un émir et d’une hérésie, nom d’un cauchemar, d’un vieux bar à putes et d’une terrible fin de nuit ! Trente ans de silence et de soumission heureuse, ce n’est rien trente ans diraient les plus avisés, c’est un peu plus que rien dans l’histoire d’un pays, un passage obligé et une féconde connerie ! On traine sa peine sur la marge du temps, on saura quoi répondre si on nous demande notre âge, on a tous le même, il ne se compte pas en années, ni en sourire ni en amours perdus, la quarantaine et la trentaine n’existent plus, les vingtaines interdites et l’enfance ensevelie, on a tous le même âge dans ce pays, l’âge des oubliés, des engagés pour la mort et désengagés de la vie, l’âge le plus beau, le plus long et celui dont on ne se souvient plus, l’âge de  notre merdier.

Par: Sidali Kouidri Filali
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La plus belle prise de guerre du clan Bouteflika

Au cours de sa première réunion avec les officiers de l’armée algérienne en 1999 quelques semaines après son élection à la tête de l’Etat algérien, Abdelaziz Bouteflika avait demandé la tête du général Bachir Tartag accusé de la responsabilité des exactions commises par les services de sécurité en matière de violations des droits de l’Homme pendant la décennie noire, qui fit 150000 morts en Algérie. Quinze ans plus tard, le même général vient d'être nommé conseiller spécial du même président, à la demande de son frère, Saïd Bouteflika, qui cherche à trouver quelques alliés au sein de l'institution militaire. Exploration au coeur du sérail militaire algérien, avec notre chroniqueur Hichem Aboud.

La nouvelle est tombée à une heure tardive de la soirée (21h07) en exclusivité sur un site d’information réputé proche de Saïd Bouteflika. La nomination du général-major Bachir Tartag n’a pas été annoncée par un canal officiel et qui n’est autre que l’agence de presse officielle (APS) comme cela se passe pour toute nomination officielle à des postes de responsabilité si importants. Cela s’explique par certains observateurs comme une annonce officieuse qui risque d’être remise en cause dans le cas où des réactions hostiles venaient à la contrarier. C’est ce qui s’était passé le 28 septembre 2013 quand, par le canal du même site d’information, a  été annoncée « une profonde restructuration du DRS ».
Coups de sonde
La nomination de l’ancien patron du contre-espionnage algérien n’a rien d’innocent. C’est pour cette raison que son auteur et qui ne peut être autre que le frère cadet du président de la république, Saïd Bouteflika, a cherché d’abord à sonder les cercles hostiles à cette promotion et proches du général de corps d’armée Mohamed Mediene dit Tewfik, l’inamovible patron des services secrets algériens.
Protégé du patron du DRS, le général Tartag ? Oui, il l’était jusqu’à ce jour où le général Tewfik, sur injonction de la présidence, l’avait démis de ses fonctions en même temps que le général-major Rachid Laalali dit Attafi, alors patron de la Direction de la Sécurité Extérieure. Le limogeage de ces deux généraux a suivi celle de leur collègue le général M’henna Djebbar alors patron du troisième pilier du DRS, la Direction de la sécurité de l’Armée, soudainement placé sous les ordres du général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah qui ne portait, alors, que la casquette de chef d’Etat major de l’armée avant de s'en voir confier une seconde, celle de vice-ministre de la défense nationale lors du remaniement gouvernemental du 11 septembre 2013.
Le général retourné
A peine démis de ses fonctions et alors qu’il se voyait appelé à faire valoir ses droits à la retraite comme beaucoup de ses pairs touché par la vague dite de restructuration du DRS, le général Bachir est approché par Saïd Bouteflika à la recherche d’informations sur les dossiers de corruption gérés par le DRS et qui étaient sous l’administration directe du général Bachir. Le dossier le plus recherché était, incontestablement, celui de l’affaire Chakib Khelil, l’ancien ministre de l’énergie et dans lequel le frère cadet du président est lourdement impliqué. Ce dossier était piloté directement par l’ancien patron du contre-espionnage qui avait veillé personnellement à sa transmission aux instances judiciaires.
Se sentant lâché par son ancien patron, le général Bachir ne refuse pas l’offre de Saïd Bouteflika qui consistait à le préparer à remplacer le général Tewfik à la tête du DRS. En attendant, il ira exercer la fonction de conseiller à la sécurité auprès du vice-ministre de la défense nationale le général de corps d’armée Gaïd Salah. De quoi rassurer l’ancien patron de la DCE.
Le deal entre les deux hommes était simple à deviner. Le général-major Bachir fera un scan total du DRS au profit de Saïd Bouteflika. Ce dernier qui nourrissait un immense complexe des services secrets va enfin découvrir le fonctionnement de cette bulle si mystérieuse. Il apprendra tous les détails sur tous les cadres et les structures du DRS. Il saura qui fait quoi et comment on fait. Il saura, surtout, qui gère les dossiers de la corruption et quels sont les pilotes des différents dossiers.
Le général Bachir ira passer quelques jours à Paris pour des soins médicaux, le temps de se faire oublier par le général Tewfik et de se préparer à sa nouvelle mission.
Une succession difficile
Ayant pris connaissance des intentions des uns et des autres et s’étant rassuré que le général Tewfik n’était nullement hostile à un quatrième mandat pour le président Bouteflika, Saïd Bouteflika arrête momentanément son opération déstructuration du DRS. D’ailleurs, le général Tewfik n’avait pas réagi à une seule agression dont il fut victime de la part du frère du président. Il ne faisait qu’obtempérer à toutes les injonctions au grand dam de ceux qui voyaient en lui le grand décideur.
Le scrutin présidentiel se déroule comme le souhaitait Saïd Bouteflika au mépris de toutes les règles démocratiques. Une fraude à grande échelle qui a permis à un candidat fantôme de remporter une écrasante victoire digne des années de plomb.
Cette victoire est loin d’assouvir l’ambition de Saïd Bouteflika qui aura à faire face à l’impossibilité d’afficher en public un président capable d’assister, du moins physiquement, à la moindre manifestation publique. Depuis, sa réélection le 17 avril dernier, le président n’a pas prononcé une seule parole à l’adresse du peuple et n’a assisté à aucune cérémonie officielle. L’annulation de la cérémonie d’échange de vœux à l’occasion de la fête de l’Aïd El-Fitr le 29 juillet, bien que passée sous silence par la presse algérienne, a donné à réfléchir à Saïd Bouteflika. Il pense, cette fois-ci, très sérieusement à la succession de son frère.
Qui pourrait succéder à Abdelaziz Bouteflika à la tête de l’Etat algérien alors que son frère cadet est impliqué dans de graves affaires de corruption ? Cela n’est un secret pour personne. Rien qu’à voir les marchés obtenus par le nouveau riche Ali Haddad aux moyens très limités comme le souligne un site d’information, pourtant proche de Saïd Bouteflika, et rien qu’à voir l’éclosion d’une nouvelle caste d’hommes d’affaires qui ont fait fortune sans de gros investissements pas besoin d’être grand clerc pour deviner qui se tient derrière ces arrivistes dans le monde des affaires. L’impunité dont jouit Chakib Khelil, l’ancien ministre de l’énergie, pourtant poursuivi par la justice italienne dans la même affaire, et Farid Bejaoui, le neveu de l’ancien président du conseil constitutionnel (2002-2005) et ancien ministre des affaires étrangères (2005-2007) sous Bouteflika anis que l’impunité dont jouit le ministre Amar Ghoul impliqué dans le scandale du siècle, celui de l’autoroute est-ouest, sont amplement suffisants pour prouver que les responsabilités de ces scandaleuses affaires de corruption sont à chercher au niveau du sommet de l’Etat.
Saïd sit très bien qu'il finira ses jours derrière les barreaux dès la disparition de son frère. C’est pourquoi il ne peut faire confiance en personne. Il doit, par conséquent, hériter du fauteuil présidentiel de quelque manière que ce soit.
Vie d'espion
Après avoir échoué dans la création d’un parti politique lui permettant de se porter candidat à la magistrature suprême, par la faute d’un élément trop bavard et guère expérimenté dans le jeu des coulisses, Saïd Bouteflika est forcé d’opter pour le coup de force. Ce coup de force consiste à placer à la tête du DRS source de tous les pouvoirs, un homme de confiance. Il ne peut trouver mieux que Bachir Tartag connu pour sa loyauté et sa fidélité d’autant qu’il se voit redevable envers le frère du président qui l’a hissé à un niveau de responsabilité qu’il s’estime être capable d’assumer. Et qui mieux que le général Bachir connaît les rouages du DRS ?
Lui qui a commencé sa carrière depuis le début des années 70, à sa sortie de l’université de Constantine avec une licence en géographie a suivi formation  de six mois au KGB de l’ex-Union Soviétique avant  de prendre en charge la formation du premier noyau militaire du Front Polisario. Il sera, ensuite chef du bureau de sécurité dans plusieurs wilayas (départements) notamment Oum-El-Bouaghi, Jijel et Alger avant une courte mise au placard en 1987. Alors qu’il venait d’être désigné responsable de la sécurité de garnison, le colonel Betchine, Directeur Central de la Sécurité de l’Armée, par abréviation DCSA, (issue de la restructuration de la Direction de la sécurité Militaire) lui confie la direction régionale de la sécurité de l’armée de la 5ème région militaire (Constantine). Avec l’arrivée du colonel Kamel Abderrahmane à la tête de la DCSA, le général Bachir qui avait le grade de commandant en 1990 était nommé sous-directeur de l’opérationnel. Un poste au sein duquel il sera mis à l’index par des organisations des Droits de l’Homme pour les exactions commises par ses hommes dans le cadre de la lutte anti-terroriste au milieu des années 90. Son parcours sera couronné par sa nomination à la tête de la direction du contre-espionnage en 2011 après quelques années de mise au placard pour échapper aux foudres de guerre du président Bouteflika qui avait demandé sa tête en 1999.
La grâce dont bénéficie, aujourd’hui, le général Bachir Tartag, fait de lui l’un des hommes de confiance et des plus sûrs pour permettre à Saïd Bouteflika de préparer la première étape de sa prise du pouvoir en succédant à son frère.

Hicham Aboud Mondafrique
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dimanche 14 septembre 2014

Nature du régime politique algérien, faillite nationale, nécessité d’un changement démocratique et phase de transition

Le régime politique algérien tel qu’il s’est toujours manifesté depuis l’indépendance,n’est que le fruit des crises successives qui ont secoué le mouvement national et ce particulièrement aprés 1954 . En effet,l’entêtement de la puissance coloniale , son refus de reconnaitre au peuple algérien le moindre droit civique ou politique,l’arrogance des colons et le mépris qu’ils ont toujours manifestés à l’encontre de ce qu’ils appelaient l’indigène,ont poussé le mouvement national à la radicalisation surtout aprés l’échec de toutes tentatives de solution pacifique à la colonisation de l’Algérie .  Les évenements de Mai 1945,n’ont fait que renforcer la tendance radicale du mouvement national .
Sans moyens et sans formations pour nombreux d’entre eux,les nationalistes qui ont déclenchés le soulèvement du 1er Novembre 54,ont volontairement compensé leur retard vis à vis de l’armée d’occupation,en imposant au peuple algérien,la rigueur et le sacrifice avec cependant une tendance à la pensée unique et au rejet du moindre droit à l’individu algérien . Le F.L.N,imposa ainsi sa vision à tout le peuple algérien mettant ainsi la révolution du 1er Novembre au dessus de la moindre  liberté individuelle . Ce rigorisme qu’imposait la guerre de libération,pouvait se justifier malgré son caractère par moment excessif . Cependant,ce que les besoins du soulèvements  de Novembre pouvaient tolérer , s’avère un véritable abus de pouvoir et un manque de discernement après 1962 .
C’est ainsi que la  notion de révolution sacrée capable de sacrifier ses propres enfants dans un contexte autoritaire,s’imposa dès l’indépendance dans le seul objectif d’entretenir un supposé projet visant à préserver le pays contre de potentiels ennemis réels ou imaginaires  . Chemin faisant,l’individu,ses droits,la qualité de sa formation et de son éducation,son émancipation et son bonheur,furent négligés dés 1962 au profit d’un projet obsessionnel ayant réduit la réussite d’un peuple à l’instauration d’un Etat fort !
Cette stratégie de marginalisation du peuple algérien menée depuis 1962,finira par isoler les tenants du pouvoir réel . Sans appuis  populaires,le pouvoir se refugea derrière  un discours populiste fait d’un mélange de nationalisme  archaïque et de banditisme . Force est de constater,qu’en 52 ans de gestion autoritaire marquée par l’absence d’un individu formé,éduqué et émancipé,notre pays a fini tout simplement par  se priver d’un véritable Etat !
L’incapacité des élites dirigeantes à concrétiser depuis l’indépendance,un projet de société capable de respecter les algériennes et algériens et les unir  afin qu’ils progressent ensemble au sein d’un Etat de droit où ils se reconnaissent et agissent pour le bien de tous,nous a conduit aujourd’hui vers une faillite multidimensionnelle,à la fois politique, sociale,culturelle,économique et morale .
Devant un tel échec,le changement devient une urgence absolue pour tous les algériens sauf pour les détenteurs du pouvoir réel . Déconnectés des réalités du pays et du monde,incapables de dresser le moindre bilan par rapport à leur gestion catastrophique des affaires des algériennes et algériens,les tenants du pouvoir tentent de « réformer « le système en reproduisant  les mêmes reflexes qui ont conduit à la faillite du pays . N ‘accordant aucun intérêt à la volonté du peuple et n’ayant jamais cru à la souverainté populaire,les décideurs tentent de survivre à leur échec en imposant aujourd’hui une opposition apparente comme ils ont toujours  imposé des gouvernements et des présidents de la républiques apparents . Que peut faire au sein d’une supposée opposition, un ancien premier ministre qui n’avait aucun pouvoir politique et qui agissait comme un simple fonctionnaire ?
Quelles réformes peut il proposer aujourd’hui,alors que les simples fonctionnaires n’ont pas vocation à réformer un système autoritaire ?
La triste réalité est que si  le système des fonctionnaires « dirigeants »a duré 52 ans grâce à la manne pétrolière,celui des fonctionnaires « opposants »,ne durera que le temps qui nous reste pour épuiser le peu de réserves qui nous restent en hydrocarbures  . La fin prochaine de nos richesses non renouvelables,marquera à jamais la somalisation définitive de l’Algérie déja perceptible en ce moment à tous les niveaux .
Plus que jamais,une rupture réelle avec les reflexes responsables de notre faillite,devient nécessaire . Cette rupture exige une phase de transition qui se caractérisera par l’élection d’une assemblée constituante ,la rédaction d’une nouvelle constitution et surtout par une nouvelle gouvernance qui aura pour objectif le respect des algériennes et algériens,leur émancipation,leur éducation,leur formation et leur bonheur . Seules des citoyennes et citoyens souverains,pourront créer un Etat fort,stable et durable .
L’autoritarisme,le bricolage,la ruse et la corruption,risquent de nous détruire tous, y compris les initiateurs de ces reflexes archaïques et dévastateurs !

Abdelhak SERRAB LQA
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vendredi 5 septembre 2014

Avant-projet du code travail : le droit de grève aboli indirectement en Algérie

L’Algérie devient dans le monde le premier pays de non grève.



A la lecture de l’avant-projet, ma première impression est que cet écrit est le fruit d’un employeur ou plutôt d’un patron qui s’est fixé comme but  que "plus jamais aucun syndicat ne pourra avoir recours à une grève en Algérie et que le travailleur algérien n’est plus libre et qu’il est obligé d’obéir aux ordres".
La mondialisation, le FMI et le néolibéralisme viennent de nouveau après avoir détruit l’éducation et dilapider les biens du pays de mettre à genoux le travailleur algérien par ce code que je qualifierai de mascarade ou du code de la honte et de la légalisation de l’esclavage en Algérie. Ce code est une véritable cour avec la création de bureaux et tribunaux pour les conciliations où le travailleur devient accusé devant le patron.
La seconde remarque est que ce code s’est concentré sur le contrat de travail où l’employeur est le véritable patron pouvant recruter et licencié qui il veut. Pour le contrat à durée indéterminée là aussi l’employeur peut mettre fin au contrat avec une indemnité maximale de 15 mois (article 106)En cas d’indiscipline l’employeur peut licencier un travailleur sans passer par le conseil de discipline sur simple entretien.
La troisième remarque concerne la grève un droit constitutionnel qui ne l’est plus suite aux conditions que le travailleurs doit subir pour que celle-ci soit légale.
La quatrième remarque c’est la légalisation de la tripartite et de là les syndicats autonomes ne peuvent plus s’y opposer dans la mesure où le syndicat le plus représentatif  est l’UGTA puisqu’elle regroupe tous les travailleurs de tous les secteurs.
Certes le droit de grève est toujours assuré mais dans quelle condition ? Dans la section prévention des conflits :
L’article 310 stipule qu’en cas de différent l’employeur et les représentants des travailleurs engagent les procédures de conciliation prévues. Et à défaut de procédures de conciliation ou en cas d’échec l’inspection du travail est saisi sur le conflit ( Ceci montre que l’employeur est toujours roi et si les représentants des travailleurs ne trouvent pas un terrain d’entente il ne pourra pas faire grève puisque l’inspection du travail se saisira du dossier) et à cet effet l’article 311 stipule que lorsque la procédure de conciliation aura échoué l’inspection du travail convoquera dans une première audience les parties en conflit dans un délai qui n’excèdera pas huit jours.
L’article 312 stipule que les parties en conflit sont obligées d’assister aux audiences. L’article 313 stipule que la durée des audiences ne peut excéder 15 jours à partir de la première audience (si on fait le calcul il y a la durée de la conciliation directe qui peut durer un certain temps + les 8 jours que prendra l’inspection du travail pour convoquer les parties en conflit + les 15 jours d’audiences en présence de l’inspection du travail) .Donc il faut légalement un délai d’environ 30 jours pour arriver à l’étape ultime qu’est la médiation. Lorsque les parties en conflit se mettent d’accord pour la médiation stipulé par l’article 315. Cette médiation est toujours à l’avantage de l’employeur. Une fois passé ces étapes sans trouver de solutions alors commence la procédure de grève :
*Le recours à la grève se fait par voie de vote à bulletin secret.
*Le préavis de grève doit être déposé le même jour au niveau de l’inspection du travail et de l’employeur 8 jours avant le début de la grève.
Le service minimum est obligatoire alors qu’au niveau de l’éducation il n’a jamais était obligatoire car ce n’est pas un secteur économique.
Un autre abus c’est l’article 351 qui stipule qu’un gréviste peut être réquisitionné.
L’article 355 stipule que l’employeur peut donner l’information sur un fait nouveau dans l’assemblée générale en l’absence du représentant car celui-ci ne peut assister que sur sa demande.
D’autres abus de la loi, article 363 c’est les sanctions pénales contre les syndicalistes s’ils boycottent les voies de conciliation sont de 10 000 à 20 000D à et sont doublés à chaque absence.
Le précédent code stipulait que le nombre de fondateurs minimum était de 15 pour le nouveau code il sera de 25 répartie sur 1/3 du territoire. Le délai de réponse qui était de 30 jours est passé à 60 jours sans parler des autres complications.  Pourquoi ces changements ? La réponse est simple pour tout le monde : les syndicats dérangent donc il faut leur compliquer la manœuvre d’exercer et d’exister.
Après cette première lecture sur le volet conflit collectif et constitution de syndicat. Je trouve incroyable que dans mon pays ou le code du travail existant était l’un des meilleurs au monde puisqu’il garantissait toutes les libertés syndicales se voit transformer. On  l’a vidé de son cru positif pour le remplacer par des articles évidents d’exploitation et où on a consolidé les lois sur le contrat de travail désormais dicté par des articles où le travailleur n’a plus aucun droit même pas celui de parler et où l’employeur est le patron et je pense qu’il est plus judicieux dans ce code de remplacer employeur par patron.
La grève ne peut être légale vis-à-vis de la loi qu’après 45 jours au minimum. De ce fait je pense qu’il ne reste après l’adoption de ce code à tous les syndicats non pas de faire une grève pour refuser ce code mais de décider ensemble de s’autodétruire et de dire que le syndicalisme libre ne peut plus s’exercer en Algérie et que malheureusement les décideurs patronaux on décider de s’accaparer l’Algérie indépendante.
Je pense que tous les syndicats doivent décider ensemble de demander au gouvernement de retirer ce code de la honte ou de s’autodétruire.
Je n’ai pas voulu énumérer tous les articles qui montrent que ce code a été dicté par des patrons pour détruire tous ce qui est autonome et libre. Jamais je n’aurai cru que la bassesse atteindrait ce stade et où l’algérien après 52 ans d’indépendance arrive à exploiter son frère par ce code. La seule opposition qui a fait ses preuves depuis 2003 est l’ensemble des syndicats qui ont réussi à dénoncer ouvertement tous les maux du pays que ce soit dans l’éducation ou la santé. Et ce code est là pour briser toutes leurs actions pacifiques.

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mercredi 3 septembre 2014

COMMUNIQUE DE PRESSE / بيان صحفي / PRESS RELEASE RSF



REPORTERS SANS FRONTIÈRES /  مراسلون بلا حدود / REPORTERS WITHOUT BORDERS
COMMUNIQUE DE PRESSE /  بيان صحفي / PRESS RELEASE 

03/09/2014

Algérie - Peine confirmée pour le net-citoyen algérien, condamné à deux ans de prison

Reporters sans frontières est scandalisée par le verdict, prononcé le 1er septembre, par la cour de Ghardaïa qui confirme la peine de deux ans de prison pour Youcef Ould Dada. Ce net-citoyen avait partagé une vidéo montrant des policiers en train de commettre un vol, en marge des affrontements intercommunautaires à Ghardaia.
En prison depuis le 27 mars dernier, l’informaticien de 47 ans a été condamné, le 10 juin 2014, par le tribunal de Ghardaïa (600 km au sud d’Alger), à deux ans de prison ferme assorti d’une amende de 100 000 DA (environ 930 euros) pour “publication de photos et de vidéos qui touchent à l’intérêt national”. En cause, une vidéo qu’il a publiée sur sa page facebook - dont il nie être l’auteur - montrant trois policiers volant un magasin dans la commune d’El Guerrara, à 115 km au nord-est de Ghardaïa. Ces faits se sont déroulés fin novembre au cours des violences qui ont secoué la ville de Ghardaïa.
En confirmant la condamnation de ce citoyen à une peine de prison aussi sévère qu’absurde, l’état algérien veut envoyer un signal fort à tous ceux qui seraient tentés de dénoncer les abus de la police, déclare Virginie Dangles, adjointe à la direction de la Recherche de Reporters sans frontières. La vidéo partagée par Youcef Ould Dada a été diffusée par la chaîne privée Ennahar TV et reprise par plusieurs internautes sur les réseaux sociaux sans qu’aucun d’entre eux n’aient été inquiétés à ce jour, pas plus que ces policiers facilement identifiables filmés en flagrant délit de vol”.
La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (Laddh) n’a pas tardé à réagir face à cette condamnation et a d’ores et déjà fait savoir qu’elle introduirait un pourvoi en cassation.

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تَعتبر مراسلون بلا حدود الحكم الصادر عن محكمة غرداية بتاريخ 1 سبتمبر/أيلول والقاضي بسجن يوسف ولد دادة سنتين نافذتين فضيحة، وكانت صدمتها كبيرة فور تلقيها لهذا الخبر. حيث قام هذا المواطن الجزائري الناشط على الأنترنيت بنقل شريط فيديو يظهر قيام عناصر من الشرطة بالسرقة على هامش الاشتباكات الطائفية في غرداية.
يتواجد هذا الناشط في السجن منذ 27 مارس/آذار المنصرم، وهو متخصص في الإعلاميات ويبلغ من العمر 41 سنة، وأصدرت في حقه محكمة غرداية )600 كلم جنوب الجزائر( حكما بالسجن سنتين نافذتين وغرامة بقيمة 100 ألف دينار جزائري )930 يورو تقريبا( بتهمة نشر صور وفيديوهات تمس بالمصالح الوطنية، حيث توبع بسبب نشره شريط فيديو على صفحته بالفايسبوك، نفى المعني بالأمر أن يكون صاحبه، يقوم فيه 3 من رجال الشرطة بسرقة أحد المحلات التجارية في بلدية القرارة، 115 كلم شمال شرق غرداية. وتعود هذه الوقائع إلى نهاية شهر نوفمبر/تشرين الثاني خلال موجة العنف التي هزت مدينة غرداية.
وصرحت المديرة المساعدة المكلفة بالأبحاث في مراسلون بلا حدود، فيرجيني دانجيلز، بهذا الخصوص: “ترسل الدولة الجزائرية عبر تأكيد قرار سجن هذا المواطن القاسي والعبثي إشارات قوية إلى كل من تسول لهم نفسهم إدانة شطط رجال الشرطة. حيث قامت قناة النهار التلفزيونية الخاصة ببث الفيديو الذي نقله يوسف ولد دادة، ونقله كذلك العديد من نشطاء الأنترنيت عبر الشبكات الاجتماعية دون أن تتم مضايقة أي واحد منهم لحد الساعة ودون أن تتم متابعة رجال الشرطة الذين يسهل التعرف عليهم والذين توجد صور لهم وهم متلبسون“.
ولم يتأخر رد فعل العصبة الجزائرية للدفاع عن حقوق الإنسان بعد صدور الحكم، وأعلنت أنها ستقوم بالطعن في هذا القرار
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Court upholds jail term for computer scientist who posted a video showing policemen robbing a store
Reporters Without Borders is outraged by yesterday’s appeal court decision to uphold a two-year jail sentence for 47-year-old computer scientist Youcef Ould Dada for posting a video showing three policemen committing a robbery during inter-communal clashes in Ghardaïa province.
Held since 27 March, Dada received the sentence from a court in the city of Ghardaïa (600 km south of Algiers) on 10 June on a charge of “publishing photos and videos that affect national interest.” He was also fined 100,000 dirhams (about 930 euros).
Posted on his Facebook page, the video showed policemen robbing a shop in El Guerrara, a town 115 km northeast of Ghardaïa, during violent unrest in the town in November 2013. Dada said he did not shoot the video himself.
By upholding such a severe and absurd sentence for a member of the public, the Algerian state wants to send a tough message to all those who might be tempted to denounce police abuses,” Reporters Without Borders assistant research director Virginie Dangles said.
“The video posted by Dada was broadcast by the commercial TV station Ennahar and was reposted by other people on social networks without anyone else being questioned or charged. The policemen who carried out the robbery were not charged either, although they were easily identifiable in the video.”
The Algerian Human Rights League (LADDH) has announced that it will appeal against yesterday’s ruling to the Court of Cassation.


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REPORTERS SANS FRONTIÈRES 
in abstentia of Ms Soazig DOLLET (سوازيك) until 8th September 2014
Middle-East & North Africa Desk, Reporters W/o Borders
Bureau Moyen-Orient & Afrique du Nord
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47 rue Vivienne, 75002 Paris - France
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lundi 1 septembre 2014

Avoirs algériens en Suisse Du trésor du FLN aux «casinos» de Sonatrach


Madrid. Soirée du 3 janvier 1967. Fin de la chasse à l’homme. Mohamed Khider, 55 ans, l’homme au «trésor du FLN» gît sur le macadam givré du (paseo) San Francisco de Sales, froidement abattu de cinq balles par un tueur à gages à la solde du régime de Boumediène. «El Dirigente argelino…

Asesinado por pistoleros de Bumedien», titrait le lendemain Madrid, quotidien du soir qui consacra sa une et de longues pages au militant nationaliste. «Bien évidemment, l’affaire a été classée par le régime du général Franco et le crime est resté sans suite», rappellera Ignacio Cembrero, journaliste à El Pais en chinant dans ses vieilles archives.
Secrétaire général et trésorier du FLN à l’indépendance, Khider, en exil en Suisse puis en Espagne sous botte franquiste, était l’homme à abattre. Pour 50 millions de francs suisses (5 à 6 milliards de francs anciens représentant la somme des avoirs du FLN placés à la Banque commerciale arabe de Genève, la BCA, au nom de Khider) et dont une bonne partie avait été mise à la disposition de l’opposition (du FFS de Hocine Aït Ahmed, au PRS de Boudiaf/CNDR, l’OCRA de Lébjaoui), le dirigeant historique de la Révolution a longtemps tourmenté les maîtres du pouvoir d’Alger et donnait du fil à retordre aux régimes successifs de Ben Bella et de Boumediene.
Et pour cause ! «Les fonds (du FLN), déclarait Khider (Le Monde, 29 août 1964), sont à la disposition de l’opposition jusqu’au dernier centime.» L’affaire du «trésor du FLN» ne connaîtra son dénouement qu’à l’avènement du régime Chadli Bendjedid et au terme d’un accord intervenu avec les héritiers Khider qui accepteront de transférer les actions de la BCA au profit de l’Algérie qui devient propriétaire d’une banque en Suisse : la Algerishe Aussenhandels, la Banque algérienne du commerce extérieur (BACE) en l’occurrence. Prospère, roulant sur l’or mais méconnue du grand public, la Algerishe Aussenhandels, basée à Zurich, n’en a pas fini pour autant avec les scandales et paris de casino.
Entre 2003 et 2008, Khelil et Bédjaoui, y opèrent leur «casse» spectaculaire. En 2003, Chakib Khelil, ministre de l’Energie et P-DG de Sonatrach, confia au fonds d’investissement américain Russel Investment et plus précisément à sa succursale basée à Dubaï et dirigée par Farid Bédjaoui, Rayan Asset Management, la gestion du portefeuille de titres diversifié, près d’un (01) milliard de dollars, détenu par Sonatrach auprès des compagnies pétrolières américaines Anadarko (12 millions d’actions) et Duke Energy (16 millions d’actions).
La BACE est mise à contribution, chargée de «transférer» les fonds de Sonatrach dans les caisses de la Rayan Asset Managment. En avril 2010, Khelil évoquera ces cessions d’actifs, non sans pointe de jubilation : «Les fonds ont été restitués et nous avons fait un gain de 600 millions de dollars sur un investissement d’un milliard de dollars (…) Et vous pouvez imaginer si nous avions un peu plus d’argent, nous aurions pu gagner un peu plus.»
Genève. 14 juin. «Trop humain». Thème de l’exposition à l’affiche au musée international de la Croix-Rouge. Aux abords du Léman, dans le froufrou des jardins anglais, des sculptures de corps douloureux, de figures emmaillotées, photographies et toiles de maîtres, toutes dédiées aux spectacles de la guerre et à la souffrance humaine s’exposent au 7, rue de la Paix de la ville Romande. «Les avoirs algériens en Suisse ? Vous aurez plus de chance en cherchant une aiguille dans le grand désert de l’Algérie», s’amuse Maître Ridha Ajimi, avocat fribourgeois d’origine tunisienne. En importance et volume, les fonds algériens placés en Suisse seraient, selon lui, «en tout point incomparables aux fortunes des Benali, El Gueddafi ou les Moubarak.»
Au nom de plusieurs collectifs, associations et ONG, Me Ajimi multipliera (depuis janvier 2011) les dénonciations pénales, introduira requête sur requête auprès des autorités helvétiques, et des demandes multiples de gel des avoirs des membres des clans. L’avocat s’est fait particulièrement remarquer, et ce, dès la chute du régime de Benali en prenant part aux actions du Comité suisse de soutien au peuple tunisien — notamment devant le siège de HSBC à Genève —, et à la «traque» de l’argent et des biens acquis en Suisse par les dirigeants tunisiens, égyptiens et libyens et leur familles.
Cinq ans après, désillusion et cul-de-sac intégral. «Nous n’avons réussi à bloquer que 50 millions de francs suisses. Ça ne représente même pas 1% de la fortune du clan Benali estimée elle à plusieurs milliards de francs suisses.» En matière de dissimulation des biens illicites, les dignitaires du Sud peuvent compter aussi bien sur la sacro-sainte institution du secret bancaire, ses clubs de blanchisseurs réputés, et la magie des comptes numérotés. «L’argent et les biens détournés ne sont quasiment jamais au nom des personnes physiques.
Il s’agit souvent d’argent placé dans des comptes numérotés ou au nom de sociétés écran ou offshore domiciliées dans des paradis fiscaux.» L’avocat militant décrit un monde où le secret est quasi-total, et un révoltant deux poids, deux mesures pratiqué par la Confédération helvétique. «Quand on se présente à la Finma (puissante autorité de contrôle bancaire) pour de simples informations, on nous rit carrément au nez. Il n’empêche que quand il s’agit d’une demande américaine, on s’exécute illico presto, et quand c’est un pays du Sud, un pays arabe,  on serre davantage la vis du secret bancaire.»
Joint-ventures ou les pompes à fric des négociants suisses
Genève. Au 9e rang des places financières globales.  Haut lieu du négoce des matières premières, la ville de Suisse romande, avec ses 400 monstres du négoce et de courtage (Cargill, Trafigura, Vitol, Gunvor …) établis aux bords du lac Léman s’arroge aussi bien les premières parts des marchés du pétrole (un quart du pétrole africain) mais aussi des céréales, sucre et café, brassant un chiffre d’affaires dépassant les 666 milliards d’euros par an.
«Vous imaginez ce que cela représente en termes de volume financier, de nombre de transactions par jour… Quid des magistrats et procureurs qui enquêtent sur les affaires financières à Genève ?  Ils ne sont que six !» Pour cet expert en négoce des matières premières, cette disproportion d’enjeux et moyens renseigne sur toute la faiblesse du système pénal suisse, «incapable de lutter contre la grande corruption internationale».
Marc Gueniat est enquêteur dans le domaine des matières premières au sein de la Déclaration de Berne, une fondation suisse engagée dans l’«aide au développement» et pour des «relations plus équitables entre la Suisse et les pays du Sud». Ses investigations portent sur des cas de corruption impliquant des entreprises suisses intervenant dans le segment très opaque du pétrole mis en vente par les Etats et les compagnies publiques.
Ses rapports et enquêtes menés au Nigeria, en Angola, en Guinée Conakry soulignent tous la «position hégémonique» des négociants suisses, dominant de loin les exportations au Cameroun, au Gabon, en Guinée équatoriale, au Nigeria et au Tchad où la société Glencore a acquis, en 2013, 100% de la part étatique du pétrole pour une valeur correspondant à 16% du budget national de ce pays, l’un des plus pauvres de la planète.
«Avant, dit-il, j’avais des notions sur leurs parts de marché, je savais que les sociétés suisses contrôlaient un tiers du commerce mondial du pétrole, ce genre de choses, mais lorsqu’on va dans le détail, on se rend compte combien ces pays et univers sont les zones de confort des sociétés suisses et on découvre l’ampleur de la corruption et de la misère qui ravagent ces pays.» Et c’est à travers les joint-ventures (entre sociétés suisses et compagnies nationales  publiques ou privées apparentées aux dignitaires du pouvoir et leurs familles), explique-t-il et via les partenariats systématiquement domiciliés dans les paradis fiscaux que s’organisent les pillages des ressources .
«Et ce qui choque le plus, c’est que ces sociétés étatiques détournent une grande quantité d’argent qui appartient aux populations, comme au Nigeria où en septembre dernier le gouverneur de la Banque centrale a écrit — et rendu publique sa lettre —, au président de la République l’interpellant sur le fait que la Nigerian National Petroleum (compagnie nationale des hydrocarbures) a oublié de transférer… 20 milliards de dollars en 18 mois de ses comptes sur ceux de l’Etat. Avec une telle somme, combien d’écoles, de routes, d’hôpitaux… auraient pu être construits alors que là elle n’a profité qu’à une caste corrompue, qui bénéficie de la complicité active des sociétés suisses».
Dans les faubourgs et Rues basses, dans le Saint Gervais, La Rive, et autour des quartiers bancaires de Hollande, du Parc des Bastions prospèrent les cabinets et sociétés de trading pétrolier : Vitol, Totsa, la filière genevoise du géant Total, Gunvor… qui font transiter (sur le plan comptable) par Genève-Cité plus d’un tiers du pétrole mondial, enrichissant requins de la finance et potentats du Sud  confondant souvent la Banque centrale de leur pays avec leur porte-monnaie.
Genève, capitale économique du monde arabe
Le Printemps arabe a tout juste fait sonner les cloches des banques suisses, estime Gueniat, sans rien changer de leur statut de receleur universel vicié à la destinée même de la Confédération helvétique. «Certes, c’est de plus en plus difficile aujourd’hui pour les élites politiques de posséder directement des comptes bancaires en Suisse, mais ils le font désormais autrement via des sociétés de négoce aux comptes desquels ont accès les  hommes du pouvoir ou en achetant, c’est toujours possible, sa villa cash sans passer par une banque et sans être inquiété par le dispositif antiblanchiment».
Beaucoup d’oligarques russes, mais pas seulement,  ont acquis ces dernières années (par sociétés immobilières aux porteurs) et à des sommes faramineuses des résidences à Genève au bord du lac. En cette saison, et comme chaque année, la palme du débarquement massif revient aux têtes couronnées du Golfe, princes et leurs familles débarquant en smala avec une armée de domestiques et de conseillers sur les rives du Lac Léman. «Genève, capitale économique du monde arabe», titrait l’Hebdo genevois. Hôtels et palaces, villas et résidences de luxe, manoirs, horlogerie-joaillerie… rien ne résiste à la boulimie acheteuse des rois et princes d’Arabie, aux dignitaires et puissants hommes d’affaires arabes…
«Les puissants dirigeants algériens ont aussi leurs habitudes : au Mandarin Oriental Geneva, un 5 étoiles à plus de 543 euros la nuitée, ou au  Métropole Hôtel»  et autres palaces avec vue sur la rade animée, ses kiosques à musique, l’immanquable jet d’eau et eaux vives du Rhône. «C’est surtout pendant les fêtes, en été, témoigne Yves Steiner, qu’ils viennent apprécier les feux d’artifice. On compte également des militaires algériens qui jettent leur dévolu sur les innombrables cliniques privées du canton.» Yves Steiner est journaliste d’investigation à la Radio Télévision Suisse (RTS).
A son actif, des enquêtes mettant en cause (pour corruption et blanchiment) des multinationales, à l’instar du géant canadien SNC-Lavalin Group épinglé en avril 2012 pour des affaires de corruption en Libye, entre autres. L’ex-vice-président du groupe SNC-Lavalin,  Riadh Ben Aïssa, un Canadien d’origine tunisienne, est en prison à Berne pour avoir versé plusieurs millions de francs suisses (130 millions) à Saâdi El Gueddafi, fils du guide libyen, le colonel El Gueddafi, en échange de juteux contrats. Dans cette affaire, Steiner relève toute l’ingénierie de la corruption et blanchiment : des banques (EFG), des sociétés offshore (Tresca Holdings), et des cabinets d’avocats ou les fameuses machines à laver plus blanc que blanc : tout y est «L’enquête SNC Lavalin est partie, dit-il, littéralement en explosion.
De partout.» Avec des commissions rogatoires et demandes d’entraide judiciaires avec notamment le Canada et l’Italie qui ont mis à nu toute l’architecture financière et les conduits de corruption. «Les procureurs fédéraux suisses sont tombés sur un certain nombre d’affaires connexes — comme le projet de construction du barrage de Tizou Ouzou, entaché de corruption — et autres phénomènes en lien avec des sociétés italiennes et algériennes : Eni, Sontrach, Saipem (filiale d’ENI) et on retrouvera cette banque suisse installée à Zurich, Habib Bank utilisée par  Bédjaoui pour reverser les commissions aux dirigeants italiens et algériens en contrepartie des contrats signés avec  la Sonatrach».
Le journaliste s’est intéressé à quelques-uns des noms qui reviennent souvent dans les affaires imbriquées de corruption impliquant les sociétés canadienne, algérienne et italienne (ENI). En tête, l’insaisissable «agent commercial» de SNC Lavalin/Saipem : Farid Bédjaoui, propriétaire de sociétés et comptes en Suisse et aussi à Reda Hameche, «the key-decision maker», (l’homme-clé de la décision) à  Sonatrach, «réfugié» depuis 2009 dans le sud de la Confédération helvétique.
Le reporter de RTS a tenté de le retrouver.
Sans succès. «Je sais qu’il vit avec ses enfants dans les villes situées autour de l’arc lémanique», dit-il. «Boîte noire» de la compagnie Sonatrach, recherché — sans grande conviction — par la justice algérienne, Hameche se serait établi à Montreux, dans le canton vaudois ; d’autres sources le localisent à Lugano, dans le canton du Tessin, la Suisse italienne, tout près de SamcoSagl¸ la joint-venture algéro-italienne (incorporée à Lugano en 1975) ayant servi de courroie de transmission d’une partie des commissions (197 millions de dollars) «versées» par Saipem (filiale d’ENI) au triumvirat constitué par l’ancien ministre de l’Energie et des Mines Chakib Khelil, son neveu et homme de main Reda Hameche et Farid Bédjaoui en contrepartie de quelque huit milliards d’euros de contrats conclus avec Sonatrach.
Ziegler vs capitaux en fuite
A la terrasse de Bagatelle, café-glacier-bar, sis place des Vingt-Deux-Cantons,  le professeur Jean Ziegler, 80 ans, sériait des souvenirs de l’épopée de l’Algérie en lutte, évoquant en «off» quelques-unes de ses relations privilégiées avec les dirigeants historiques de la Révolution et dont nombre d’entre eux a gardé un lien charnel, quasi mystique avec la Confédération suisse, un amour qui ne se dément toujours pas pour la cité de Calvin.
Ziegler se dit «épaté», «sous le charme», ajoutait-il, devant les jeunes générations d’Algériens, les diplomates surtout, «dont l’amour de la patrie et la foi en les idéaux révolutionnaires sont chevillées à leur existence». Sur les avoirs algériens (ou des Algériens) en Suisse, le professeur (qui a pourtant noirci des pages sur le fameux «trésor» du FLN), ne veut rien dire, déclinant courtoisement la demande d’entretien, prétextant ses fonctions onusiennes — il est membre du Comité consultatif du conseil des droits de l’homme de l’ONU — «A chaque fois que je fais une déclaration à la presse, le représentant de l’Algérie à l’ONU nous adresse des protestations officielles.»
Mais dans Une Suisse au-dessus de tout soupçon, Ziegler avait déjà presque déjà tout dit sur cette «organisation bancaire suisse jouant le rôle de receleur pour le compte du système impérialiste mondial». L’intellectuel engagé suisse n’en revient toujours pas d’avoir mis a nu «l’oligarchie suisse» et ses «activités de receleur de capitaux en fuite» dont seuls souffrent les «peuples et les Etats»




Mohand Aziri Elwatan
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